Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:13





De jour comme de nuit, certains palais gardent leurs phares grand-allumés



Tout feu tout flamme. Les rideaux occultent à peine des antres mystérieuses où miroirs aux alouettes vous confondent sous les lueurs tamisées


La rue Lepic où flottent  des odeurs de marché,  grimpe, et touche du coude le rue des Abbesses avant de terminer sa course place du Tertre.


Pour le moment, nous nous cantonnons dans "le bas-Montmartre" et arpentons le boulevard de Clichy, dans un sens, puis dans l'autre. "Paris-by-night" prépare dans la discrétion son grand show quotidien à la lueur du crépuscule.


De jour, le cabaret des "Deux Anes"  parait, dans l'enfilade du Moulin Rouge, presque occulté. Et pourtant, ils cohabitent en bonne compagnie et se complètent... L'un comble  les sens visuels et auditifs, l'autre  chatouille l'esprit.



L'auberge du "Sanglier bleu" offre les attraits de la cuisine traditionnelle à proximité immédiate.

"Pigalle la Blanche" : Un lieu bien troublé dans les années 1940 : proxénètes,  artistes, malfrats et  flics de "la Carlingue" (dont le siège se trouvait au 93 rue Lauriston dans le 16è arrondissement) étaient intimement mêlés ; ces derniers étaient symboliquement représentés par un célèbre duo constitué par l'inspecteur Pierre Bonny et le truand Henri Lafont. A l' époque, le gentil Tino Rossi, chef de bande, connu sous le nom de Tonio exécutait des tours de chants pour les troupes occupantes. Et "Pierrot Le Fou" prit la tête du "gang des Tractions-avant" qui aux lendemains de la guerre pratiquaient braquages et sales coups.

Aujourd'hui encore, gare aux pick-pockets et aux repères de drogue.


Par coïncidence, nous avons levé nos regards vers le ciel : une enseigne émaillée blanc sur bleu, suspendue entre deux pans d'immeubles d'apparence anodine, nous a stoppés net. Nous nous sommes redressés tels deux points d'interrogation avant de déterminer si notre présence serait bien tolérée dans cette voie provinciale, enfouie sous les feuillages. Tolérés, nous le sommes, bien sûr... et même invités à franchir les limites supposées qui laissent  libre accès la Cité des Poètes.



Nous nous prenons à souhaiter que la promenade dure aussi longtemps que possible...Le temps s'arrête ici.



Un  "Jardin d'Hiver" abrite l'Académie des Arts chorégraphiques (où des cours de salsa cubaine sont dispensés tous les jeudis), mais aussi le "Théâtre Ouvert".

Créé en 1971 au Festival d'Avignon par Jean Vilar, le "Théâtre Ouvert", à l'origine une petite troupe itinérante, s'installe en 1976 dans le Jardin d'hiver,  et devient officiellement un  théâtre d'Art et Essai, où comédiens résidents et auteurs  contemporains se découvrent  et se promeuvent mutuellement .

Le Théâtre Ouvert a survécu quelques aléas : exclu en 1979 du Festival d'Avignon, il y reprend sa place grâce au protestations ulcérées de ses adeptes.

Faute de moyen financiers, il manque fermer ses portes en 1987. Mais la Fondation des Amis du Théâtre Ouvert" créée au cours de cette même année, agit et lui permet heureusement d'éviter ce naufrage


Cité Véron : une enfilade de jardins privés mitoyens les uns aux autres. On en oublierait la présence de Paris




 ou presque...


 Le Moulin Rouge nous tourne le dos, tandis que ses ailes viennent de reprendre leur ronde. La nuit arrive imperceptiblement.

 Dans les années 1950 au n° 6 bis de la Cité Véron, Boris Vian s'installait dans un appartement exigü qu'il aménagea lui même, dans les loges du Moulin Rouge. Ses activités de bricoleur lui permirent de surmonter son amertume à la suite des échecs de ses romans "L'Ecume des Jours" et "L' Automne à Pékin".

 En compagnie d'Ursula, épousée en deuxièmes noces,  il y recevait ses amis du jazz et des lettres : Miles Davis, Raymond Queneau, Henri Savador, Ionesco, Siné, sans compter



son voisin, Jacques Prévert.


Le 23 juin 1959, alors qu'il visionnait les premières images de l'adaptation cinématographique de "J'irai cracher sur vos tombes", Boris Vian s'écroule  dans son appartement de la Cité Véron, terrassé par une crise cardiaque.
Les pompes funèbres se sont mis en grève... Ce sont ses amis qui le transportent et l' inhument au cimetière de sa ville natale de Ville d'Avray.


Son épouse Ursula, aujourd'hui âgée de quatre-vingt trois ans, veille plus que jamais au respect de sa mémoire, particulièrement en cette année 2009, au cours de laquelle des commémorations festives, ont été organisées par le Fédération Boris Vian,  à l'occasion du  cinquantenaire de cet incident malheureux, qui nous privera encore longtemps de sa présence. Nous garderons inévitablement en nous son amour de la vie exprimé et retrouvé sous des domaines artistiques aussi multiples que variés.


"Une sortie, c'est une entrée
que l'on prend dans l'autre sens
"

(Boris Vian)






Partager cet article

Repost 0

commentaires

Martine 30/11/2009 07:15


Je viens lire ce que j'ai manqué pendant mes vacances. De bien belles enseignes. J'ai beaucoup aimé ton passage sur Boris Vian. J'ai beaucoup aimé l'écume des jours. Bises


Armide 03/12/2009 22:47


Nous partageons des goûts similaires pour la lecture et pour la poésie.


Martine27 27/11/2009 17:30


Beau florilège d'enseignes


Dany 25/11/2009 21:25


Je suis contente que tu l'ai reçu  Dany


Armide 28/11/2009 23:42


Et merci pour la carte de Noël


TRINITY:0023: 25/11/2009 20:59


Merci beaucoup et la réciproque est vraie aussi !
bonne soirée
Trinity


dju770 22/11/2009 06:47


Encore une très belle balade partagée ! La butte Montmartre est un lieu que j'adore. C'est là que nous avons vécu nos années de jeunes mariés, côté Mairie du XVIII ... Marché de la Rue du Poteau...
Bises


Armide 22/11/2009 23:49


La rue du Poteau et son marché, le les ai bien connus moi aussi. J'habitais rue du square Carpeau


Présentation

  • : Balades avec mon chien
  • Balades avec mon chien
  • : Mes promenades avec Pistol, bouledogue français ; sa vie, ses amis chats, chiens, vaches et chevaux. Balades insolites dans Paris et ses environs. Nos voyages, nos lectures, nos loisirs.
  • Contact

Un éloge !

Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

Rechercher

Récompenses



Archives