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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:38

 

 

 

 

 

Est-ce un hasard si le nom de Tampa retentit comme un roulement de tonnerre ?

 

 

 

Photo 8770

 

Les Calusas, premiers habitants amérindiens établis dans la région, semblent avoir déjà en leur temps  repéré la "capitale mondiale des orages"

 

 

 

  floride

 

Au XVI siècle, les conquistadors espagnols chercheurs d'or dont Hernando de Soto  découvrent ces territoires. Les Amérindiens - certaines tribus sont  installés dans la baie de Tampa et vivent  des produits de leurs pêches- leur opposent une  résistance acharnée.  Déçus de ne trouver trace de ce précieux minerai dans ces contrées, les colons espagnols battent en retraite,  non sans avoir semé dans leur sillage des maladies inconnues des indigènes. . 

 

Des pêcheurs Cubains viennent à leur tour s'installer  dans la baie, avant que la région ne subisse une deuxième période de colonisation espagnole. Les colonisateurs recueillent et encouragent la venue d'esclaves, considérés comme libres en Floride..

 

Les Anglais revendiquent bientôt cet appendice géographique qui échappe à leur autorité et menace de contaminer les régions voisines par leurs désordres. Ils font appel aux Améridiens pour mater leurs colonies récalcitrantes

 

A la suite de la Révolution Américaine (1783), la Floride devient le vingt-septième Etat de l'Union.  Les Amérindiens désormais laissés à la merci des nouveaux Etats Unis sont détestés par la population.. On ne manque pas d' évoquer le rôle qu'ils ont accepté de jouer pendant la guerre d'Indépendance, pour les persécuter. Massacrés et dépossédés de leurs terres les Améridiens résistent farouchement. Au terme de "guerres séminoles" successives, et onéreuses pour l'Union, les Indiens sont relégués dans des réserves  marécageuses. En échange de  quelques maigres "avantages matériels" ils se voient contraints d'accepter de rendre de menus services (maintenir l'ordre public, restituer les esclaves).  Nombreux sont ceux parmi eux, qui ne survivent pas à la misère, ni au climat hostile des marécages.

 

 Les "Séminoles" se concentrent aujourd'hui majoritairement dans une réserve située dans la ville d'Hollywood, à proximité de Miami.  Ils vivent de petits commerces, tiennent des établissement hôteliers et gèrent des casinos.

 

 Le souvenir de mes incursions dans la petite réserve de Tampa où je m'approvisionnais en produits détaxées (cigarettes, essence, alcool) reste encore présent. La réserve n'était séparée des flux incessants de la circulation automobile que par une modeste  barrière coulissante que rien ne distinguait  des d'entrées d'entrepôts qui l'entouraient. En 2009 , les autorité ont tenté de faire interdire la vente détaxée du tabac en Floride, mais ne purent imposer cette mesure, la réserve étant considérée de plein droit comme propriété des Indiens,  une nations souveraine à par entière dans la nation.  

  

 

 

Photo 8806

 

 1825 : Le village de Tampa est officiellement créé mais se développe lentement en raison de son isolement géographique, et des moustiques  qui colportent des épidémies de fièvre jaune. Elle ne prend son essor qu'à partir de 1883 lors de la découverte de phosphates dans la région,  puis du désenclavement de la ville avec l'arrivée du chemin de fer.

 

 A la fin des années 1880, un certain Vincente Martinez Ybor délocalise sa fabrique de cigares de Key West à Tampa. Des ouvriers d'origine cubaine et espagnole s'affairent, fabriquant jusqu'à 700 millions de cigares par jour à partir du tabac importé de la Havane. Ces travailleurs du cigare  éprouvant aussi la nécessité de se détendre, de nombreux cafés et lieux de divertisssment viennent s'établir à proximité. Cet ancien  quartier qui garde le nom d'Ybor City, rassemble un réseau de petites rues pavées, ourlées de balcons de fer forgé ouvragés, et présente toujours le visage avenant d'un village. Il est resté le rendez-vous incontournable de la jeunesse et des artistes.

 

La ville florissante attire de nombreux commerçants juifs...et siciliens. Au cours des années de la Prohibition, Tampa devient le théâtre  de crime organisé. Des gangs dont les ramifications s'étendent jusqu'à New-York et à Cuba, dirigés par des  figures mythiques telles que celle de Charlie Wall, ou de Santo Trafficante (père et fils), parviennent à corrompre les notables municipaux.  Une série de procès se tiennent dans les années 1950 pour mettre fin aux gabegies.

 

 

 

Photo 8799

 

La tradition hispanique toujours vivante, a été confortée dans les années 1980 par des vagues d'immigration massives de "contre révolutionnaires" cubains, ennemis du régime de Fidel Castro.

 

 

Photo 8798

 

 

Les deux dernières décades du XX siècle ont vu grandir la ville en accéléré. Des immeubles de verre et d'acier qui abritent majoritairement  banques et assurance  s'érigent avec une aisance surprenante au milieu de rues historiques qui ont gardé des dimensions humaines. La silhouette  du quartier d'affaires se découpe tel un gigantesque puzzle .

 

Une urbanisation gourmande qui dévore  la nature... Rivages et bords de mer ont été pris d'assaut. Des villas cossues  s'agglomèrent par centaines, là où s'épanouissaient des espaces vierges. Des centaines d'hectares de faune et de flore sauvages ont été "nettoyés" au bulldozer : pélicans, flamands roses et autres créatures du paradis (ou de l'enfer) chassés de leur habitat sans autre forme de procès.  Les habitations nouvelles et légères désormais privées de l'ombre bienfaisante dispensée par les palmiers et autres chênes disparus, sont exposées à la rudesse du soleil, tandis qu'à leur côté  les turbines des climatiseurs ne cessent de bourdonner s'efforçant à vil coût de tempérerleur vulnérabilité.  Les allées qui  desservent ces nouvelles enclaves, portent des noms charmants de coquillages ou de bateaux de plaisance.

 

 

 

 

Photo 9213

 

Les anciens quartiers  semblent déterminés à se tenir en retrait des excès. Des familles de riverains  se transmettent d'une génération à l'autre un patrimoine immobilier  d'autant plus appréciable qu'on y goûte, à l'ombre de ces tonnelles une qualité de vie en déclin progressif. 

 

Les rues ont des consonances chantantes particulières qui évoquent un passé mouvementé,  indien et hispanique...

 

Par endroit, il est toujours possible de s'approvisionner  librement en agrumes tombés des jardins sur la voie publique.

 

 

 

 

Photo 8800

 

Nous avons retrouvé, guidés par le hasard,  cette  église néo gothique, étrange alliage d'un romantique retour au passé et d'un enthousiasme exprimée pour l'avenir d'une civilisation alors en pleine expansion industrielle. 

 

 Par un soir d'été 1983,  un jeune couple d'amoureux  avait officiellement proclamé son union devant une importante  assemblée qui emplissait la chapelle, en se promettant l'un à l'autre  un amour inconditionnel et éternel. 

 

Comment  pourrais-je aujourd'hui renier cette tranche de vie, et l'intensité de sentiments assez profonds en leur temps pour produire deux enfants...

 

 

Photo 8803

 

 

Les vitraux Tiffany ornés de végétaux qui  filtraient des lueurs venues d'Orient faisaient  la fierté des paroissiens

 

Signe des temps,  la paroisse a depuis lors subi les effets adverses de récessions économiques. Elle a mis les clés sous la porte. La chapelle et ses dépendances ont du être vendus.

 

 

 

Photo 9366

 

Les soirées apportent le réconfort de leur douceur. Une pluie d'orage a balayé la chaleur moite   La baie  s'illumine. Nous venons de longer sur des kilomètres, le plus long trottoir ininterrompu du monde.

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Jean Bellamy 27/07/2011 09:27



Merci Armide , je viens decomprendte une fois deplus la richesse del'Internet .......il suffit de perndre le temps de chercher ......beau reportage avec un moment d'émotion tout en
délicatesse.....


Jean



:0010:Krys 20/06/2010 09:10



Merci pour ce partage et ce voyage dépaysant.


 



Armide 22/06/2010 20:57



Je suis contente que tu aies apprécié les bons côtés de l'autre rivage. Des opinions très partagées, d'après ce que j'ai pu constater.



JACQUELINE/Mina 05/06/2010 21:16



La "civilisation" avançante ne provoque que des drames...


de l'enfermement des autochtones dans des réserves aux conditionneurs de clim alors que la végètation et la faune sont sacrifiées...


et il y a toujours des parasites (mafieux siciliens!) pour profiter!!!



Armide 05/06/2010 21:43



Les mafieux siciliens et les autres, beaucoup moins mythiques ...



Yentl 05/06/2010 09:43



Je suis ravie de cette visite et surtout de voir les photos de cette chapelle...


Heureusement que quelques irréductibles préservent encore les endroits de vie de génération en génération, cet endroit est merveilleux.


Gros bisous


Yentl



Rolvel 05/06/2010 03:26



Ca en fait une jolie pile de souvenirs!


 



Armide 05/06/2010 21:10



Jolie ? Tout dépend de quel point de vue... Il y a du beau, du moins beau, comme partout ailleurs - le beau étant d'ailleurs une notion subjective. Quant au
"bon", on pourrait en discuter jusqu'à demain matin.



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Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

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