Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 19:14

 

 

 

On se surpasse, on se surmène, et puis on tombe un peu malade

Pistol et son bandage

Alors, il est temps de prendre son temps

Nous revenons de chez l'Homme en Blanc : une grosseur s'était posée sur l'une de mes pattes. Mes crocs furibonds ne parvenaient à en venir à bout : cette chose grossissait à vue d'oeil et prenait un aspect granuleux , et menaçant.

De guerre lasse, nous avons entrepris une expédition à Maisons-Alfort, dans le but d'anéantir la bête. Le ciel nous jouait des tours pendables... J'ai sauté dans ma décapotable-amphibie.

 

Bouledogue français sous la couette

Le Docteur n'a pas hésité à employer les grands moyens, en suivant un protocole d'extermination méthodique, rapide et  adapté: la chose arrogante a été inspectée sur toutes les coutures, barbouillée de la tête au pied (elle n'en comptait qu'un seul) avant d'être  occise, dans les règles de l'Art.

Puis le Bon Génie a annoncé qu'il n'y avait plus lieu de se turlupiner les sens, ni le coeur, que la bête ne causerait plus de tourments et que nous pouvions désormais nous endormir d'un sommeil sans cauchemars.

 

 

Repost 0
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 20:34

 

 

 

 

Sortie numéro deux dans la matinée : rien que pour vaquer à nos affaires habituelles et effectuer quelques dépôts... La routine, rien de plus ! Nous sommes à Paris ; il est onze heure et quinze minutes. 

 

6a00fa96769e3700030110166db1c6860d-320pi.jpg

 

Après quelques tours et détours, nous arrivons rue Oberkampf. Il est onze heures vingt-trois. Nous venons de passer à la hauteur du cabaret branché "Le Charbon", dont la terrasse est délimitée par un pan de mur qui m'est parfaitement familier, mais où tout à coup,  il me semble  voir apparaître... mon double

 

 

Mur Oberkampf - Pistol surex

 

Il fait figure d'antagoniste d'une scène d'horreur, où parait, tapi dans l'ombre, une brute dont la gueule puissante est  hérissée de crocs acérés : La redoutable mâchoire doit avoir été conçue pour broyer et aspirer dans sa béance, de façon méthodique et imperceptible, tout un monde, morceau par morceau.

L'enjeu de "La Guerre des Cochons" ce sont les généreux arrondis des pies d'une truie surdimensionnée , qu'on voit tournoyer dans l'air comme un fétus de paille.

Mon double présumé qui lui fait face, figure par opposition la force tranquille et une égale détermination.  Son regard de velours inspirerait confiance et tendresse. 

Dieu sait qu'il n'est pas facile de parvenir à capter avec netteté les effets  d'un phénomène paranormal, d'autant qu'en cet instant précis,  dardent sur ses inoffensives babines, les rayons impitoyables d'un soleil surnaturel.

 

Pistol sur le mur

 

Alors que des convives s'approchent et  s'émeuvent du charmant museau, des cornes discrètes se dressent sur le sommet de sa tête plate. Ses yeux s'arrondissent et paraissent plus grands que le ventre...

Ce ne peut être moi, ni mon double, ni aucun de mes frères de race !

 

 

 Sulfures multicolores

 

Se pourrait-il que  mes sens aient été à ce point altérés ?

 

Pistol à l'ombre du ventilo

Le soleil a disparu, la lumière s'est épaissie, le ciel est plombé :

 Je devais rêver...

 

 

 


Repost 0
13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 22:00

 

 

 

 

 

 

Le tunnel percé dans la muraille mène dans un retrait mystérieux délimité par deux hautes parois incrustées de mousse qui aboutissent dans une cour minuscule, laquelle dessert le sous-sol d'une bâtiment de brique, bâti de toute évidence sur deux niveaux. Il est possible de s'échapper de l'impasse en empruntant quelques marches  qui donnent accès à une passerelle

 

Passage de la Salpêtrière à la Nouvelle Pitié

Les événements de la Révolution n'ont pas épargné les quartiers le plus relégués du pays (les recluses enchaînées ont été massacrées, la Chapelle Saint Louis réquisitionnée pour entreposer le blé). 

l'Assemblée Constituante demande à Paris de gérer l'hôpital qui fonctionne jusqu'alors sur un déficit chronique, que la vente des produits fabriqués par les recluses ne parvient pas à combler.

Le Docteur Pinel  libère les "hystériques" de leurs chaînes et de leurs entraves : la folie ne doit plus être considérée comme une délit, mais comme une pathologie qu'il convient de soigner.   

De  nombreux hôpitaux devenus insalubres, dont celui de La Pitié, située à l'emplacement actuelle de la Mosquée de Paris,  sont rasés. Les pensionnaires de l'ancienne Pitié sont relogées dans les locaux modernisés de la Salpêtrière, les femmes de petite vertue sont quant à elles, transférées à la prison Saint-Lazare.

 

Allée de Pavillons - La Nouvelle Pitié

10 janvier 1849 : L'Assistance publique de Paris est officiellement instituée pour porter secours aux enfants trouvés, aux malades et aux vieillards démunis.

 

En 1911, la "Nouvelle Pitié" inaugurée par le Président Poincaré ouvre ses portes. Reconstruite aux confins de l'enceinte de la Salpêtrière, elle est conçue comme une cité jardin pavillonnaire. La médecine se spécialise, et des pavillons  destinés au traitement de différentes pathologies ont été pensés (maternité, troubles cardio-vasculaires, neurologiques, maladies de la moelle épinière, urgences dentaires) et placés sous la direction attentive d'éminents professeurs.


Pavillon de brique ocre - La Nouvelle Pitié

      L'architecte Justin Rocher a imaginé des jeux chromatiques de briques ocres, grise et bleues, et des pavillons en forme de lettres tous reliés entre eux par des couloirs souterrains.


Paçade pavillon ocre et stores bleus- Nouvelle Pitié

Un hommage particulier est rendu à François de la Rochefoucauld, duc de Liancourt, et natif de la Roche-Guyon dans l'Oise.

Philanthrope et scientifique dans l'âme, il s'enthousiasme en son temps pour le progrès et cherche à promouvoir et à faciliter la transmission des sciences et des techniques :  il crée une ferme modèle sur ses terres, avant de fonder plus tard la célèbre Ecole des Arts et Métiers. C'est à lui que nous devons en outre la première Caisse d'Epargne.

L'histoire le rend particulièrement célèbre par la réplique qu'il donne au roi un matin de juillet 1789 alors qu'il lui fait part des mouvements populaires :

-Est-ce une révolte ?

-Non, Sir, c'est une révolution.

 

Elu membre de l'Assemblée Constituante, il ne parvient pas à obtenir l'abolition de l'esclavage, mais présente des rapports qu'il a établis et qui concernent la mendicité et l'état des hôpitaux...

 

Horloge bâtiment fond de la Nouvelle Pitié

      L'heure est au renouveau.

Décrochement pavillon Nouvelle Pitié

Grandes salles étagées, baies largement ouvertes permettent un éclairage et une aération optimum

Baies vitrées en espalier Nouvelle Pitié

 

La Nouvelle Pitié - wagonnets poucelles circulant entre le

Aujourd'hui, la "Ville" respire au rythme des arrivées et des départs. Le service de propreté y est assuré avec un pragmatisme tout à fait adapté : les poubelles accrochées les unes aux autres comme des wagonnets se déplacent librement et en silence et décrivent des farandoles en contournant lestement les pavillons

Rangées pavillonnaires La Nouvelle Pitié

En 1968, l'ancien hôpital de la Salpêtrière et la Nouvelle Pitié se regroupent pour ne plus former qu'un seul complexe hospitalier

Rangée de fenêtres Nouvelle Pitié

L'hôpital  s'est doté à la faveur des dernières décennies de bâtiments contemporains dont le centre d'études universitaires et un tout nouveau immeuble de verre et d'acier dédié à la cardiologie.

 

Mais je me contente de longer les murs de brique que viennent adoucir les ombrages dentelés d'arbres centenaires, où les hautes fenêtres, rangées comme des soldats se parent par intermittence de coquets stores bleus, régularité absolue qu'interrompent avec discrétion des portes toujours mystérieuses : certaines d'entre elles restent résolument closes tandis que d'autres, des passages largement ouverts, donnent librement accès ailleurs...

 

 

 

Repost 0
8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 13:11

 

 

 

 

On m'a toujours appris à terminer ce qui a été commencé...

Ainsi, au risque de déprimer mes lecteurs, de devoir encourager leur pas en chantant une marche, ou de franchir seule les dernières bornes,  je poursuis résolument les traces historiques de la Cité Pitié- Salpêtrière. Triste et pétrifiante évocation du sort réservé aux " femmes folles" qui nous glace encore.

 

Hôpital Salpêtrière - Bât de la Force 3

 

 Loges insalubres reconstruites par Viel,(les toutes premières avaient été réaménagées tant bien que mal dans d'anciens bâtiments du "Petit Arsenal"),  Grande Force,  lingerie , et au milieu de tout cela ...des logements, ateliers pour tous les corps d'Etat : charrons, serruriers, cordonniers, menuisiers. Mais aussi des écuries et des étables : vaches,  cochons  moutons et  poules évoluaient librement dans la grande cour... 

 

Hôpital Salpêtrière - Bât des Enfants et des adolescent

 Résolument adossée au passé, dissimulée derrière une épaisse cloison de feuillage, s'ouvre la perspective plus souriante d'un bâtiment de céramique blanche desservi par un double escalier en vis à vis, adouci par l'arrondi généreux de ses ouvertures : cet "éblouissant palais" placé à équidistance de l'ombre et de la lumière, est dédié aux soins dispensés aux enfants et aux adolescents.

 

Hôpital Salpêtrière - Pavillon de l'Enfant et de l'Adole

L'allée est bordée de balançoires et de jeux à l'usage exclusif des jeunes hospitalisés d'aujourd'hui.

 

Pormenade en Hauteur et vue sur le bâtiment principal de l

Nous regagnons la cour des grands sur la Terrasse en Hauteur. La promenade s'efforce d'atténuer les effets d'une douloureuse retraite du monde, imposée par la maladie.


Panneau Allée des Lingères

Des voies perpendiculaires traversent la grande allée bordée d'arbres et de douces pelouses, parmi lesquelles  le Passage des Lingères dont je me prends à imaginer les parcours,

 

 

Allée du Magasin Central - panneau

Par ici, le Magasin Central,

 

La Nouvellle Pitié - Place du Marché

par là, la Place du Marché

 

Allée pavée La Pitié-Salpétrière

      L'allée des Lingères, toujours pavée nous transporte à-travers le temps. Elle mène à un mur...

 

Passage menant du secteur Salpêtrière au secteur La Nouve

 

et dans l'épaisseur du mur a été creusé un tunnel qui s'ouvre sur d'autres perspectives, aux abords encore sévères. Mais une Ère nouvelle est  désormais ouverte

 

 

 

 

Repost 0
4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 23:10

 

 

 

 

Amorçant dans le sens inverse un trajet parallèle en pente douce


Petites Loges - Salpêtrière 2

      je tente d'exorciser la vue des premiers bâtiments de l'Arsenal, de sinistre mémoire,  le théâtre des plus extrêmes souffrances qu'il soit possible d'infliger à des représentants de l'espèce humaine, des lieux où de sommaires conditions de "protection" tenaient davantage d'une épuration que d'une volonté de soigner. Les admissions nombreuses et régulières renouvelaient les effectifs partis pour l'éternité.


 

Petites loges - Salpêtrières 1

         Les bâtiments, conçus par les architectes Payen puis Viel, s'enchaînent les uns à la suite des autres.

 Toutefois, au gré de ma progression, le paysage se transforme et s'adoucit imperceptiblement

 

 

Bancs Nouvelles Loges des folles - La Salpêtrière 2

Ici encore, d'autres  bâtiments bas : mais leur auvent abrite de petits tabourets, rudimentaires mais coquets. 

 

Bancs des nouvelles loges - La Salpêtrière 1

      Le corps médical s'immisce progressivement dans les lieux, entreprend d' étudier le comportement des recluses,  se hasarde à établir des diagnostics, avant de conclure que ces femmes agitées sont malades  et peuvent être soignées. En 1780, le docteur Esquirol,  teste sur les pensionnaires quelques remèdes et préconise les bienfaits de l'air pur sur leur état de santé. Des tabourets sont placés à cet effet  à l'extérieur de leur cellule ; elles peuvent y prendre place, toujours enchaînées.

 

Hôpital de la Salpêtrière - Panneau rue de la Lingerie

      Parvenus à l'extrémité du passage des loges, nous apercevons dans un halo de lumière une importante bâtisse classique.

 

      Le bâtiment faisait autrefois partie du complexe carcéral et comprenait une chapelle

 

Hôpital Salpêtrière - Lingerie et placette tilleuils

 

En 1669, Louis XIV décide de remplacer l'ancienne chapelle Saint Denis par l'édifice religieux plus imposant, surmonté d'un dôme qui de loin déjà avait attiré notre attention, et qu'on dédie à la mémoire de Saint Louis.


Hôpital Salpêtrière - lingerie côté

      Nous aurions souhaité assouvir notre curiosité quant aux  mystères de cette maison de redressement, dont les portes sont aujourd'hui exclusivement réservées aux initiés du service,

 

Hôpital salpêtrière - porte lingerie

  L'ayant contourné avec toute la discrétion d'usage, nous accédons à l'arrière du bâtiment, depuis lors transformé en lingerie.

 

 

Hôpital salpêtrière - Grand porte pavillon de la lingeri

     Les portes fenêtres se renvoient mutuellement  les vis à vis aérés des deux cours qu'elles desservent, l'une accueillant le lever du soleil, l'autre orientée au couchant.

 

 

Repost 0
2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 03:39

 

 

 

      Au détour d'un bâtiment XVII, d'apparence banal, (toujours référencé sous le nom - chuchoté - de "Grande Force") , mais qui laisse deviner une cour lugubre au milieu de quatre murs rébarbatifs, nous nous engageons de façon fortuite dans le dédale d'une ruelle pavée

 

Hôpital Salpêtrière - entrée loges des archers

      bordée de bâtiments bas qui évoqueraient volontiers dans l'imagerie collective  contemporaine un alignement de corons : une modeste porte entre deux étroites fenêtres, une fenêtre, une porte, une fenêtre...Ordre et monotonie d'un agencement militaire où  le fonctionnel prévaut 

 

Hôpital Salpêtrière - Panneau rue des Archers

      Une plaque de la cité hospitalière nous dévoile un fragment de l'historique du quartier

Hôpital Salpêtrière - Loges des Archers 1

      Les Archers du roi logés à l'hôpital général, étaient chargés de veiller rigoureusement au maintien de l'ordre publique dans les murs de l'enceinte, autant qu'à l'extérieur, dans la ville et dans les faubourgs : La "cour des miracles" du Petit Arsenal (une extension sur la rive gauche de la Seine du territoire de la Salpêtrière), regorgeait de soldats chômeurs à la suite de la guerre de Trente Ans, et la Fronde avait produit une multitude de miséreux


Hôpital Salpêtrière - Loges des Archers 2

      La rue pavée décrit un angle droit : de ce côté, une rangée monotone de fenêtres retirées derrière des barreaux, se succèdent de façon ininterrompue. Le long bâtiment au dos arqué,  accuse le formes incertaines d'un sol irrégulier.  


Salpêtrières - rue des petites loges
Dès 1680, les quartiers de prison étant surpeuplés, on décide de bâtir quelques bâtiments pour abriter les "insensées" et les "hystériques".


Hôpital Salpêtrière - Loges des Folles 1

      Les malades qui devaient partager une cellule fermée par une grille de fer, étaient enchaînées dévêtues à un bloc de pierre. Les plus "violentes" se voyaient confinées dans des cachots souterrains. Le froid et l'humidité exerçaient des effets désastreux sur la santé des malheureuses, laissées à l'abandon, rouées de coups, couvertes de vermine, et dont les pieds étaient parfois rongés par les rats. Peu de pensionnaires résistaient longtemps à ces conditions de détention. 

 

Petites loges vues de côté - Salpêtrière

      Les "petites loges", survivantes d'une page d'histoire douloureuse, qui n'a été ni reniée ni occultée, ont été préservées et réhabilitées : elles accueillent aujourd'hui les consultations de maladies neurologiques (Alzheimer, Crutzsfeld Jakob)


Salpêtrière - rue du mur des fermiers généraux

      D'un pas lent je me suis recueillie sur ces âmes jugées irrémédiablement condamnées. L'esprit Janséniste frappait fort en confondant  toutes différences à la norme  à des délits.

A la faveur du "siècle des lumières" les Docteurs Pinel, puis Charcot s'efforceront heureusement d'améliorer le sort des malades en leur permettant de bénéficier des premiers traitements thérapeutiques spécialisés.


ancien mur - Hôpital Salpêtrière 1

      L'existence d'un "mur des fermiers généraux" dans les parages est évoquée. La raison d'être de cette barrière tenait à la volonté royale de percevoir l'octroi, un impôt levé  sur les marchandises importées dans la capitale. Une partie de l' enceinte longeait autrefois cette portion de Paris que délimite de nos jours la ligne  6 du métro aérien (Nation - Charles de Gaulle/Etoile). S'agirait-il ici d'un vestige ? Est-il permis de rêver...

 

Parking Murs des fermiers généraux - Hôpital Salpêtriè

Parvenue à l'extrêmité du chemin  des "petite loges", abasourdie par la découverte de sinistres secrets historiques, je gravis les quelques marches d'un petit escalier de rondins qui m'élève sur une petite place ombragée. Des membres du corps médical  y ont garé leur véhicule. Ils semblent peu nombreux en ce samedi après midi. Je goûte le réconfort d'une journée ensoleillée qui m'est offert en cadeau.

 

 

 

 

 

Repost 0
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 00:24

 

 

 

Nous venons de franchir deux passages cochers en enfilade, laissant derrière nous la cour Mazarin, premier enclos à s'être prêté au va et vient de pensionnaires recueillis de force plus souvent que de gré,

 

Entrée latérale- Chapelle St Louis

 et longeons des espaces en damier verdoyants, délimités par des larges allées bordées de plates bandes multicolores 

 

Chapelle Saint-Louis de la Pitié

Cour Mazarin, Cour Sainte Claire... Les tilleuls pacifient la souffrance des corps et des âmes

 

rue de l'hôpital général - Salpêtrière

Nous arpentons sous un soleil printanier une allée toute droite paisible rappel discret des tourments de  l'Hôpital Général

 

 

Hôpital Salpêtrière - Bâtiment de la Force 2

 

A la coudée du chemin, l'entrée  discrètement dessinée en ogive d'un imposant bâtiment XVII ne signale au premier abord rien de particulier. Pourtant en s' en approchant de très près  on est saisi par la découverte d' une bien triste courette en quadrilatère : il ne s'agit d'autre que du redoutable Bâtiment de la Force, où étaient consignées les malades "incurables" et les criminelles "incorrigibles" du Petit Arsenal, certaines reclues étant sélectionnées pour être envoyées en déportation en Guyanne, au Québec ou aux Antilles.


Hôpital Salpêtrière - Bâtiment de la force 1

Construite en 168O sur trois cours, la Maison de la Force est une forteresse toujours occultée des regards

 

Hôpital Salpêtrière - Bâtiment de la Force 3

La forteresse sourit d'un côté, celui que borde la douce inclinaison d'une voie qui porte le nom d'un certain "Monsieur Vincent", fervent défenseur en son temps, des démunis et des exclus

 

Hôpital de la Salpêtrière - panneau rue St Vincent de Pa

"Le peuple se meurt de faim, et il se damne"

pensait-il. De là à ce que le pouvoir qui, en ces temps là déjà,  maîtrisait l'art de déformer les propos, n'en arrive à conclure que la pauvreté  représentant un danger pour l'ordre publique, il convenait de la circonscrire, le pas fut vite franchi. La mendicité devint un crime sévèrement réprimé par "les Archers de l'hôpital"

 

Hôpital Salpêtrière - Pharmacie

  Installée à l'origine dans un ancien bâtiment de l'arsenal, la nouvelle pharmacie fut restaurée à la faveur du "siècle des Lumières" : plus que de répression, on se préoccupa désormais à guérir les maux véritables du corps et de l' esprit.

 

Hôpital Salpêtrière - Bât de la Force 2

Mais le sombre versant de la Maison, amorce indubitablement un secteur marqué  sous le sceau du Grand Enfermement,

 

Loges des Archers - arrière - Hôpital Salpêtrière

 

comme en témoignent les quelques toutes premières loges 

toujours présentes, souvent réaménagées à des fins thérapeutiques.

 

 

Repost 0
23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 19:19

 

 

 

Revenant sur nos pas, nous reprenons en sens inverse, les quelques marches qui nous déposent de la Terrasse en Hauteur sous le vélum des tilleuls, Cour Lassay. Le seuil  de la chapelle Saint-Louis  est encore librement ouvert et nous nous y engouffrons pour ressortir par le portail opposé,  la seule issue  à l'origine.

 

 Entrée latérale- Chapelle St Louis

 

Le plan de l'hôpital conçu par l'architecte Antoine Duval, qui avait été l'assistant de Le Muet lors de la construction de l'abbaye du Val de Grâce prévoyait des espaces en damier composés d'une succession de cours ceinturés de bâtiments appelés divisions.

 

Allée centrale - Cour Saint-Louis

La vocation de l'établissement hospitalier étant avant tout religieuse, il convenait de prévoir la construction d'une chapelle ... qui serait le centre de la cité.

En 1660 Mazarin, grand ami de Richelieu et "Principal Ministre de l'Etat" sous Anne d'Autriche, régente de Louis XIV,  finança de ses deniers le premier bâtiment qui formera une aile  contiguë à la chapelle

 

Trois alignements d'hebergement sont enfin construits parallèlement à la Seine,  comprenant "les granges" de la Salpêtrières (connues sous le nom de division Herney), ainsi que les cours portant depuis lors les noms de Montyon et  de Mazarin

 

 

 Division Mazarin - passage

 

Des passages cochers en enfilade permettant la circulation d'une cour à l'autre, nous accédons à la cour d'honneur 

 

 

Cour Saint-Louis - inscription sur façade principale

pour trouver, côté Seine le décor éblouissant d'une façade dont les limites ne semblent jamais devoir être atteintes 


Eglie St Louis et allées fleuries jardins de le Pitié

et dont la sobriété imposante est mise en valeur par les perspectives fleuries offertes par trois larges allées qui mènent respectivement aux ailes droite et gauche, ainsi qu'au centre de la façade

 Nous venons de faire irruption dans la Cour Saint Louis par l'aile gauche , la plus ancienne partie du corps de bâtiment

 

Bas relief Mazarin

 

L'aile Mazarin est percée d'un passage surmonté d' armes : portant le chapeau de cardinal   les mains de deux femmes ; l'une donne le sein à des enfants, l'autre tient l'ancre d'un navire qui symbolise des capacités à bien gouverner. Au centre, un écusson barré figure une croix ; il est composé du faisceau des licteurs romains qui rappelle les liens étroits du "Cardinal de la Couronne de France" avec Rome

 

 

Eglise St Louis de la Pitié - entrée principale

 

Bruant qui acheva la construction de la chapelle, commencée par Le Vau, modifia les plans  et orienta la chapelle vers l'Ouest et non pas vers la Seine. Pour y remédier le marquis de Lassay finança la construction d'une aile droite,

 

Eglise St Louis - entrée principale - détails du portail

 

Entrée St Louis de la PitiéSculpture entrée église St Louis 1

 

tandis qu'au centre, une corniche abrite l'entrée principale de la chapelle


Façade de toute sa longueur 250 m Cour St Louis

 Nous avons longé sans fatigue et sans même le réaliser, les deux-cent-cinquante mètres qui se composent d'un "coeur"  entouré de deux ailes symétriques ; et sur toute sa longueur, de bas en haut, le bâtiment est méthodiquement structuré :

rez-de-chaussée destiné à l'intendance, premier étage aux dortoirs, deuxième étage réservé au personnel ...

 

 Arc division Lassay Détails des armes

 

     Après avoir fait notre entrée par l'aile Mazarin, sans doute conviendrait-il d'effectuer notre sortie par l'aile opposée qui porte le nom de ce libertin notoire qui fit de la façade principale de l'hôpital de la Salpêtrière, la plus longue de Paris...


 

 


Repost 0
21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 23:25

 

      Est-ce l'heure déjà ? 

Je nage dans le flou et l'opacité vaporeuse de petits sommes, je suis tantôt ici, tantôt ailleurs. J'émerge de la brume caniculaire, pour apprécier à sa juste valeur la teneur voluptueuse du sommeil, et me laisser couler, une fois encore, dans ses profondeurs...

Photo 6300
Photo 6301

 

Non, l'heure est passée, la messe est dite.

  Alors, rien qu'un petit somme de plus ne fera plus bouger d'un poil ce qui est indéfectiblement scellé.

Il fait beau, et je me suis lancé tout guilleret à la poursuite des odeurs matinales toutes fraîches et vibrantes que nappait l'ombre des platanes du boulevard ; j'ai humé avec délicatesse les petites fleurs vivaces qui contre toute attente, persistent à réapparaître d'un été à l'autre, en s'agrippant aux mottes rocailleuses et arides, lesquelles délimitent le périmètre de jardins partagés déjà très chauds, de si bonne heure . Dans les replis rafraîchissants d'un caniveau, j'ai deviné sa présence. Mu par l'urgence impérieuse de mon inclination naturelle, j'ai entrepris avec ardeur d'arpenter les trottoirs de  l'avenue la plus escarpée et la plus fréquentée du village de Ménilmontant, sans trouver sa trace. J'ai coupé par une petite rue tortueuse au pavé brûlant, aux murs déserts...Épuisé, je l'ai trouvé là, vêtue de sa petite robe noire galonnée d'or, discrète et réservée comme une  violette retranchée dans la douceur duveteuse de ses contours. Elle se tenait, douce et soumise aux côtés de sa duègne. Et moi, dans toute cela ... 

 

Photo 6779

me risquerais-je même à murmurer son nom dans l'intimité secrète de mes rêves 

"Concita...Concita Chihuahua,

sois belle et parle moi" 

 

 

 

 

Repost 0
15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 17:17

 

 

Comme par enchantement, nous sommes sortis par la porte opposée à l'entrée, davantage par curiosité que par nécessité

 

Cour Lassay et la Chapelle St Louis de la Pitié

et débouchons dans le cadre idyllique d'une cour paisible qui tire son nom d'un certain marquis, ancien aide de camp de Condé, dont les débordements libertins firent surtout la notoriété.

Une congrégation de tilleuls prête son ombre bienfaisante, et donne à la cour l'allure d'une place de village. 

 

Nous contournons les replis de l'édifice avant d'aboutir  dans un décrochement, où dans la plus grande discrétion se niche une surprise. 

Pendule solaire St Louis de la Pitié 1

Suspendu à l'oculus  qui domine l'encadrement d'une modeste porte -laquelle donne accès à l'une des chapelles qui composent  la Chapelle -un cadran solaire nous retient sur place quelques minutes. Silencieuse et immobile, l'ombre du style se déplace inexorablement sur le cadran.


Salpétrière - Mur cour Lassay couvert de vigne vierge et

Il est toujours temps d'admirer l'élégante harmonie, inscrite sur la façade d'une aile de l'hôpital, dont la régularité ordonnée des étages, ponctués de hautes fenêtres, est agrémentée de stores jaunes qui contribuent  à la parer d'un abord pimpant et coquet.

 

Marches et vasques manant à la platteforme en hauteur

 

A la faveur d'un tour de cour, nous découvrons presque fortuitement des chemins de traverse qui nous invitent à passer au niveau supérieur.

 Allée du Magasin Central - panneau

 

Il ne suffit que de gravir quelques marches, bordées de part et d'autre de vasques habitées par des fleurs saisonnières, pour les rejoindre et les suivre.

Escalier menant à la plateforme en hauteur

 

Commence la "Promenade en Hauteur"....que j'interprète comme une invitation à la vie. Il fait bon s'enfouir dans l'agglomération silencieuse d'un monde végétal, méticuleusement ordonnancé.

 

Platteforme en hauteur

 

 Promeneurs, curieux et malades en fauteuil roulants, personnels de l'hôpital en blouse blanche, déambulent doucement tous confondus. Si à juste titre, la violence des jeux de ballons et  la survenue intempestive de conducteurs d'engins sur roulette sont prohibées, la promenade sur la hauteur me parait un culte rendu à  la lenteur, une réconciliation à la vie. L'élévation des lieux, toute relative, permettrait de  prendre le recul nécessaire face à l'adversité. Plus loin, la présence d'un kiosque à musique de facture récente laisse supposer  les plaisirs redécouverts des concerts en plein air

 

Lanternon de la chapelle St Louis de la Promenade en Hauteu

Planté dans les feuillages, le dôme de la chapelle semble nous maintenir sous une bienveillante protection.

 

Tilleuls sur façade - Cour Lassay - La Pitié-Salpêtrièr

La pureté des lignes du bâtiment hospitalier dont le toit à la Mansart est orné comme il se doit, d'une frise de lucarnes  se laisse deviner à-travers les silhouettes dentelées de tilleuls 

 qui au fil du temps, ont gardé leurs vertus apaisantes. 

 

 

 

 


Repost 0

Présentation

  • : Balades avec mon chien
  • Balades avec mon chien
  • : Mes promenades avec Pistol, bouledogue français ; sa vie, ses amis chats, chiens, vaches et chevaux. Balades insolites dans Paris et ses environs. Nos voyages, nos lectures, nos loisirs.
  • Contact

Un éloge !

Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

Rechercher

Récompenses



Archives