Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 16:09





 

C'est à Bercy-Village que nous venons souvent  nous décadrer en été .
Une allée discrète plantée sur le bas côté de la bouche de métro nous conduit dans le parc de toutes les métamorphoses.


De but en blanc, un îlot de bronze aux formes géométriques, presque en  mouvement surgit d'un bassin de nénuphars Voici la 10è,  des 20 demeures d'Etienne Martin.

Né en 1913 à Loriol, dans la Drôme, Etienne Martin enfant  réalisa que la  pièce séparée de sa chambre par un mur  mitoyen, était inaccessible, bien que dans le prolongement direct de sa chambre.  On dit que ces rêveries d'enfant donneront naissance à cette  série de 20 " Demeures" auxquelles il donnera naissance au cours de sa vie d'artiste.

Etienne Martin fréquente les cours de l'Ecole des Beaux Arts de Lyon, puis occupe  entre 1968 et 1985 une chaire de professeur à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris.
1971 : Il est élu membre de l'Académie des Arts





En face  des nénuphars du "jardin des Philosophes", la Maison du Lac  qui abritait autrefois  l'ancien poste de garde de l'octroi,
se prête aujourd'hui à la tenue de conférences
et d'expositions temporaires sur des thèmes liés à l' art du jardinage.




Dunes verdoyantes et florissantes...



Sur le lac, des facilités ont été mises à la disposition des estivants de passage




Il fait chaud en cette fin d'après midi de juin.
L'oiseau utilise ses ailes comme un éventail...et invite l'air frais à rafraîchir ses flancs.


Les canetons s'essaient  à  quelques  prudentes brassées hors du nid parental, sous la bienveillante protection des roseaux  sans encore avoir remarqué des traces de passage  incongrues


Jolie perspective, invitation à se laisser flotter au gré des eaux. Les deux passerelles de part et d'autre du bassin...


  décrivent  deux arcs parallèles en survolant la rue Josph Kessel (qui mène à la petite église Notre Dame de la Nativité de Bercy ) en contrebas. Leur montée  est un peu  ardue,  mais leur  descente annoncent d'autres délices.




Nous atterrissons  aux  "Parterres" ; carrés de cultures compartimentés rappelant les jardins des anciennes résidences  aristocratiques des propriétaires de Bercy.


Le Parc de Bercy compte 14 hectares.

Il est coupé en deux en 1845 par les fortifications de Thiers  qui marquent une frontière fiscale entre Paris et ses environs. Bercy n'étant encore qu'un village autonome, est, jusqu'au début du XX siècle, exemptée des taxes d'importation auxquelles Paris se trouve assujettie.

Bercy devient le principal producteur du monde en vins et spiritueux
 Les fûts venant de Bourgogne sont acheminés par la Seine puis transportés par containers depuis l'ancienne gare de la Rapée.
Les lieux rassemblent  de nombreux corps de métiers : tonneliers, pompiers, assistances sociales, "vendeurs d'oeufs... (ils revendent les jaunes d'oeufs, les blancs ayant été utilisé pour la clarification du vin).
La vie fourmille d'activités liées au travail, mais aussi aux loisirs : des guinguettes se multiplient en bordure de la Seine toute proche

La destruction des lignes de fortification de Thiers dans les années 1920, l'essor des transports ferroviaire des marchandises , l'évolution des techniques de stockage, ralentirent fortement les activités de Bercy.

Dans les années 1950, les entrepôts sont délaissés  et le quartier tombe à l'abandon.

L'ancien village de Bercy bénéficie d'un regain d'intérêt dans les années 1980 Il adopte une vocation touristique et fait l'objet de réaménagements appropriés.
Le parc de Bercy  est inauguré en 1995



Repost 0
14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 00:00

 

 

 

 

Début février 2008 : Le métro automatique "Météor" vient de nous lâcher à la station "Cour Saint-Emilion" qui évoque  la vocation première de Bercy 

 Nous entrons dans un vaste parc planté par l'architecte paysager Huet, , sur les lieux de la capitale pinardière du monde :  quelques vestiges apparaissent au détour d'un chemin, et les allées sablées, parfois encore pavées, suivent fidèlement l'ancien tracé des petites rues d'un village où une assemblée de bons vivants venaient festoyer dans les guinguettes.

 

Parc de Bercy en hiver, Paris

Afin d'échapper aux taxes collectées à Paris, le vin était acheminé à Bercy par transport fluvial ; les tonneaux étaient tractés jusqu'aux entrepôts par des wagonnets, dont le chemin reste par endroit imprimé dans le sol. Le vin était  abrité et conditionné dans des chais en enfilades.

De 1880 à 1970, le système logisitque vinicole imaginé à Bercy asure la prospérité du village. Ce n'est que dans les années 1970, que dans l'optique d'une politique de réaménagements de l'Est de Paris, l'ancien village de Bercy est rasé, pour faire place aux bâtiments publics et administratifs qui composent le "nouveau quartier de Bercy" 

 

 

Parc de Bercy en hiver, Paris

 Sur les ruines de lieux de labeur et de chansons, un parc bercé par le souffle du vent d'hiver, respire doucement dans son sommeil.

 

Parc de Bercy en hiver, Paris

Le plan d'eau poissonneux en été semble dormant,

et l'îlot qui abrite les oiseaux migrateurs fait silence..

 

 Parc de Bercy en hiver, Paris

Une passerelle sépare le jardin romantique (première partie du parc),

des " parterres" , en contrebas.


Parc de Bercy en hiver, Paris


Il semble que des oiseaux aient su tirer partie d'un noeud dans l'écorce de l'arbre pour y confectionner un abreuvoir

 

 

Parc de Bercy en hiver, Paris

La roseraie est en sommeil, et le froid éloigne des bancs les promeneurs transis qui ne font que passer

 

 

Parc de Bercy en hiver, Paris

La "maison du lac", (où sont données des conférences) est derrière nous, dans le "jardin romantique". De là, nous approchons une autre demeure

 

 

Parc de Bercy en hiver, Paris

la maison des jardiniers où sont  prodigués des conseils de jardinage aux enfants. Une serre abrite des spécimens de régions tempérées.

 
 

 



Parc de Bercy en hiver, Paris

 

Le portail de la maison des jardiniers donne accès au potager des enfants. Les rails qui dirigeaient les convois vinicoles au village de Bercy sont encore là.

Parc de Bercy, l'été, Paris





La tempête a malheureusement détruit les fragiles plantations. Mais elles renaîtrons aux  premiers beaux-jours.

 

 

 

 

 

Repost 0
5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 16:09

 

 

      Nous retrouvons le décor que nous avons cru avoir laissé derrière nous,  sous la veilleuse des réverbères... Le Pont au Double rougeoie et la cathédrale Notre Dame réapparaît  sous le soleil d'un dimanche après midi.

 

http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/68/37/56/5637688191233_0_ALB.jpg

 

Seul le quai de Montebello sépare la Seine d'un paisible îlot de verdure,

 

 

      http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/18/81/42/4281188191233_0_ALB.jpg

 

un jardin où dorment quelques vestiges de temps imémorables,  qui s'ordonne autour d'une fontaine de bronze et s'ouvre tel le rideau d'une scène  sur une  église romane où on chuchote toujours que Dante aurait prié...

Un jardin qui porte le nom de René Viviani. Avocat de son état,  plusieurs fois député dans le cinquième arrondissement, du département de la Seine. Il fonda avec Jean Jaurès le journal "L'Humanité". Ministre durant la Troisième République, il dénonça haut et fort le scandale de Panama qui entachait la réputation de certaines personnalités haut placées du gouvernement. Il institua les premières lois de protection du travail, et leva le premier impôt sur le revenu. Sans doute eut-il à subir les foudres du gouvernement Clémenceau, opposé à toute loi sociale.Est-ce un hasard si aucune statue ne vient honorer sa mémoire à Paris, pas même dans ce square ?


http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/18/72/28/2872188191233_0_ALB.jpg

   Encadrée d'une roseraie endormie apparaît une étrange muraille triangulaire de bronze gaufrée, où paraissent imperceptiblement se mouvoir dans leur sommeil des créatures spectrales 

 

http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/18/30/69/6930188191233_0_ALB.jpg

 L'édifice signé Georges Jeanclos, à l'origine destiné à abreuver le promeneur, a pris la place d'une fontaine Wallace ; pour éviter l'érosion de ses parois vertigineuses,  l'eau, source de vie, distribuée par un robinet auxiliaire planté à quelques mètres de là,  ne vient plus caresser ses flancs escarpés .

 

http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/18/14/95/9514188191233_0_ALB.jpg

Dans un désordre d'étoffes en lambeaux, se détachent  paradoxalement, des visages sereins,des tendres étreintes, de la douceur, des cranes ronds et chauves : la vie avant ...ou après la mort

 

http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/18/62/57/5762188191233_0_ALB.jpg

      Français, de religion juive, intimement traumatisé par les horreurs de l'Holocauste, George Jeanclos clame sa foi inaltérable dans les capacités humaines d'empathie et de solidarité, face à l'adversité la plus désespérée, 

 

http://images.kodakgallery.eu.com/photos502/2/91/81/18/95/59/5995188191233_0_ALB.jpg

 

 et dans l'espoir d'un  triomphe de la vie sur les ténèbres.

 

Repost 0
29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 18:47

 

 

 

 

...et abandonnant derrière nous le Pont d'Arcole,  laissant les lueurs de l'Ile Saint-Louis onduler sur les eaux presque figées du fleuve,

 

Photo 196

 

nous avons pressé le pas en longeant la façade latérale de l'Hôtel Dieu, dans la pénombre de la rue d'Arcole 

Le froid nous gagne en profondeur, malgré la douceur environnementale des flocons duveteux tombés du ciel.

Nous venons de déboucher sur le parvis de Notre Dame, où de façon étrange la foule,  comme envoûtée sous l'effet d'un phénomène miraculeux observe en ce soir de décembre un silence recueilli.

 

Photo 229

 

Le "Petit Pont" de pierre enjambe... le petit bras de la Seine (par opposition au "Grand Pont" - baptisé plus tard  Pont au Change - qui devait franchir la partie la plus large du fleuve), et relie l'Ile de la Cité à la rive gauche du fleuve.

Reconstruit  au milieu du XIX siècle, il occupe l'emplacement d'un premier pont, déjà présent à l'aire romaine, détruit lors d'une crue, tout comme le furent les suivants...

Une péniche qui a osé braver les frimas, s'éclipse, vide et silencieuse, sous l'arche de bronze du Pont au Double, laissant aux réverbères, le soin d'illuminer le décor de leur  chaleureux halo.

 

Photo 231

 

Le Pont au Double relie l'Ile de la Cité à la rive gauche de Paris. Un itinéraire suggéré à François Premier qui en ordonna la construction , afin de faciliter le transport des malades aux portes de l'Hôtel Dieu... moyennant un tarif du péage double.

Le pont initial s'écroule au tout début du XVII et c'est en 1883 que l'ouvrage actuel est reconstruit ; un seul arc de bronze suffit pour franchir le petit bras de Seine et offrir ce soir la cathédrale Notre baignée dans un flot de lumières.

 

Les bouquinistes du quai de Montebello  se sont repliés pour la nuit

 

Repost 0
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 23:43

 

 

 

 Le lune est pleine dans un ciel de gaze. Quelques minuscules boules de coton, silencieux et impavides viennent s'ébattre "place de Grève",  en ronde concentrique

 

 

      Photo 184

 

De concert, un manège accomplit ses rotations sur le  parvis de l'hôtel de ville de Paris.

Une pensée au passage pour Etienne Marcel  considéré comme le premier maire de Paris.  Prévost des marchands de Paris, Etienne Marcel s'oppose à Jean le Bon dont le règne (1350-1364) est affaibli par l'onéreuse guerre de Cent ans interrompue par la grande peste, tandis que par ailleurs, le système féodale subit des transformations : conflits entre seigneurs, révoltes des laïques contre le clergé, division des terres à la suite d'héritages, cadets de famille se livrant au commerce faute de terres en nombre suffisant.... D'agraires, les activités deviennent commerçantes...

Pour tempérer les hausses d'impôts  et gérer une société en mutation Etienne Marcel qui préconise l'établissement d'une monarchie contrôlée, entend centraliser les services administratifs à Paris

 

 

Photo 185

 

En ce soir de décembre 2010, la Seine est resplendissante sous les faisceaux des réverbères. A intervalles réguliers les  ponts de Paris viennent tour à tour saluer son passage.

 

D'un bond agile, le Pont d'Arcole relie l'Hôtel de Ville à l'Hôtel Dieu le premier hôpital de Paris...


Construite à son emplacement, la "Passerelle de la Grève", réalisée par Marc Sequin au début du XIX siècle, est  un pont  exclusivement réservé aux piétons. Quelques décennies plus tard, elle est détruite, et remplacée par un ouvrage plus solide,  permettant la circulation de véhicules. Le Pont d'Arcole est le premier pont suspendu  entièrement réalisé en fer, et non plus en fonte. Malheureusement, quelques années plus tard, il s'affaisse brutalement de quelques centimètres, et doit être consolidé. Il faudra attendre les années 1990, pour que la Mairie de Paris fasse procéder à sa complète restauration.

 1944 - C'est par le Pont d'Arcole que la 2e DB du Général Leclerc fait son entrée à Paris

 

 

Photo 186

 

A mi-route sur le  Pont d'Arcole, entre deux eaux, les péniches se font rares à cette heure, mais la proue de l'Ile Saint Louis , illuminée par le  clignotement aérien de lucioles électriques, nivelle sereinement  le sillage de l'Ile de la Cité, berceau de Lutèce, où palpite le coeur de Notre Dame.

 

 

Photo 188

 

Le Pont Louis Philippe, également construit par Marc Seguin, relie la rive droite du fleuve à l'Ile Saint-Louis, où le petit pont Saint Philippe bâti à la fin des années 1960, (là où d'autres  ponts se sont succédés)  prend la suite et relie l'Ile Saint Louis à l'Ile de la Cîté.

Chacun de piliers qui soutiennent ses trois arcs est orné d'une couronne de feuillage en pierre.

 

Photo 187

 

1833: Pour célébrer son accession récente au trône, aux lendemains des Trois Glorieuses, Louis-Philippe pose une pierre à l'endroit où il souhaite qu'un pont soit construit

Un an plus tard, le pont Louis-Philippe, est inauguré. Il est ouvert à la circulation (une taxe était perçue sur chaque traversée).

Mais survient la Révolution de 1848 : tous les postes de péage sont détruits et le pont incendié. L'ouvrage actuel inauguré en 1862, a été reconstruit à quelques mètres de l'emplacement originel.

 

Photo 189

 

Nous gagnons l'extrémité opposée du pont d'Arcole et  allons atteindre l'Hôtel Dieu. Devant nous, l'eau frileuse s'infiltre sous le  Pont Notre Dame et délimite les contours de Paris à l'infini :  Conciergerie d'abord, mais aussi l'enfilade des Quais de Gèsvres, et de la Mégisserie  interrompue par la place du Chatelet.

 

Paris frissonne sous ses feux en décembre.

 

 

Repost 0
22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 17:01

 

 

      Notre visite chez le véto-acupuncteur vient de confirmer l'évolution favorable de la situation : l'homme de l'art était agréablement surpris par la rapidité de mes progrès, surtout compte tenu de la force du mal qui s'est abattu sur mon pauvre dos. "Vraiment impressionnant ", a-t-il ajouté, en me transformant une fois encore en pelote d'épingles.

 

 

Pistol en route pour la gare St Lazare - en poussette

 

Il est vrai qu'au cours des semaines qui ont suivi ce jour fatidique, j'ai insensiblement réappris à vivre et à me redéployer un peu plus chaque jour. Nous avons rapidement réalisé que  la poussette destinée aux petits humains, récupérée en catastrophe dans les souvenirs de famille - aussi touchante ait été l'attention - ne pouvait contenir plus longtemps mon exubérance  naturelle.

 

 

Pistol endormi dans sa poussette


Il a fallu trouver plus grand, plus fonctionnel, plus adapté à ma morphologie, et tellement plus confortable.

Las de faire le compte des pigeons du quartiers, et dans l'attente de pouvoir réintégrer mon fief, je me laisse gagner par le sommeil.

 

Chauffeur ! A la maison !

 

 

 

Repost 0
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 23:54

 

 

Depuis des temps immémoriaux, mes pattes s'étaient retournées dans le sens inverse de la marche...Elles se trouvaient simplement à mes côtés, mais je ne ressentais plus l'utilité de leur présence ...

J'occupais mes journées et mes nuits à chauffer mes coussins.

Elle m'avait calé dans une voiturette, nourri, lavé, massé, emmené consulter des spécialistes...

 La messe était-elle dite ? 

 

A qui est cette patte

 

Comblé de tendre sollicitude, je semblais me contenter d'une morne retraite dans ma douillette couche. Au fil du temps pourtant, l'ennui m'a parfois rendu  morose, insidieusement tyrannique : par moments, je me suis même surpris à aboyer des ordres...

 

Pistol sort de sa tente 2

 

Et puis, j'ai réfléchi : je ne pouvais me laisser abattre par le sort, ni continuer à le subir ; j'ai alors entrepris d' évaluer l'état de mes ressources : il m'en restait quelques unes... et j'ai commencé à avancer, imperceptiblement sur le ventre, avant de redécouvrir la puissance de mes cuisses, la force de mes genoux. J'ai trouvé le moyen de me glisser par ici, suis parvenu à me hisser par là, à atteindre  les endroits les plus improbables, les plus inaccessibles...


Pistol sur ses pattes

 

Et ce matin, contre toute attente, j'ai retrouvé ma position naturelle.

Je viens de traverser à une vitesse à laquelle nul n'était plus habitué, la surface habitable de toute ma tribu.

J'ai retrouvé mon aplomb et ma bonhomie naturelle.

Tout le monde est content : SONNEZ TROMPETTES !

 

Pistol regagne sa couche sur ses pattes

 

Quelques  pas retrouvés, quelques balades dans l'avenir, sans doute.

Pour le moment, je retrouve avec satisfaction le réconfort de mes couettes. 

 

 

Repost 0
8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 22:06

 

 

 

Construite par Delebarre et Godon, sous la direction de Baltard, dans le style de la gare Saint-Lazare ce gigantesque entrepôt bâti à l'emplacement des anciens abattoirs de la Villette, pour abriter de 1873 à 1997, les Pompes Funèbres de Paris, est si vaste qu'il pourrait, dit-on abriter six terrains de foot.

1987 : Les activités funéraires sont désormais privatisées, et dix ans plus tard, les gigantesques carcasses d'acier nappées de pierre et de béton vont à leur tour disparaître...

 

Halle Curial au 104

 

Sauvé in extremis par la mairie de Paris, le 104 rue d'Aubervilliers ne tombera pas. 

 

Halle Curial - Jeu de miroirs et structures métalliques

 

Un cabinet d'architectes, "l'Atelier de Novembre, spécialisé dans l'urbanisme et la conception de bâtiments publics  est retenu. l' équipe d'architectes entreprend de reconvertir l'ancienne usine en y réalisant  un discret lifting : respect de la configuration originale du complexe, conservation des éléments décoratifs d'époque ... . 

 

 Deux concepteurs de théâtre, Robert Cantarella et Frédéric Fisbach, prennent la direction de l'établissement et invitent des artistes de tous horizons  à s'approprier l'espace et à en disposer selon leurs besoins. Ils logent sur place dans des ateliers qui leur sont réservés et présentent trois fois par an leurs oeuvres achevées.

 

Oeuvre de Michelangelo Pistoletto miroirs au 104

 

Lors de notre traversée de la halle Curial, autrefois affectée au transport des défunts, nous tentons vainement de contempler notre reflet...discontinu et interrompu, dans une enfilade  de miroirs brisés, , à  lors du happening de Michelangelo Pistoletto,"Twenty Two less Two"

 

 

Halle Curial et Ecuries en sous sol au 104

 

 Remontant du sous-sol, où se trouvent encore les emplacements des anciennes écuries à chevaux, nous venons d'émerger d'un labyrinthe de carton imaginé par  le même Pistoletto.

 

 

Verrière donnant Cour Curial au 104

      L'envers d'un point de vue vers l'endroit 

J'aime passer de l'un à l'autre. 

 

 

Cour Curial - vue sur la verrière

 

      La visite s'achève sur un florilège vitré de panneaux lumineux qui souhaitent la  bienvenue en toutes les langues.  La récente démission de Robert Cantarella, à la suite du refus de la Mairie de Paris de renflouer le 104 qui souffre d'un déficit financier vient assombrir la visite Les artistes n'ayant pas pour propos de faire recette, un gestionnaire risque de reprendre la direction de l'établissement. 

 

 

Cour Curail angle

 

 Regard circulaire sur la Cour Curial et son château d'eau...

Souhaitons encore  longue vie au 104 !

 

 

Repost 0
6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 19:54

 

 

 

      Derrière l'austère portail du n° 104 de la rue d'Aubervilliers, dans les halles métalliques de "l'usine à deuil" , le climat n'engendrait pas la mélancolie. Le personnel funéraire formait "une grande famille" qui se rassemblait pour  célébrer en toute conviviaalité, les petits événements de la vie.

 

104 manège carré Sénart

 

Ceci nous ne le savions pas quand nous avons procédé d'un pas circonspecte dans l'enceinte des anciennes Pompes Funèbres de Paris

Ce que nous avons d'abord pris pour un gigantesque catafalque est en réalité un festif chapiteau : la fête nous attend.

 

 

Bestaire manège carré Sénart au 104 1

 

Protégée par une vaste toile rouge cramoisi, défile en tous sens une étrange assemblée de chars et de créatures articulées : buffles en transhumance,  insectes  volant en sens inverse...

 

Mante religieuse manège carré de SénartInsecte manège carré de Sénart

 

Mantes religieuses, sauterelles géantes...La nature précise de ces insectes échappe à toute appellation scientifique

 

 

Elément manège carré de Sénart sauterelle au 104

 

Cigales et fourmis volantes grimpent le long des quatre mâts avec à bord, des passagers cramponnés. Petits et grands actionnent les figures comme ils le feraient avec des marionnettes, certains se faisant un plaisir de viser et d'aveugler les badauds qui se pressent autour de la ronde mécanisée. Le but du jeu est de se rencontrer..

 

Mascaron manège carré Sénart

 

La bordure du chapiteau rouge longue de dix-huit mètres de côté est ornementée de sculptures sur bois polychromes figurant également des créatures exotiques imaginaires. 

 

        Bestiaire et char manège carré de Sénart

 

   "Le plus grand manège du monde" n'est pas rond, mais carré. On le croirait volontiers extrait de l'un de ces "cabinet de curiosités" qui faisaient les délices du public aux XVI et XVII siècles, mais on est surpris d'apprendre que sa réalisation est toute récente, et qu'il porte le nom de la ville nouvelle de Sénart  dont il occupe la place centrale, lieu de convergence de dix anciennes communes ; cette municipalité en a originellement fait la commande à François Derozière, son créateur ( ancien élève des Beaux-Arts de Marseille et concepteur de décors et de machineries du spectacle).

 

Depuis quelques années, François Derozière, déjà célèbre en France et dans le monde par ses créations originales de "machines vivantes" (Le Grand Eléphant de Nantes, la Manège magique, le Manège d'Andrea,  le Beau Manège de Toulouse, également père des deux araignées géantes à Liverpool et Yokohama) a installé son équipe (techniciens,  machinistes, électriciens, sculpteurs) dans les anciens chantiers navals désaffectés de l'Ile.

 

Elément manège carré de Sénart et Cour de l'Horloge au

 

Nous nous extirpons de l'étrange assemblée pour quitter la halle d'Aubervilliers et traverser la Cour  de l'Horloge,  toujours présidée par une cloche qui battait le rappel et rythmait les heures. Le temps semble suspendu...

 

Mais il n'en n'est rien !

 

 

 

 


 

 

 

Repost 0
4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 22:36

 

 

 

L'adresse figurait en bonne vue dans mon répertoire. J'avais franchi une première fois l'imposant portail du n° 104 de la rue d'Aubervilliers, un jour très particulier d' octobre 2008. L'endroit m'avait plu : nous sommes revenus.

 

Vue d'ensemble rue d'Aubervilliers

 

La rue d'Aubervilliers s'étire en arc de cercle de la place Stalingrad au bassin de la Villette et borde les rails de chemin de fer. Autrefois faite d'une enfilade d'entrepôts, d'ateliers industriels, d'immeubles vétustes et de façades anonymes, elle s'est longtemps définie comme un simple passage: transport de marchandises, mais aussi départ des défunts pour un autre monde. 

 

 

 

Immeubles en trompe l'oeil - rue d'Aubervilliers 1

 

Au cours des dernières décennies, un généreux élan d'urbanisation a soufflé sur les quartier populaires. Les immeubles, laissés à l'abandon, sont progressivement pulvérisés, leurs habitants relégués dans le meilleur des cas en ville, dans des HLM confortables et sans âme, le plus souvent  dans de lontaines banlieues. A l'ombre des gigantesques "Orgues des Flandres" et de la cité Curial, des trompe-l'oeil aimables et proprets maquillent  palissades et murs aveugles, derrière lesquels poussent de confortables résidences destinées désormais à des occupants aisés.

 

 

le 104 rue d'Aubervilliers façade (1)

 

Au n° 104 de la rue, une grande porte à laquelle on ne prêtait pas attention, et dont seuls quelques 1400 initiés franchissaient quotidiennement le seuil.

 

 Les 104 rue d'Aubervilliers Panneaux

 

      A la faveur de la réhabilitation récente de l'immeuble, le Cent-Quatre s'étale  en toutes lettres sur l'ancienne façade des Pompes Funèbres de Paris, là où une fabrique d'art remplace celle des cercueils.

 

Le 104 entrée et aperçu manège carré Sénart

 

Nous venons de passer en battant le pavé, la porte d'une ville dans la ville, et pénétrons, sans encombre, dans un autre monde, convivial, aérien, ludique.

 

Le 104 - Cour de l'Horloge



Enclavés derrière des façades sans éclat des immeubles voisins, deux halles gigantesques, dont on ne supposerait jamais ni l'existence, ni l'ampleur se succèdent en enfilade.

Lors de la séparation officielle de l'église et de l'Etat en 1905, l'organisation des obsèques est laissée à la charge excluisve de la ville de Paris qui y installe ses bureaux et ateliers.

 

Halle Curial au 104 - Decente vers les Ecuries

 

Les employés municipaux se placent au service des défunts les plus anonymes, comme des plus illustres. Recrutés sur concours ont pour tâche de s'occuper de A à Z de la préparation et du déroulement des funérailles : confection des tentures noires installées par les "tendeurs" autour des portes des maisons endeuillées, des catafalques brodés d'argent  ornés de larmes de cristal par des mains industrieuses, fabrication des cercueils par des charpentiers.

 

Halle Curial au 104 - Porte d'écurie

 

Le transport des défunts est  assuré   par la force motrice de chevaux à robe noire et lustrés,  nécessitant la présence attentive de palfreniers, 

 

Cour Curial et chateau d'eau - 104

 

et celle d'un château d'eau pour être abreuvés...

Les chevaux devaient toujours être au mieux de leur forme pour tracter avec élégance les solennels convois. Les activités industrieuses du quartier générant un air vicié, les chevaux se voyaient,  avant même que ne soit votée la loi sur les congés payé offrir à tour de rôle un voyage pour "respirer l'herbe verte de Normandie"...

 

Halle Curial au 104 anciennes écuries

 

L'automobile prend par la suite, la tête  des convois. Des ateliers de mécaniciens prennent place  pour entretenir des fourgons noirs simonisés et fleuris par les soins de" l'usine à deuil".

 

 

L'horloge - Cour de l'Horloge au 104

 

1987 l'heure de la fin du monopole d'Etat  de l'industrie des Pompes Funèbres a sonné. Des entreprises privées s'arrachent le secteur et l'activité du 104 se ralentit avant de cesser complètement dix ans plus tard. La spéculation immobilière fait rage : les bâtiments échappent de peu au bulldozer.

 

 

Verrière Cour Curial au 104

 

Le site est classé, et se tranforme un centre de production

et de création artistique

Les funestes activités prenaient place dans la convivialité

et la bonne humeur

Les anciens reviennent sur leur lieux de vie avec émotion...

Le 104 revit de ses cendres !

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Balades avec mon chien
  • Balades avec mon chien
  • : Mes promenades avec Pistol, bouledogue français ; sa vie, ses amis chats, chiens, vaches et chevaux. Balades insolites dans Paris et ses environs. Nos voyages, nos lectures, nos loisirs.
  • Contact

Un éloge !

Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

Rechercher

Récompenses



Archives