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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 15:20

 

 

 

 

 

On nous l'a confiée pour quelques jours, le temps que puisse être procédé à son transfert dans un refuge prévu pour elle à une centaine de kilomètres de Paris. La SNCF  en grève, son transport n'était pas envisageable dans l'immédiat. Elle errait désemparée et vulnérable. On venait de prêcher des convaincus : comment pouvions-nous rester sourds à cet appel ? 

 

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 Elle avait été aperçue à plusieurs reprises, toujours aux mêmes endroits. Une discrète enquête de voisinage révéla bientôt que cette  jolie chatte tricolore au beau panache gris avait jusqu'à date récente, adouci les vieux jours d'une habitante de la rue des Couronnes, à deux pas de chez nous. Lorsque celle-ci quitta la terre pour d'autres cieux,  ses légataires  dans leur empressement de cueillir l'héritage de leur parente, ne prirent pas la peine d'envisager l'avenir de sa fidèle compagne, qu'ils congédièrent sans ménagement.

 

 

 

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Du jour au lendamain privée de toit , de nourriture et de l'affection qu'elle tenait pour éternelle, la Belle Etrangère arpentait désespérément les rebords de ces fenêtres qu'elle connaissait pourtant bien, et  sur lesquels elle avait l'habitude autrefois de se poser pour goûter aux rayons du soleil. Saisie de désarroi, elle se lamentait sans fin devant la porte de son domaine qui  ne s'ouvrait plus à elle, et s'étonnait de ce que les persiennes lui restent désormais obstinément closes. Repérée par une entité, bénévole et bienveillante, elle ne sut résister à l'appel d'une boite placée dans le recoin d'un abri douillet, qui contenait un met dont l'odeur exquise la transporta dans le temps.

 

A son arrivée chez nous, elle ne prit pas la peine de nous saluer mais  jaillit de son panier pour trouver refuge dans une penderie entrouverte, où elle se terra, ne s'échappant de son réduit que pour satisfaire  quelques actes indispensables  à la vie quotidienne. Conscients de sa détresse, nous nous efforçâmes de lui réserver la jouissance exclusive de la chambre d'amis  et de lui assurer  une paix absolue  pendant le temps que devait durer son séjour   parmi nous.

 

 Elle resta d'abord  pendant une période qui nous a paru infiniment longue, silencieuse et invisible. Seules quelques traces discrètes trahirent son existence au gré d'indices relevés en des endroits appropriés : nous étions rassurés sur ses signes vitaux. Nous lui avions offert sans espoir de retour une amitié inconditionnelle. Le savait-elle seulement ? Tout allait bien et rien ne paraissait désormais  devoir entraver sa réintégration vers une vie nouvelle. N'était-ce pas là l'essentiel?

 

 

 

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Bientôt l'évidence de sa présence s'affirma, imperceptiblement d'abord, avant de prendre une  dimension nouvelle. Je surpris chez mon invitée quelques subtilités gestuelles  dont la raison ne tarda pas à se préciser, et  sur lesquelles je m'appuyai pour conclure que les événements prenaient une tournure d'autant plus inattendue qu'on m'avait assurée que la dame se trouvait stérile.

 

 La Belle Etrangère nous accorda l'honneur de quelques apparitions, mais ces entrevues, strictement  limitées à la présentation des gamelles, se firent impérieuses. La rage de vivre s'exprimait avec l'énergie du désespoir...  Il ne me fut plus non plus possible d'ignorer la persistance montrée par  notre invitée à vouloir prendre possesssion des cachettes les plus secrètes : les tiroirs de la commode s'ouvrirent tout seuls, le lit fut à son tour investi de fond en combles.  Zelda qui tenta une ouverture inopinée fut vertement rudoyée. Toute tentative de rapprochement ne reçut en écho que de farouches réparties . Quelque chose se tramait subrepticement.Nous ne pouvions plus rien pour inverser un procesus entamé à notre insu. Il ne nous restait quà nous résoudre à laisser la nature suivre son cours. 

 

 

Pillule

 

Un soir, alors que je me préparai à assurer le service de chambre, je fus accueillie par une virago qui se planta toutes griffes dehors devant moi. Elle jurait et crachait des avertissements dissuasifs à mon endroit. Et c'est ainsi que j'appris qu'il étaient  là, les fruits d'un bref instant de romance dont les lendemains prévisibles ne sont pas toujours assurés...

 

Je ne pus que m'incliner et fermer précautionneusement la porte.

 

 

L' événement s'est produit sans encombre, dans la plus grande discrétion, jeudi dans l'après midi. La nouvelle mère se garde  d'introniser ses touts petits au monde visible. Elle a dressé une épaisse muraille derrière laquelle elle se retranche. Je surprends de temps à autre des couinements vigoureux, et me conforte dans la certitude que la vie s'organise harmonieusement  dans la tiédeur du couffin polaire que j'ai disposé sous le lit en prévision de l' arrivée imminente.

 

 

J'ignore encore quel est leur nombre, la couleur de leur pelage, leurs origines géographiques. La vie est un mystère dont il convient parfois de tempérer les hasards.

 

L' aventure m'a fait l'effet d'une bombe.  Qu'elle nous rappelle au bon sens.

 

 - Prévoyons l'avenir de nos protégés,

 - Ecartons de leur chemin  l'épreuve de grossesses non désirées ; résistonsà l'envie de  laisser se reproduire ces charmantes boules de poils promises à une existence incertaine. Soyons responsables, veillons à les faire stériliser !

- N'achetons pas, adoptons !

 

 

 

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 22:54

 

 

 

 

 

 

 

 A l'origine,  là où il y a très longtemps un temple dédié à Mars... ou à Mercure dominait les hauteurs d'une contrée,  était un hameau, constitué d'une chapelle entourée d'un cimetière

 

 

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Ravagé en 855 par les Normands, l'oratoire dédié à ma Vierge et légendairement attribué à Saint Denis  est reconstruit en 944.

 

Les moines de Saint Martin des Champs en sont propriétaires. Ils possèdent également "le  Martyrium" situé plus bas sur la butte. En 1133, ils cèdent  la totalité de leur domaine à Louis VI le Gros.

 

 L'église de "l'abbaye d'en haut" est dans un triste état d'abandon ...

 

 

 

 

 

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  La reine Adèle (dite Adelaïde) de Savoie, femme de Louis VI, entreprend alors de faire construire sur ses ruines une abbaye qu'elle confie aux  Bénédictines de Saint Pierre des Dames (des moniales de l'Abbaye de Saint-Pierre de Reims).  

 

Les bas côtés ouest de l'église  abritent toujours la sépulture de la fondatrice d'un domaine monacale, en son temps, l'un des plus riches et des plus importants du royaume.

 

 

 

 

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  Les bâtiments entourés de jardins et de vignobles qui constituent "l'abbaye d'en haut "occupent  à eux seuls13 hectares.

 

 

Un cimetière aurait été construit dès le 9ème siècle à plusieurs centaines de mètres en contrebas,  à l'emplacement  du "Martyrium" ; ce  "champ des morts" contient les nombreuses dépouilles qu'on attribue aux premiers chrétiens suppliciés. Le cimetière comprend également une crypte à laquelle on accède en empruntant plusieurs escaliers successifs en plus ou moins bon état qui mènent, dit-on à un temple romain dédié à Mercure. La crypte est restaurée en 1134 sous la direction de Marie de Beauvilliers et une chapelle est ensuite édifiée  à cet emplacement , le Sanctum Martyrium.

 

 

  Inscription gravée sur le mur de la façade du n° 9, rue Yvonne le Tac, directrice de l'école communale  adjacente

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  Yvonne le Tac, une résistante déportée...

 

 

Aux XIV et XV siècles, pendant la Guerre de Cent Ans, Les Dames Abbesses sont aux prises à des difficultés (principalement financières) . En 1559 un incendie détruit une grande partie de ses bâtiments Pour survivre, l'abbaye se voit dans l'obligation de vendre des terrains en bas de la Butte.

 

Elles consentent  à ne céder leurs terrains que sur la promesse qu'ils resteront affectés à des activités agricoles. Ainsi commence l'installation des premiers habitants du village de Montmartre, ce sont des laboureurs et des vignerons.

 

Les Dames de Montmartre encouragent l'augmentation des plans de vignes... et celle des moulins.

 

 

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  L'abbaye continue à vivre et à prospérer, grâce à l'important centre de pèlerinage autour du Martyrium de Saint Denis(lieu où il est mort) très fréquenté pendant tout le Moyen-Âge.

 

 .
Aprés 1610 l'Abbesse Marie de Beauvilliers fait construire de nouveaux bâtiments dans l'Abbaye d'en bas à mi-coteau.

 

 

 Les deux abbayes sont reliées par un mur couvert de quatre-cents mètres (détruit en 1900).

 

Lorsque en 1686 les dames délaissent l'abbaye d'en haut  (délabré, l'entretien étant devenu trop onéreux) pour s'installer dans l'abbaye d'en bas construite aux côtés du Martyrium,   elles empruntent  les pierres du haut haut pour consolider leur seconde abbaye  : les  bâtiments de l'ancien prieuré sont  démolis, à l'exception de l'église  laissée aux paroissiens . Les religieuses décident néanmoins de faire don à leurs fidèles d'un coin de verger et de l'emplacement de leur ancien cloître afin qu'un cimetière pouvant accueillir les sépultures des plus défavorisés y soit installé.

 

 

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 L'église avait été conçue pour répondre à une double vocation conventuelle et paroissiale :

 

Elle était séparée en deux par un mur : le choeur, le transept, et la dernière travée étaient réservés aux Dames abbesses et la partie ouest, constituait l’église paroissiale. C'est cette vocation paroissiale qui à la faveur de la Révolution, vaut aux habitants de Montmartre le privilège de conserver leur église, alors que le prieuré du bas est entièrement détruit et le domaine monacal démantelé.

 

 

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  (image volée sur l'Internaute)

 

 

 

 Au lendemain des événements, l'église Saint-Pierre de Montmartre se voit transformée en "Temple de la raison" et son clocher est surmonté d'une tour sur laquelle Chappe installe son télégraphe. L'installation reste en service jusqu'à ce qu'un incendie ravage la tour. Ses ruines subsistent jusqu'à la seconde moitié du XIX époque à laquelle le clocher est reconstruit, tandis qu'une nouvelle façade fin XVIII a remplacé la façade originelle de 1135

 

 

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En 1814, l’église est réquisitionnée par les troupes russes et sert d’atelier de confection et de dépôt de munitions.

 

Tant et si bien que de nouveau, son état se trouve sérieusement délabré... Menacée de destruction, la vieille église est sauvée in extremis par l'humoriste Willette qui en 1899 propose aux socialistes de "jouer un bon tour au Sacré Coeur"  ...

 

 Saint Pierre est menacée par l'envahissante proximité de la Basilique, il faut "protéger les faibles".

 

L'église est sauvée, cette fois encore, et restaurée dans les premières années du XX siècle par l'architecte Louis Sauvageot  qui tente de restituer l'esprit d'origine 

 

Un matin au cours des travaux de restauration, l'abbé Patureau officie une messe dans ce lieu qui n'est pas encore consacré. Il risque l'excommunication, mais l'Eglise lui accorde son pardon et le nomme immédiatement premier curé de l'église

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 19:12

 

 

 

 

 

 

 

Depuis les hauteurs du dôme du Sacré Coeur de Montmartre, nous venons de nous poser sur la terre ferme.

 

 

 

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De ferventes silhouettes s'engouffrent furtivement dans les ouvertures  de l'édifice. Leur détermination, leur silence tranchent avec le brouhaha animé et provenant de la multitude  avachie sur les pelouses, sandwiches ou guitare à la main, ou amassée en congrégations sur les marches d'escalier 

 

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Faute de parvenir facilement à nous frayer un chemin par le parvis nous nous esquivons par l'une des extrémités du porche..où se profile  une muraille fortifiée  d'une blancheur éclatante. 

 

 

 

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Nous débouchons exactement en face du n°1 de la rue du Cardinal Guibert, archevêque de Paris qui prona et facilita l'édification du sacré Coeur de Montmartre

 

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La petite porte verte couronnée des armes de la ville de Paris 

  ne s'ouvre qu'aux "initiés".

 

 Elle ne donne accès qu'à un étroit couloir à ciel ouvert , d'une longueur impressionnante, délimité d'un côté par une enceinte regroupant les vestiges de l'ancien monastère royal des Abbesses, de l'autre par  la " forteresse" qui fait angle sur le parvis de la Basilique, et abrite depuis 1889

 

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  les réservoirs d'eau potable  (l'eau destinée aux pompiers et à la voirie étant entreposée dans une usine élévatoire située en bas de la butte),  à l'endroit où se trouvait jadis le pressoir qui produisait le vin  de l'abbaye.

 

 Mais Montmartre accomplit des miracles

 et  l'eau s'est bel et bien transformée en vin dans les guinguettes.

 

 

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  Alors que nous progressons le long de la rue, l' étrange vision de trois corps suppliciés nous saisit.   Nous nous trouvons à la lisière du petit cimetière du Calvaire, un ancien verger du couvent où les religieuses accordèrent aux défavorisés le droit d'être ensevelis. 

 

 

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 Le mur de la paroisse amorce un courbe et longe  une  rue qui porte le nom d'un certain Chevalier de la Barre supplicié et décapité pour ne s'être pas signé devant une procession religieuse. Les rebondissements de l'histoire se font écho, d'une rue à l'autre

 

 

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  Le bout de la rue du Mont Cenis (qui reliait l'abbaye de Montmartre à celle de Saint-Denis) est une fourmilière. Il est vrai que nous somme dimanche et que selon une tradition établie, des courses en tous genres sont organisées sur la butte  Je me fraie avec difficulté un chemin dans la cohue des participants en maillots, en évitant au passage quelques croqueurs de portraits qui me prennent pour une touriste .

 

Je remuerais ciel et terre pour  écouter le coeur de "l'abbaye d'en haut" ...

 

 

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La physionomie triste et plate de l'entrée principale de la vieille église me décontenance. Je risque quelques pas dans la petite coeur pavée qui l'isole de la rue. Mes sentiments sont partagés... 

 

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Tristesse et regret à la vue de l'enclavement dans lequel se trouve l'une des plus ancienne églises de Paris, mais bonheur éprouvé de redécouvrir un joyau miraculé des tempêtes.

 

Dès le VI siècle, un hameau composé d'une chapelle et d'un cimetière était déjà propriété monacale de Saint-Martin des Champs. Les moines reçurent en don le  "Sanctum martyrium" situé quatre cent mètres plus bas.

 

En 1133, l'église désaffectée et en très mauvais état est rachetée aux moines par Louis VI Le Gros qui veut faire plaisir à sa femme. Il fait reconstruire une abbaye destinée à un couvent de Bénédictines sur les ruines de l'ancienne église mérovingienne.

 

La première Abbesse, Claude de Beauvilliers fait parler d'elle en abritant dans ses murs le roi de Navarre,  qui tient le siège de Paris. Gabrièle d'Estrée, sa cousine finit par la supplanter dans le coeur du futur Henri IV

Marie de Beauvilliers, soeur de la fautive s'empresse de rétablir la discipline au sein de la communauté qu'elle fit fructifier. Lors de travaux des ouvriers découvrent une dalle surélevée qui porte des inscriptions. On en déduit qu'il doit s'agir du lieu du martyre de Saint-Denis... Marie de Médicis se déplace et la notoriété de l'abbaye s'accroit en conséquence.

 

En 1534, Ignace de Layola accompagné de ses six compagnons dont François Xavier célèbrent une messe dans la crypte de la chapelle du Martyrium de l'abbaye d'en bas, et y fonde la Compagnie de Jésus.

 

1794 - La dernière Abbesse est décapitée. L'abbaye de Montmartre est entièrement détruite à l'exception de la chapelle de "l'abbaye d'en haut" entourée de son petit cimetière

 

 

 

 

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Une impressionnante porte de bronze signée Gismondi  protège la secrète intimité des quatre-vingt âmes qui reposent au cimetière du Calvaire ; elle annonce la résurrection glorieuse.

 

 

 

 

 

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 23:32

 

 

 

 

 

 

 

" Pour la première fois, ascension au dôme de notre basilique. Eh ! bien, j'ignorais le Sacré-Coeur. C'est un monument très beau qui atteste une magnifique puissance chez le constructeur. Je ne m'en doutais certes pas. C'est étourdissant et ceux-là seuls qui ont fait cette ascension peuvent s'en rendre compte. La médiocrité architecturale du Sacré-Coeur est un lieu commun aussi bête que tous les autres".

 

(Léon Bloy)

 

 

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  Lorsqu'en 1908, St Michel fut placé sur le chevet de l'édifice, le même Léon Bloy,  proche voisin de la Basilique se prit à remettre vivement en question  la raison de son existence, et à maudire tous les sculpteurs qui avaient contribué à son édification. Un volte face contradictoire, mais  qui définit peut-être en lui-même un style architectural à part entière qui a caractérisé l'époque 1900

 

 

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Paris reprend place et se remet à notre portée.

 Les gargouilles paraissent presque concitoyennes. 

 

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La descente s'est amorcée et nous nous trouvons de nouveau à fleur de reliefs fantasmagoriques, mer crénelée de la toiture  des coupoles ; elles  nous paraissent maintenant plus pratiquables... 

 

 

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Le caractère « kitsch » du Sacré-Coeur  réjouit les uns, dégoûte les autres...

  Mes impressions sont confuses.

 

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Gravir, mesurer sa vulnérabilité, se découvrir de la force,  résister au vertige,  s'ouvrir au détails de pierre, s'imprégner de sa texture, s'adapter à des dimensions cosmogoniques... 

 

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Trouver une direction, orienter sa pensée dans un sens, dans l'autre

 

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  se positionner, se surprendre à détester, ou pourquoi pas, à  aimer,

 trouver un juste équilibre 

 

 

 

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Le décor nous possède et nous surprend à chaque recoin,  nous déroute ou nous émerveille, mais ne nous laisse pas de marbre,

 

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C'est à cet endroit que se situait le pressoir des vignes de Montmartre qui procurait à l'abbaye une partie de ses revenus.

 En 1887 on y construisit  les réservoirs d'eau de la butte.

 

 

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Une crypte est par définition un endroit souterrain qui renferme des reliques de saints.

 

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Des hauteurs du dôme  nous avons regagné la terre ferme

 en passant par un sous-sol.

 

 

En face, l'église Saint-Pierre de Montmartre ...

 

 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 00:30

 

 

 

 

 

 

Le manège de chevaux de bois évoluait sur la place Saint-Pierre et  le vent faisait tourner à vive allure les nuages autour du soleil.

 

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Nous étions résolus à quitter le sol saturé pour nous élever vers des lieux inspirés

 

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L'ordre du jour n'était point à la spiritualité

mais tenait plus simplement d'une envie d'aventure.

 

Une flèche indique la direction du dôme  qui entouré de  quatre coupoles en forme d'oeuf, coiffe le Sacré Coeur. Elle  invite le curieux à emprunter  la Crypte,

à la lisière latérale de la Basilique.

Un voyage initiatique en quelque sorte : le dur chemin vers l'élévation

commence en sous-sol 

 

 

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L'employé qui nous a délivré notre ticket, nous a dores et déjà prédit un nombre incalculable de marches.  L'intonation de sa voix marquait  un sous entendu impressionnant qui tenait de l'avertissement. Mais  plus que jamais déterminés à relever son défit  nous entamons, en réfrénant quelque appréhension, la fastidieuse  escalade. Avec résignation et courage nous gravissons  une par une, sans oser les compter, les marches d'un étroit escalier qui pivote sur lui-même sous un faible éclairage et ne nous permet pas d' évaluer sa progression.  

 

 

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Pourtant, tout se passe d'abord sans encombre : l'opiniâtreté  que nous mettons à l'ouvrage parait porter ses fruits. Nous gagnons quelques vues méritées sur des composants d'un paysage  familier

 

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Mais bientôt,  l'étrange et le délirant prennent possession.

 

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Le petit escalier en colimaçon s'est interrompu devant une porte close qu'on prend l'initiative de pousser. Elle s'ouvre sur un passage en plein ciel aussi large qu'une poutre qui se faufile entre les coupoles. Il faut  encore gravir une volée de marches en suspension sur les toits su Sacré Coeur tel un col entre deux montagnes.

 

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Puis, enfilade dans un nouvel escalier en spirale couvert, qui semble plus étroit et plus vertigineux encore que le précédent. L'angoisse du vide  peut s'emparer  crescendo du voyageur le plus impétueux...On court le risque de se voir contraint  à se cramponner aux rebords des marches dans

une position très terre à terre.

 La voie est à sens unique,  sans espoir de retour immédiat.  

 

 

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Précipités à l'air libre, c'est à peine si on ose  troubler le face à face  de deux géants parmi des fourmis

 

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  Peut-être est-il préférable, en la circonstance, de fixer son regard sur la paroi intérieure de l'édifice.

 

 

 

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En orbite, le beffroi du Sacré Coeur (achevé en 1914) abrite en son dôme "la plus grosse cloche de France", un bourdon fondu en 1895 à Annecy 

 par les frères Paccard.

Offerte à la basilique  par les quatre diocèses de Savoie,  et transportée  par convoi spécial tiré par vingt-huit chevaux, escortée par des flambeaux elle fut accueillie à Montmartre dans la liesse populaire. Mais c'est alors que la guerre éclata...

 

 

 

 

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Le clou du spectacle, parce qu'elle ne figure pas explicitement dans les guides touristiques, c'est encore cette vue aérienne de Saint-Pierre de Montmartre. Seul vestige de l'Abbaye royale de Montmartre (détruite après la Révolution et démantelée),  la plus ancienne église de Paris est  entourée du petit cimetière du Calvaire qui n'ouvre  ses portes que le seul jour de la Toussaint..

 

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Des accords de guitare tout proches semblent provenir d' un recoin caché du dôme. De là à conclure que l'acoustique est excellente au royame des cieux... Mais on ne tarde pas à réaliser que des orchestres improvisés se sont toujours formés, au gré des envies,  sur le parvis de la Basilique. La proximité  de la halle Saint-Pierre nous rappelle nos liens avec la terre ferme.

 

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L' étroit goulot de l'ascension  a libéré et rassemblé  les citoyens du monde les plus divers au faîte  du Sacré Coeur...un coeur énorme qui palpite aux mélodies variées de toutes les langues parlées jamais imaginées.

 

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Nous voici en terre familière.

 

 

 

 

 

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 00:40

 

 

 

 

 

Comment contourner la plantureuse silhouette du Sacré Coeur de Montmartre ?

  De nuit comme de jour, ce "chou à la crème" légendaire à l'échelle planétaire, domine Paris de sa  présence éruptive,  de nuit comme de jour ...

 

 

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.

 

Dès 1870, Alexandre Legentil  négociant en textile et vice-président de Saint-Vincent de Paul, également   très impliqué dans le développement de patronages fait un rêve : alors que la France napoléonienne se trouve en proie à un âpre conflit  avec la confédération d'Allemagne du Nord, il offre au "Très Haut du Ciel" un marché : un édifice dédié au Sacré Coeur de Jésus sera édifié sur les hauteurs de Paris si la ville, alors assiégée par l'armée prussienne, est libérée.. Marché conclu : Paris est libre !

 

La butte sacrée de   Montmartre, d'abord  lieu de culte dédié à Mars , puis théâtre des martyrs de la résistance  des premiers chrétiens, la proximité du  lieu où fut institué l'ordre des Jésuites ( approximativement, rue Yvonne le Tac ), est bientôt désignée comme l'endroit idéal...

 

Malheureusement, les petits propriétaires de la butte devront en faire les frais :  le projet comprend en effet la possibilité accordée à l'archevêque de Paris de procéder à des expropriations. Il est également prévu que l'édifice religieux sera construit exclusivement avec des fonds provenant d'une souscription nationale menée auprès des fidèles, et  que les terrains acquis seront à perpétuité affectés au culte catholique 

 

C'est dans les cris et les larmes que s'édifie l'imposant édifice religieux. Les expropriations déclenchent  la Commune, ce gigantesque mouvement de révolte populaire  

 

Sitôt la "Commune" écrasée, l'archevêque de Paris obtient de l'assemblée nationale l'autorisation effective d'entamer les travaux   (l'établissement des fondations dans les sous-sols de gypse pose des dangers d'éboulement ; il s'agit de les consolider par des coulages de béton). En 1873,  la construction du Sacré Coeur de Montmartre répond alors à une nécessitesupplémentaire d'expiation... "pour les exactions commises par les Communards".

 

 

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Au pied de la basilique, le rempart d'une balustrade permet  de contempler la cité toujours vivante qu'on croirait survoler à bord d'un aérostat. Fondues dans le halo rose de sa légendaire renommée, les lumières de la ville fourmillent telles des météorites incandescentes ; elles  semblent tenir des  conciliabules.  

 

Les marches légendaires descendent par volées  la butte Montmartre  et encerclent tendrement  les vertes étendues d'un vaste square qui porte le nom de Willette, peintre et dessinateur humoristique qui fonda le Journal satirique du "Chat noir" dans lequel il introduisit le personnage populaire de Pierrot

 

"Bonsoir Madame la lune, bonsoir, c'est votre ami Pierrot qui vient vous voir"

 

  (chanson de Bessière et Marinnier)

 

 

 

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En contrebas, devançant un labyrinthe de petites rues,  la Place Saint Pierre et le marché Saint-Pierre  cloturent  le paysage  religieux. 

 

 

 

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Les marchés Saint-Pierre et  Dreyfus ont déballé puis remballé

 et fermé ses rideaux jusqu'à demain.

 Paris ne s'endort jamais tout à fait.

 

 

 

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Calé entre le square Willette et  la rue Foyatier, 

le tracé prévisible et tranquille des deux voies du funiculaire

améliore considérablement depuis 1900, l'ascension des pèlerins et apporte aux simples touristes en villégiature le pittoresque qui fait aussi l'attrait de Montmartre.

 

Ce va et vient d'une centaine de mètres, simplifie  considérablement le confort des riverains et commerçants de la butte qui peuvent difficilement imaginer, quand  des incidents  exceptionnels interrompent le mouvement  régulier des deux petites cabines, qu'en des temps encore proches, avant  que  Sacré Coeur ne surgisse de la colline,   leurs prédécesseurs ne pouvaient que s'en passer .

 

 

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Une brochette d' immeubles construits au début du XX siècle, borde la  rue Foyatier  en s'adaptant au rythme de ses deux cents marches :

 

 Un escalier  éclairé par une rangée de réverbères en suspension,

sourit aux audacieux...

 

 

 

 

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Le Sacré Coeur de Montmartre ...
 
"On y trouve la plus grande mosaïque du monde et la plus grosse cloche de France"
 
 
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:59






Je viens de recevoir une fleur. J'en reste abasourdie, "éblouie" ! Comment est-ce possible ?

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Parmi toutes les fleurs que nous ayons reçues, nous nous sommes attachés à garder  précieusement celle-ci,
toute chargée d'optimisme, de générosité, d'ouverture sur la vie.



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Elle  porte en elle  un message d'amitié particulièrement doux que je partage volontiers avec vous tous
Elle nous vient de Parisianne
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Parisianne, grande amie des animaux répond toujours présente pour leur prêter main forte quand leur condition d'existence prend une tournure cruciale

Répondons autant que faire se peut, et avec tout notre coeur, à l'appel de détresse de ses amis
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...sans oublier pour autant de nous accorder quelques instants de qualité pour admirer son talentueux coup de crayon.





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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 00:10








Sommes nous couchés trop tard ou levés trop tôt ?

Chat noir enroulé dans son sommeil 

c'est toujours l'heure creuse, où presque rien ne peut encore affecter ma tranquilité...


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Est-il déjà l'heure ....qu'il était hier à c't'heure ci ? 
Pour moi, c'est l'heure exquise du repos, prolongé sur des kilomètres...


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Mais c'est à quelle heure le soir ?



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Qu'on éclaire ma lanterne !

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Pourquoi chercher midi à quatorze heures ?

 

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Pourquoi remettre les pendules à l'heure et ne pas les laisser tourner doucement ?
C'est toujours la bonne heure !
Nous reprenons la balade



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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 14:18





Le thermomètre nous a accordé une clémence que nous ne lui avions pas connue depuis des mois, et nous a encouragés à nous rapprocher de l'eau. Les austères façades de la forteresse de Paris qui longent le fleuve semble avoir revêtu, pour l'occasion, une physionomie plus avenante.


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La Seine coule paisiblement , et  les   différents  corps de la Police  en représentation sur la façade  de leur Préfecture, arborent des sourires engageants . 

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Nous avons traversé le Pont  au Change, longé le Quai de Gesvres à la lisière du trompe l'oeil, et pris sur le trottoir de droite le Boulevard du Palais.

Côté soleil, le boulevard est longé par le Palais de Justice, précédé de son monumental portail doré et d'une impressionnante volée de marches,



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et juste en face, une petite boutique, que la sobre apparence ne distinguerait pas de beaucoup d'autres, parvient à me surprendre, mais pas tant que cela...

 Le  souvenir de Saint-Louis rendant la justice à l'ombre de son chène à Vincennnes, est toujours matérialisé par la présence toute proche de la Sainte Chapelle, édifiée en son temps, à la demande du monarque, sur l'actuel site du Palais de Justice.

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La Maison Bosc  qui depuis 1845, s'est spécialisée dans la confection des costumes d'audience de la Magistrature, du Barreau, des Universités, et s'est acquis une réputation mondiale, a bel et bien sa vitrine

"La robe" est le plus ancien costume et la tradition la plus ancienne... encore vivante.
La robe de nos juges, rouge et bordée d'hermine, est indéniablement une survivance du manteau royal.

Pour la petite histoire, les avocats sont à l'origine, des clercs religieux. La couleur de leur robe fermée par 33 boutons symbolisant l'âge du Christ, est noire pour les occasions ordinaires, rouge pour les audiences solennelles. Au XVII, les avocats soucieux de se différentier des juges adoptent définitivement la robe noire.

La  robe rouge à encolure d'hermine (n'en déplaise aux défenseurs de la cause animale) devient désormais l'apanage exclusif des  juges, et l'est resté. Leur opulence plus ou moins affichée indique  le niveau d'études des magistrats.


Bouche de métro


Une place ombrée et silencieuse qui dégage de multiples arômes jouxte la boutique Bosc et s'ouvre, en vis à vis du portail principal du Palais de Justice. Plantée en son milieu, un édicule de métro signé Guimard porte le nom de "Cité. Le coeur de Paris bien calé entre les rempars austères et monumentaux de ses édifices administratifs et judiciaires apparait sous les traits d' une grande corbeille de fleurs..



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La place Louis Lépine auquel les inventeurs de la Foire de Paris se rallient, abrite depuis 1808 les stands et pavillons du  marché aux fleurs. Mi couvert, mi aérien,  sa vocation exclusivement végétale le différencie des marchés aux puces.
Les conditions météorologiques encore capricieuses ne risquent pas de défier nos flâneries. Les pavillons métalliques 1900 qui  nous ramènent immuablement à la Belle Epoque nous abriteront des giboulées intempestives. 

.
Le marché aux fleurs" de la  Cité ouvert toute l'année de huit heures et dix-neuf heures trente, apporte au parisien qui ne peut sortir de ses murs l'occasion d'une escapade parmi les simples fleurs des champs, au jardiniers-décorateurs recelleurs de projets un éventail d' éléments décoratifs, à l'amateur d'exotisme, la découverte de la plante rare

Le dimanche, le "marché aux fleurs" se transforme en "marché aux oiseaux", pour l'agrément des amateurs d'espèces rares... emprisonnés derrière les barreaux de leurs cages




Marché aux fleurs, Paris


Au cours de l'hiver, plantes, arbustes et semis se tiennent côte à côte dans la tiédeur rédemptrice des serres. Quelques maigres  pousses échappées des frimas ou arrachés à leurs terres lointaines tentent d'apitoyer le passant.

Des petits sacs de graines offerts à profusion toute l'année nourrissent l'espoir. On se laisse souvent aller au coup de coeur.


Marché aux fleurs, Paris


Au gré des saisons, les couleurs fraîchement écloses s'échelonnent. Les arbustes se redressent de toute leur hauteur, les plantes vertes se présentent sous leur meilleur jour et offrent sans retenue,  leurs feuillages les plus  brillants, et leurs  couleurs les plus variées.


Vue de la Tour St Jacques

L' allée centrale du marché aux fleurs nous mène  vers l'autre bras de la Seine  qui embrasse l'Ile de la Cité ; la "sortie du marché" nous offre en prime une esquisse du clocher gothique flamboyant d'une tour construite par Charlemagne, et qui aurait abrité une relique de Saint-Jacques...




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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 18:39





Nous avons pleinement profité de notre halte à la "Maison Rose" et laissons la rue de l'Abreuvoir  couler  sur le flan de la butte pour rejoindre rue Lamarck Caulaincourt, le quartier des maquignons.


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  Nous avons tenu à rester fidèles à la rue des Saules, dont la paix et le charme rural ont su résister aux turpitudes de l'urbanisation. L'opiniâtreté manifestée par les habitants de la butte dans leurs actions d'insoumission a marqué quelques points...





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Depuis le X siècle, Montmartre récolte ses vendanges sous l'oeil vigilant d'Adelaïde de Savoie, première abbesse à introduire  la vigne sur des terrains de la butte qui appartient en majorité au couvent.


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Après la Révolution, les "dames de Montmartre" se voient contraintes par des raisons financières de mettre leurs terrains en fermage ; elles obtiennent  toutefois la condition qu'ils restent affectés aux vignobles (qui portent déjà les noms évocateurs de "Goutte d'or" ou de " Sauvageonne").

Une longue tradition de tavernes et de guinguettes  prend alors paradoxalement   naissance sur ces anciennes "terres saintes"toujours situées hors de Paris, libres des droits d'octroi.

Montmartre prend ainsi ce visage à deux profils qui étonne et en fait son charme discret,  où  piété d'un côté, plaisirs de l'autre se juxtaposent et se complètent.




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"O vin en vigne, joli gentil vin en vigne"


Arisitde Bruant, le "chanteur à la voix de manifestant",  a élu domicile au 10 rue des Saules, en face d'un terrain situé à l'intersection  de la rue Saint-Vincent  qui fait la convoitise des promoteurs. L'espace déjà dénudé est vulnérable.
 

9 juin 1920 :Pris par l'urgence et ému par la menace qui pèse sur le caractère bucolique et  paisible de leur quartier, un groupe de Montmartrois soutenu par Poulbot et  avec l'appui de Pierre Labric alors maire de la "Commune Libre, se mobilise.  En deux nuits, les insurgés  parviennent à implanter un jardin éphémère qu'ils  baptisent "Square de la Liberté", et qu'ils destinent aux enfants de la butte.

 

Ce n'est qu'en 1933 que Victor Perrot se voit attribuer l'autorisation de planter quelques ceps de vigne sur ce terrain, échappé à l'emprise des promoteurs mais laissé vacant.




Les vignes ressuscitées  s'étoffent d'année en année, les vendanges qui ont lieu tous les ans en octobre, font l'objet de réjouissances hautes en couleurs, le raisin est pressé dans les locaux de la mairie du XVII arrondissement.


Le "Clos de Montmartre" se vend en bouteilles d'une capacité de cinquante centilitres pour un prix un peu dissuasif, mais dont les revenus sont, fidèles à une longue tradition montmartroise, reversés aux oeuvres sociales d'associations du quartier.

Quand à Saint Vincent, le patron des vignerons, il est dignement fêté le 22 janvier, à Montmartre, plus que dans n'importe quelle autre commune vinicole de France





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En face,  à l'angle de la rue des Saules et de la rue Saint-Vincent, cette maison de poupée blottie ente acacias et jardin de curé s'est maintenue contre vents des marées depuis 1785.





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 D'abord simple cabaret, elle prend le nom de "Rendez-vous des Voleurs", puis d'"Auberge des Assassins", non par ce qu'elle sert de repère aux truands, mais parce que les avis de recherche des criminels célèbres y sont placardés aux murs.




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1875 : Le caricaturiste André Gill entreprend de dessiner son enseigne censée représenter la spécialité culinaire de la maison :
Un lapin bondit d'une casseroles brandissant "la dive bouteille".

On s'empresse de modifier en conséquence le nom de l'établissement qui devient le "Lapin à Gilles", puis se modifie au fil des années pour devenir le "Lapin agile"




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1886 : Adèle Decerf, (surnommé "la mère Adèle"), ancienne danseuse de French Cancan reprend l'établissement. qu'elle transforme en café restaurant concert. très fréquenté par  les chansonniers et artistes de l'époque.




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1903 : "La mère Adèle" vient de revendre son café-concert à un certain Frédéric Girard. "Fréfré gratte la guitare, tandis que sa femme Berthe fabrique de reconstituants sandwichs pour empêcher les artistes débutants (Verlaine, Jean Rictus, Carco et Mac Orlan) de mourir de faim.



  A la veille de la première guerre mondiale, les promoteurs n'ont pas lâché prise et menacent l'existence de  la petite maison. Aristide Bruant,  fidèle habitué des lieux  qui a acquis argent et notoriété,  la rachète à "Fréfré" pour la revendre plus tard à son fils.

Depuis lors, le "Lapin Agile" réunit toujours les artistes débutants : Nougarot, Brassens et bien d'autres








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"Dis Blaise, sommes-nous encore loin de Montmartre" ?
(Blaise Cendrars : La Prose du Transsibérien)



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"La baraque aux miracles" a résisté aux turpitudes des temps.

Nous reviendrons au "Lapin Agile" non pour y "pleurer notre jeunesse perdue", mais pour y célébrer jusqu'à plus soif, les mots, les chansons, la musique...



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Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

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