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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 00:41




  Nous venons de quitter à regret le Musée de Montmartre, un  havre  de paix préservé jusqu'au XXI siècle (pour combien de temps encore...) où nature et culture cohabitent,  et jetons un dernier regard sur la rue Cortot qui maintenant nous escorte sous la bonne garde  du château d'eau.


Photo 7052

  La rue Cortot, dores et déjà bordée de contreforts plantés de jardins, va bientôt rejoindre la rue des Saules





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Les contreforts de Montmartre, autrefois peuplés de vignes (détruites à la fin du XIX siècle par le phylloxera), abritent les secrets amoureux et assurent protection aux passagers de l'hiver.



Photo 7002

  A seulement quelques mètres plus en hauteur, l 'enseigne de "la Bonne Franquette",  où se réunissaient dans une convivialité bon enfant,
 les artistes du XIX coiffe la rue des Saules.
 Mais la boucle n'est pas bouclée.




Photo 7051

Nous venons de nous faire surprendre par le "Montmartrobus" qui déboule du sommet de la butte, à pas de loup.

 Cette navette électrique mise à disposition des riverains de Montmartre par la RATP assure, moyennant un ticket de métro,  la desserte des toutes les petites rues de la butte profonde. La course est sportive et le conducteur qui au fil des jours, fait partie des "familiers", "a ses jours", parfois bougon, souvent bienveillant. Il s'applique à négocier d'étroits passages à angles droits, à vaincre avec brio des pentes à soixante degrés vers le haut, puis vers le bas. Les pavés font trembler l'habitacle tout entier, les usagers du "roller coaster de Montmartre"  se cramponnent.

Le "Montmartrobus" vient de stopper net devant nous. La porte avant s'est ouverte en coup de vent : "alors on monte ?". J'ai marqué une hésitation, mais  ai préféré continuer la balade à pied. L'arrêt ne semblait pas prévu ; j'ai tenu à remercier le "conducteur sympa".
 Montmartre, c'est encore un peu cela.



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Nous n'avons pas voulu abréger la balade, heureux de contourner une fois encore, cette curieuse petite maison dont la façade pointue se tient à califourchon entre les rues de l'Abreuvoir et des Saules. Elle a permis à Utrillo de se rendre célèbre.




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La maison est "habitée". Il y a de la lumière. Et depuis la nuit des temps, le besoin légitime, commun aux hommes et aux bêtes,  de faire une pause  pour se désaltérer, a marqué de son sceau la rue de l'Abreuvoir.


Photo 7058Photo 7059
La vigne de Montmartre revit, toute proche. Elle s'est relevée de ses cendres.





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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 20:38










Rencontre incongrue de Saint Denis et de Jean Pierre Cortot (1787-1803). au coin de deux petites rues paisibles

Adepte fidèle d' un style néo-classique austère, Cortot est passé à la postérité grâce à de colossales sculptures de marbre "Narcisse Couchée" et "Pandore", mais surtout par son "Soldat de marathon annonçant la victoire"... des oeuvres souvent commanditées. Il expose au Salon de Paris jusqu'en  1842. On trouve sur l'Arc de Triomphe de l'Etoile, un bas relief représentant... "le Triomphe" de Napoléon I, qu'il avait été chargé d'exécuter.


Photo 7037

L'évocation de Cortot, sculpteur "monumental"  ne semble pas correspondre à l'image de  la petite rue étroite et charmante qui s'ouvre à nous.

Ici, plus que nul part ailleurs, Montmartre c'est encore la campagne, avec ses porches d'anciennes demeures rurales, ses  persiennes, ses petites rues pavées, son calme, ses retraites  intimes, ses vignes.


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Façades blanches ou repose la vigne vierge,

 

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Perspective ludique d'un perron du n°6, émotion ressentie devant des marches foulées par Eric Satie,


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Balustrades de terrasses, portes et fenêtres patinées, demeures du XVII siècle, on ne fait que passer.



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Entrées de fermes, arquées et généreuses qui rappellent la vie champêtre encore toute proche . Les croisées sont closes. Le village pénétré de froid semble hiberner, de concert avec la nature toute proche.


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Au n° 12 de la rue Cortot,dans la plus ancienne demeure de la butte, Montmartre a son musée.

D'abord résidence de villégiature du comédien Claude de la Rose, dit Rosimond, ami de Molière, la maison est transformée au XIX siècle en ateliers d'artistes fréquentés par Suzanne Valadon, par son fils Utrillo, par Raoul Dufy, et par d'autres... Pierre Auguste Renoir, qui partage son temps entre le Moulin de la Galette et le 12 rue Cortot où il a élu domicile,  y laisse un souvenir impérissable


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Photo volée d'une reproduction  du "jardin sauvage" par Pierre-Auguste Renoir


En 1960, La Ville de Paris qui a racheté la demeure des peintres, décide de la transformer en musée et y installe la Société d'Histoire et d'Archéologie du Vieux Montmartre.

 La Société du Vieux Montmartre (créée en 1886 par des artistes bénévoles et reconnue d'utilité publique), locataire de la Ville de Paris gère avec soin le Musée  et en programme les activités.

Le Musée de Montmartre va bien. Il  reçoit en 2003 le label "Musée de France" et a attiré en 2009 plus de 5 0.000 visiteurs. Seulement voilà  ...


Photo 7045

Le musée de Montmartre, à mi chemin de la discrète rue Cortot traverse une mauvaise passe. A la veille de son cinquantième anniversaire, la Mairie de Paris vient de faire volte-face en supprimant sans préavis, toutes les subventions qui lui étaient jusqu'à présent attribuées. L' existence du musée est menacée.




Photo 7048

Le Musée de Montmartre blotti entre deux jardins va mourir, et à la suggestion de la Mairie de Paris, ses collections qui comptent environ 60.000 oeuvres d'art, et retracent l'histoire et la vie de Montmartre risquent d'être dispersées.
Le Vieux village risque de perdre un morceau de son coeur...



Photo 7046

Aristide Bruant logeait tout en bas, dans la maison qui fait l'angle
 avec  la rue des Saules.


rue Cortot vers la rue des Saules
A coin de la rue des Saules, peinte avec amour  par Cézanne et Utrillo, les anciens reprennent la parole :


C'est dans le jardin d'Arisitde Bruant,  que les premiers défenseurs de l'authenticité et de la beauté du village plantèrent un jardin ephémère pour contrer la mainmise de la Capitale sur le village qu'elle s'était désormais annexé, Ils luttèrent pied à pied pour repousser  les forfaits menaçants de promoteurs immobiliers déjà redoutables en leur temps et imposèrent de nouveau la culture de la vigne à quelques pas de là ...


 A notre tour réagissons, et montrons-nous dignes de leur lutte !




 








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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 16:31








Nous nous écartons avec prudence des pavés trop battus, et empruntons le bref tronçon d'une rue  qui va bientôt s'écouler sur le flanc nord de la butte, en enjambant par ricochets les rues Saint-Vicent, Lamarck, Marcadet  avant de faire halte
...   aux pieds de  l'église Notre Dame de Clignancourt sur la place Jules Joffrin (où se trouve la mairie du XVIII arrondissement de Paris), avant de se répandre au loin et de rejoindre, au terme d'une course de 1300 mètres, la Porte de Clignancourt, toute proche du "Marché aux Puces"


Rue du Mont Cenis

Aux dires de certains, la rue du Mont Cenis devrait son nom à l'un des  massifs montagneux qui composent des Alpes du Nord. D'autres soutiennent avec un égal acharnement, et  pour des raisons toutes aussi défendables que l'appellation actuelle résulterait de  "Mont Saint-Denis" et aurait été écornée à la faveur de raccourcis linguistiques accidentels, survenus au fil du temps.


Ensemble de tois cîmes de Montmartre

Une entrée discrète et ombragée au n° 2, mène dans l'enceinte de l'Abbaye des bénédictines.  Bâtie sur les fondements de l'ancienne "église Saint-Denis" (ravagée par les Normands au IX siècle et elle même construite en son temps, à l'emplacement du Temple de Mars,  l'église abbatiale Saint-Pierre de Montmartre se dresse fièrement et fait pendant au dôme du Sacré Coeur.

 

La présence de l'ancienne "Abbaye d'en haut" expliquerait pourquoi cette petite portion de rue comprise entre la rue Norvins et la rue Lamarck (qui coupe dans son élan l'impressionnant escalier qui s'élance vers la plaine Saint-Denis),  porta un moment, selon toute logique, le nom de "Chemin de la la Procession"

Au premier plan se dresse une toure qu'on croirait voir surgir d'un conte ; le château d'eau du Mont Cenis, né pour suppléer celui de la rue Norvins devenu insuffisant.


Un château d'eau, deux châteaux d'eau...à Montmartre


Immeuble de la rue du Mt Cenis

Petites maisons  blanchies, persiennes  villageoises, dentelles des garde corps, Montmartre, c'est bien cela aussi


Charmante façade d'un immeuble bas

Convivialité  consacrée, anticonformisme un peu circonvenu. Montmartre envahie ne peut aujourd'hui qu'accueillir ses assaillants. Mais le ton fait toujours la chanson.


Tartempion bien entouré

La village s'est adapté sans vouloir trop renoncer à son identité,  à la demande  d'une clientèle toujours grandissante et diversifiée ; jeunes des provinces de France et d'ailleurs, chevaux de retour nostalgiques, rêveurs concoctant de mystèrieux exploits, contemplateurs abandonnés à la solitude, adoptés de passage, grognons par vocation, clièntèles "pourvues," contestataires de service...

 "Tartempion" offre les attraits d'une décoration intérieure "qui plait" ;  la "cuisine maison garantie" est mitonnée, l'addition se veut indulgente.

 

Restaurants et galeries du rez-de-chaussée se serrent étroitement les coudes ; les façades de guingois parsemées de fenêtres, chaudement enchevêtrées les une dans les autres, tiennent tête avec vaillance  aux outrages éventuels du temps.



Descente impressionnante de la Butte Montmartre

C'est là que  la rue du Mont Cenis nous présente un défit : une volée de marches vertigineuses nous précipite sur le vaste panorama de la plaine Saint-Denis. Le ciel, aujourd'hui dégagé, nous offre les contours du  Stade de France, nouvellement construit en 1998
construit en 1998, en prévision de la Coupe du Monde de Football.




Peu désireux de quitter la butte pour acompagner la rue du Mont Cenis dans ses lointaines destinations et  nous revenons sur nos pas, déterminés  à nous enfonçer davantage dans les ruelles du "vrai Montmartre" et saisisssons avec bonheur le hasard  d'une autre petite rue pavée qui semble vouloir retrouver "la campagne"







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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 16:18






Le jour s'est enfin levé sur la place du Tertre


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Les toiles sortent de terre et  apportent par touches colorées, de la vie, en contraste avec l'opacité du ciel de janvier.

 Les peintres prennent l'un une pause, assis sur un trépied, l'autre une nouveau souffle qui s'engouffre dans un mouvement lyrique et définit en deux coups de cuillère à pot, le portrait d'un "adopté"  de Montmartre, de passage  pour toujours.

 Les riverains se calfeutrent derrière leurs rideaux pour s'abriter des hordes de touristes.



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Les murs de la place sont tapissés de petits rappels historiques qui éclosent sous nos regards, tels des "post-it"



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Si ce peintre nous a fait savoir dans un français très chargé de tonalités lointaines qu'il ne veut rien avoir à faire avec quelque  système électronique de captage de vie imaginé au monde, c'est parce qu'il tente de gagner la sienne pour de vrai, à sa façon à lui ...ses doigts s'engourdissent sous le gel qui ce matin craquait encore sur les pavés, mais que des pas par milliers ont fini par anéantir pour quelques heures.

 

Photo 6991
La bruine apparait.
 Des parapluies géants s'ouvrent pour protégerles ateliers de plein air .
 Un confrère  du peintre introverti d'Europe de l'Est (ils se connaissent tous),
nous tient une bavette à l'abri de son antre.  On se sent transportés sur une passerelle en suspension ; les époques se confondent
.



Photo 6998

Chaudement calée entre  "le Cadet de Gascogne" et "la Mère Catherine"  une petite boutique dont l'enseigne laisserait  espérer une retraite méritée au milieu de recueils de poésies et de pamphlets subversifs...regorge (à mon grand regret) de cartes postales, t. shirts, bibelots, peintures à gogo, mugs
et gadgets à volo.

 

Un coup d'oeil au premier étage nous rassure toutefois sur l'authenticité des lieux. La Commune Libre de Montmartre conçue un soir d'hiver 1920 est justement commémorée.

 Devant l'âpreté de spéculations immobilières qui menacent l'existence de certains terrains du vieux village depuis son annexion à Paris, un groupe de contestataires donne de la voix. Ces derniers s'emparent d'un vaste terrain de jeux que doit écraser un pâté de logements sociaux construits à la va-vite, et le transforment en "jardin éphémère", C'est dans ces circonstances que Poulbot et ses amis instituent La  République Libre de Montmartre.


Plus tard, ces philanthropes "antigrattecielistes" convaincus se voient accorder la permission d'y planter de la vigne...Les vignes originelles des domaines des abbesses ayant disparu, anéanties à l'aube du XX siècle par la Phylloxera et l'urbanisation , ils ressuscitent ainsi les traditions millénaires vinicoles de Montmartre, pour notre agrément encore aujourd'hui.



Photo 6993

En parcourant des yeux la façade du cabaret de "la Mère Catherine", nous faisons encore un saut dans le temps. Une petite note  anecdotique nous renvoie aux années 1814-15. Les Cosaques dans leur hâte d'écraser Paris, faisant halte à l'auberge, ponctuent leur commande d'un "Bistro!" retentissant...
 Quelques décennies auparavant, c'était Danton qui en franchissait le seuil.



Photo 6999

"Pour la première fois, le 24 décembre 1898, une voiture à pétrole, pilotée par Louis RENAULT son constructeur, atteignit la Place du TERTRE marquant ainsi le départ de l'industrie automobile FRANCAISE"


Photo 7000

Les farfelus "dadaïstes" de la Commune Libre du Vieux Montmartre ne demandent qu'à s'emparer de chaque événement et ne manquent jamais de l'accommoder à leur sauce. Ils imaginent ainsi,  d'inscrire au nombre de leurs manifestations foisonneuses, une "course de lenteur de vieux tacots" qui gravissent encore chaque année les flancs de Montmartre, en cahotant, de la rue Lepic aux marches du Sacré Coeur






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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 12:30







Vide ... et silencieuse.


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Les quincailleries aux "souvenirs" viennent de dérouler leur volets mécaniques, et les peintres qui d'habitude se partagent les pavés se sont retirés. Il gèle et il n'y a pas âme qui vive. Montmartre se retranche prudemment   des frimas.




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Deux "sinistrés" interrogent  l'ardoise de la "Mère Catherine"  où les Cosaques toujours pressés ponctuaient leurs commandes d'un "bistrot" sonore ("vite !"). Après leur passage, nous nous sommes empressés de transformer l'adverbe en substantif pour désigner ces lieux de convivialité que nous connaissons bien..


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Montmartre qui revendique toujours, à juste titre,  un statut particulier dans Paris s'enorgueillit de posséder son propre syndicat d'initiative qui  occupe les locaux de l'ancienne "Commune Libre de Montmartre"; il est situé dans une petite maison villageoise, au coin de la place du Tertre et de la rue Norvins.


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"La Mère Catherine", "Chez Eugène", "La Bohème du Tertre",  "le Cadet de Gascogne" (au toit de tuiles) et enfin "le Clairon des Chasseurs". Les  cinq auberges de la place du Tertre sont  nommées...
En cette soirée particulière, certaines lanternes sont pourtant  restées  éclairées autour du centre de la place du Tertre qui accuse une vacuité insolite


Photo 6724

 Le Clairon a mis une sourdine. Nous devrons nous passer du traditionnel
 chocolat chaud.
 Les soirées habituelles sont peuplées de serveurs qui portent casquette "gapette" et foulards ; ils évoluent au milieu d'une salle, toujours habitée par DjangoReinhardt, et dont les murs sont animés de fresques montmartroises , et s'affairent autour des tables où les convives, amateurs de jazz manouche, demandent que soit joué, une fois encore, leur morceau préféré.




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Remous des foules,  interpellations des peintres (ils se connaissent tous), échappées de notes musicales se sont tues. Un silence religieux enveloppe  la place. Le silence me semble revêtir tout son sens, à l'approche de l'église abbatiale Saint Eleuthère et du couvent bénédictin des Abbesses.


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Avec retenue, nous nous acheminons doucement à la rencontre de l'église dédiée à  Saint Eleuthère compagnon de Saint-Rustique et de Saint-Denis, premiers chrétiens martyrs.

Les fondations de l'abbatiale qui se dresse devant nous, reposent précisément sur les restes d'un certain  temple dédié à Mars ; c'est le coeur de Montmartre, à l'ombre du Sacré Coeur.


Montmartre : mont de Mars ou mont des Martyrs ?









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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 12:00





Un ange passe...

Bouledogue français dans une mare de pétales

"A l'heure de clouer au pilori
tous les chiens...
On se demande si comme la clope
la ceinture, le chien n'est pas un vice
qu'il faut  éradiquer.
Vive le gène humain
Qu'on tente de robotiser


Et si l'amour, la compassion
la compréhension
 devenaient amendables ?
Dans mon pays, roi des référendums,
Je ne sais pas si on défendrait encore
ces... qualités"


malinois%202

Ce commentaire, posté par Maeldune
à la suite de mon billet
Surf, chien soldat condamné à mort
m'a touchée par sa véracité.


Chiwawa

Je voulais le partager avec vous et vous indiquer le chemin d'un blog empli de grand coeur, de délicatesse et de grande beauté.

link





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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 20:19





Séparés par la rue Saint-Rustique qui se faufile discrètement à la rencontre du Sacré Coeur,



Photo 6698
deux cabarets, fréquentés par les figures mythiques de Montmartre se font vis à vis. Monet, Silsley, Lautrec, van Gogh, Diaz, Picasso, Mac Orlan ...

 A gauche, "la Bonne Franquette" est éclairée de tableaux lumineux qui évoquent les régions vinicoles de France ; à droite, "le Consulat", l'une des plus anciennes maisons de Montmartre lui fait pendant.


Photo 6693

"Ambassade de Savoie", "Le Consulat"... Ces enseignes racontent l'histoire, et évoquent Félix Desportes le premier maire de Montmartre.


Ce fils de négociant rouennais a suivi des études de droit et vient d'épouser Victoire Berryer, une riche héritière. Issu de la bourgeoisie favorable à la Révolution, il s'installe à Montmartre qui n'est alors qu'un village proche de Paris, afin de surveiller de près les événements. Trois enfants naissent de cette union ; il fait de la commune de 400 habitants, la marraine de sa dernière fille " Flore-Pierrette de Montmartre", et parvient à assurer l'ordre public dans le village,  malgré les tensions sociales.

 Elu maire de Montmartre en 1790, il assume son mandat municipal pendant deux ans. Critiqué par les révolutionnaires les plus enragés pour la petite histoire, à cause de son  aventure extra conjugale avec l'Abesse Marie-Louise de Montmorency-Laval, il prend appui de ses amis jacobins et accepte des missions diplomatiques en Suisse et en Allemangne. Récusé par les jacobins, il échappe de peu à la guillottine pendant la Terreur grâce à la bienveillance de son geôlier auquel il avait rendu antérieurement service.
1794  "9 Thermidor An II"  : libéré, il est de nouveau envoyé comme diplomate, sous le Directoire pour négocier de nouveaux traités d'alliance avec la Bavière et la Sardaigne contre l'Autriche. L'ébauche de la cession par la Sardaigne de la Savoie et de Nice à la France sera ratifiée  par le traité de Plombières signé en 1858 par
 Napoléon III


1799- 1804 il se met au service du premier consul Napoléon Bonaparte et choisit les hommes qui serviront l'administration du Consulat et reste dans le cercle rapprochés de Lucien Bonaparte frère de Bonaparte, ministre de l'intérieur. Nommé baron d'Empire, il participe à la défense de Paris en mars 1814. Son amitié pour Napoléon lui vaut l'inimitié des partisans de Louis XVIII. Il s'exile un moment.


Resté partisan de la cause bonapartiste, il termine sa vie à Paris  et meurt rue Lafitte (1849). Félix Desportes repose au cimetière du Calvaire à Montmartre, commune dont il a été le premier maire.



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A "l'Ambassade de Savoie" règne depuis lors un climat bien peu protocolaire :  la chère  y  est bonne, et les murs rappellent la présence de Maurice Utrillo qui l'a immortalisé sur une toile.
Maurcie Utrillo seul natif de Montmartre parmi ses amis les peintres...



Né de père inconnu (on chuchotte le nom de Toulouse Lautrec), rue du Poteau au pied de la butte sa mère n'est autre que Suzanne Valadon...

C'est  Miguel Utrillo, l'amant catalan de la "femme libre" qui décide de reconnaître ce "fils" doté de dispositions précoces pour le maniement des pinceaux et de lui concéder son patronyme.
Suzanne Valadon confie l'éducation de son fils à Degas qui les enseigne quelques rudiments des Beaux Arts. Commence pour le jeune Maurice une vie partagée entre la palette et l'alcool, entre l'amitié et le désespoir, double sceau d'une certaine "génération perdue" qui a laissé des traces.

Utrillo, fils du peuple, enfant du village, élevé,  "perdu" et retrouvé à Montmartre ...




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A l'angle de la rue Poulbot, le" Tire Bouchon" de Montmartre (à ne pas confondre avec son homonyme du quartier du Sentier)
 dirigé par les duettistes Valbert et Karembrun, était dans les années soixante l'endroit où venaient terminer la soirée les artistes "rive-gauche" des années 1960, là où Brassens, Brel et Mouloudji firent leurs débuts.



Photo 6707

A la mort de Valbert au milieu des années 1970,  le cabaret est vendu
et transformé en crêperie.



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Une flèche indique la direction d'un espace entièrement dédié à Dali et à ses sculptures, au fond de la rue Poulbot.



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L'ancien et le moderne cohabitent et se fondent désormais

Ici une petite porte s'ouvre toute grande. Aux étages les fenêtres s'éclairent une à une et s'éteignent l'une après l'autre.. La gouaille des propos, quelques souffles de vie authentique  parviennent toujours à percer le voile de perfection  et de rentabilité que l'époque contemporaine impose.

 Un artiste de la place du Tertre cramponné à son téléphone portable, raconte sa vie : la soirée n'a pas été fructueuse. Des fragments de désarroi s'échappent de la silhouette et résonnent sur les pavés. Je redescends de mon nuage....


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Impasse du Tertre qui ne mène nul part. Les Poulbots  dorment depuis longtemps, et on se prend  à déplorer l'étalage industriel des reproductions de peintures à la chaîne et autres artefacts, "made in China", qui font retentir de concert les caisses enregistreuses.


Photo 6712
Mais il gèle en ce soir de janvier et Montmartre, boudé  par les touristes, est à nous.






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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 14:13




La nuit est revenue sur Montmartre. Le paysage s'allume, d'abord en veilleuse...


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Juchée à l'angle de l'ancienne "Place des Fêtes","Le Fournil",  unique boulangerie du vieux village fait face aux grilles de la Folie Sandrin.

 La rue Norvins  poursuit son lit sous le tracé lumineux des étoiles.

Des silhouettes de notoriété planétaire s'annoncent en perspective.. presque humblement. Le quartier inhabituellement désert est tout à nous. Les touristes n'ont pas osé risquer le froid ce soir



Photo 6694

La rue Norvins croise la rue des Saules. L'intersection de trois rues décrit le point stratégique des rencontres : Deux cabarets  se font vis à vis : Le "Consulat" et "La Bonne Franquette". Ces deux ténors de la ripaille doivent leur célèbrités aux temps héroïques, où leurs cimaises recevaient les honneurs des peintres qui se retrouvaient dans leurs murs.

Photo 6695

La Bonne Franquette fait l'angle de la rue des Saules et de la rue Saint Rustique. Elle était autrefois désignée par l'enseigne "Aux Billards en Bois".

  Les abords sont aguicheurs à souhait,  mais ne laissent rien paraître du décor intérieur  tapissé de motifs représentant toutes les régions vinicoles françaises, ni d'un certain jardin dans le prolongement de la salle...





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Tous les soirs depuis lors,  des "dîners-concerts" animés par des chanteurs et autres accordéonistes sont censés poursuivre une tradition locale, pour le plaisir  de touristes en mal d'exotisme.


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  Tous les convives présents en ce lieu sont invités à
"Aimer, manger, boire et chanter"




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Rue Sainte Rustique,  un filet de lumière entre agapes et piété rédemptrice,
entre hier et il était une fois



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Rue Saint Rustique...et plus loin, une rue Saint Eleuthère...
 Une voie  étroite et montante,  qui évoque sans doute à l' insu de son plein gré, la pesanteur sacrificielle endurée par Saint-Denis accompagné de Rustique et Eleuthère.





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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 20:58





Hier soir, c'était la fantaisie d'une balustrade  d'un balcon 


Photo 6678

l'illumination de fenêtres, l'invitation d'une porte.


Puis, le jour est revenu...

Photo 6809

A l'intersection de plusieurs chemins (avenue Jounot, rue d'Orchamp, rue Norvins),  des ateliers d'artiste se regroupent d'un côté : c'est la Cité Internationale des Arts. Arrive ensuite un décrochement  qui forme un belvédère, et  nous précipite sur un vaste panorama devant lequel se découpe la silhouette d'une plaque de rue  : l'occasion nous est offerte
 de voir resurgir en un clin d'oeil, des souvenirs littéraires privilégiés.





Photo 6808

En cette fin d'après midi, un silence surnaturel  laisse filtrer des chuchotements que j'attribue au vent, et nos pas effleurant les pavées flottent dans une apesanteur irréelle...une atmosphère que Marcel Aymé, qui a longtemps élu domicile dans la rue,
 a sans doute bien connue



Photo 6810

A peine avons nous atteint  la côte ardue de la rue Norvins que nous voici happés contre un mur.



" Il y avait à Montmartre un excellent homme nommé Dutilleul qui possedait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé"
(Le Passe Muraille" - Marcel Aymé - 1943)


  Dutilleul, un fonctionnaire médiocre vit une existence sans éclat, rythmée par  la médiocrité bien réglée d'un monde moderne.
 Un jour, par hasard, il se découvre un talent extraordinaire. Il en joue,  et réserve à son entourage des tours pendables.
L’amour perd cependant notre héros qui reste piégé à l’intérieur d’une muraille au sortir d’une nuit passionnée....


Il a plu à Jean Marais, habitant du quartier de le surprendre en plein "délit" (1989)


 « Certains nuits d’hiver,dans la solitude sonore de la rue Norvins » seul les accords de guitare joué par le peintre Gen Paul, « pénètrent au cœur de la pierre comme des gouttes de lune »…..





Photo 7010

Nous retrouvons avec une émotion  presque aussi intense, le visage hexagonal du premier château d'eau de Montmartre


Photo 7008

Et en face, au numéro 113 de l'ancienne rue Trainée (devenue 22 rue Norvins) apparaît, précédée d'un jardin, une propriété  néo-classique du XVIII siècle . Connue sous le nom de "Folie Cendrin" ou (Folie Sandrin) à cause de son premier propriétaire, cette maison d'agrément rachetée par un marchand de vin, devient ensuite la première maison psychiatrique du Docteur Esprit Blanche.

Nerval qui jouissait d'une chambre avec vue sur la rue, y raconte ses "séjours occasionnels".





Photo 6814

Partis de rien ou presque, au hasard d'une modeste intersection sur la rue Lepic occultée par l'ombre des ailes du "Radet", nous voici engagés dans une voie toute pavée qui nous accompagne sur une distance dont nous n'avions pas suspecté l'impact.

 

Photo 6813

 

La rue Norvins nous a élevés comme par enchantement  vers des sommets, le "saint du saint" niché à cent trente mètres, Une surprise que  ses abords premiers,  extraordinairement calmes, ne nous  avaient pas laissés présager.




Photo 6811

La petite impasse qui ne mène nul part recèle de joyeux gremlins dans ses replis discrets
Comme par enchantement, nous venons d'atteindre les confins de la Place du Tertre.





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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:43






Les quatre saisons de l'année ont chacune leur raison d'être.

Bouledogue français bringé


L'hiver délimite une période dédiée au repos, au souvenir des temps bénis et ... à l'anticipation du renouveau

Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d'amour

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur


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  • : Mes promenades avec Pistol, bouledogue français ; sa vie, ses amis chats, chiens, vaches et chevaux. Balades insolites dans Paris et ses environs. Nos voyages, nos lectures, nos loisirs.
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Un éloge !

Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

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