Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 12:03





Habitant alors le quartier, j'avais surpris la rue Cauchois qui embrasse le café du coin, tristement  barrée et envahie d' inquiétantes machines, sous les feux de projecteurs. C'était l'heure de la promenade vespérale de Pistol, encore tout jeune chiot...


Notre lieu de rencontres habituel toutes lumières éteintes et portes closes, semblait avoir été pris d'assaut par une bande d' imposteurs acrobates. Je voyais cette intrusion d'un mauvais oeil...



"Le Café des Deux Moulins" (en référence aux deux seuls moulins survivants de Montmartre : le Moulin rouge mais aussi le Moulin de la Galette perché un peu plus haut) a vu évoluer cette héroïne aussi tendre qu'espiègle que nous connaissons bien.


Le jardin d'Amélie grimpe en continu vers une quête presque spirituelle d'amour universel et partagé.



Portes de guingois comme des clin d'oeil, fenêtres ouvertes sur la vie,  silhouette compassée d'une vierge



Bien plus qu'un lieu touristique, Montmartre qui  respire trois-cent-soixante-cinq-jours par an,  reste sous le charme.


Des grilles et une embrasure ornée d'arabesque rappellent des souvenirs "que les moins de vingt-ans ne peuvent pas connaître".

Autant de "boites à trésors" retrouvées et transmises dans lesquelles de nouvelles vies se succèdent au fil du temps.





Raffinement d'autrefois, magie des souvenirs retrouvés parmi les odeurs







Ancienne boucherie reconvertie en épicerie fine, on y fouine, on y converse, on y fait des trouvailles... et des retrouvailles. Le patron me déconseille le Picolo de Montmartre qu'il tient pour une piquette peu recommandable, majoritairement recherchée par les amateurs de pittoresque. En revanche, il me propose une petite bouteille d'absinthe (peut-être édulcoré, mais de nouveau autorisé sur le marché) accompagnée de ses accessoires, dont la petite cuillère trouée en son milieu


La rue Véron, une voie étroite parmi tant d'autres au village : elle prend à angle droit de la rue Lepic, et offre une percée directe sur l'église Saint Jean de Montmartre au pied de laquelle elle arrête son parcours. Elle suit de très près le tracé parallèle de la rue des Abbesses.
Salon de coiffure,  bar à vins et  petites boutiques  en enfilade d'un côté, de l'autre une succession d'immeubles de taille humaine, aux pas de porte modestes et tranquilles.




Le rue Lepic s'éloigne radicalement de la rue des Abbesses qui prend naissance à l'intersection et se termine à la gare du funiculaire. Moins "villageoise" et plus policée à mesure qu'elle s'élève, le rue Lepic poursuit son escalade en boucle  et permet d'atteindre rapidement (à pied, en vélo, où en voiture) la Place du Tertre.

A sa gauche, la rue Joseph de Maistre mène tout droit à l'enceinte du cimetière du village de Montmartre. Et là, l'histoire nous rattrape encore...








Repost 0
5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 12:08



Vous êtes invités à découvrir les trouvailles de notre fidèle amie Balladine le long des trottoirs de Paris et sur des routes qui mènent ailleurs, dans les contrées les plus lointaines et les plus colorées. On y partage parfois des aventures authentiques et sportives.








link







Repost 0
Published by Armide - dans Evénements
commenter cet article
4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 20:47




Partis du n°1 place Blanche, nous avons suivi une rue voisine de la rue Blanche qui nous laissait entrevoir une touche  de verdure.



Promesse tenue. Nous débouchons sur la place d'un village : épicerie,


spécialités savoyardes au coin de la rue : restaurant fermé, nous sommes lundi.


Bar des habitués.  La rue se laisse aller à une douce déclivité, avant de se stabiliser à l'horizontale, et se relève doucement.



Elle enveloppe un square central qui la baigne de ses feuillages à la belle saison.



Et au milieu du square, Berlioz veille sur les jeux enfantins. Il écoute la musique de leurs rires et connaît leurs rêves.


Adolphe Marx (1869-1939) est né à Bruxelles où il a exercé les fonctions de bourgmestre. Lors de la première guerre mondiale, il refuse d'exercer ses fonctions sous la tutelle de l'Allemagne et est emmené en captivité à Goslar en Basse Saxe
(cette ville fondée au X siècle attira les seigneurs germaniques et a été classée en 1992 Patrimoine mondial).
Evadé, il est élu député, et lutte en faveur du suffrage universel et du droit de vote pour les femmes. Il  fait construire le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles et organise l'Exposition Universelle de 1935 sur le plateau du Heysel, où se tiennent toujours expositions et foires internationales.
Paris a tenu à lui rendre hommage en lui dédiant cette place, à proximité immédiate de la rue de Bruxelles





Au n° 9, quelques marches permettent d'atteindre une petite porte discrète que mon père, étudiant ingénieur, franchissait chaque jour pour rejoindre une petite chambre avec vue sur coure. Il était abrité par une "très vieille dame".


Marié et jeune père de famille il était revenu présenter sa famille à sa chère "vieille dame de Babar". Madame L. était souffrante et toute frêle. Elle détestait le bruit, exigeait qu'on chausse les pantoufles dès le seuil de sa porte, mais nous avait accueillis avec une tendre sollicitude. Son divan était habité de poupées de porcelaine et de chiffon. L'une d'elle au regard myosotis portait le nom mystérieux de "Pas-touche". Nous n'aurions jamais pensé enfreindre cette affectueuse consigne.



En bas de l'immeuble, le portail voisin laisse entrevoir d'élégantes propriétés entourées d'arbres. La discrétion est de mise.


A quelques mètres de là, une porte cochère aux cuivres rutilants ne sourit que d'un oeil, au pied d'un immeuble en porte à faux, qui suit péniblement la faible dénivellation de la rue.


Planté à l'un des coins de la place, un immeuble construit à la fin du XIX porte sans doute depuis 1946, gravé en lettres d'or, le logo Gaz de France. Le temps semble
 s' être arrêté.



En face, loggias ornées de guirlandes et  vastes verrières arquées clament un optimisme lié à cette époque de progrès et d'expansion.


Guirlandes fleuries,




Générosité des courbures, douceur des arrondis,


Foi en l'avenir, honneur à l'ingéniosité, confiance dans le progrès


Cette rue, l'une des quatre disposées aux points cardinaux  de la Place Adolphe Max nous précipite devant le complexe cinématographique Ciné PathéClichy. Nous retrouvons le boulevard de Clichy à son embouchure ; il vient de prendre naissance au carrefour, appelé Place de Clichy où se rencontrent les 8è, 9è, 17è et 18è arrondissements, cet endroit névralgique de rencontres et d'affrontements historiques où un monument circulaire a été érigé à la mémoire du maréchal Moncey.  La boucle est bouclée...

Clichy : de jour et de nuit



Le monde n'est  décidément pas si grand qu'on pourrait le croire. La rue  située à l'angle opposé de la Place Adolphe Max nous ramène Place Blanche, directement au pied de la rue Lepic.





Repost 0
3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 16:36







La rue Fontaine prend une tangente discrète entre la rue Blanche qui s'en va rejoindre la Trinité. Elle est courte et chaude et se termine à l'embranchement de la rue Chaptal et de la rue Pigalle. En retrait de Pigalle, elle parait modeste, en demi teinte, mais clame son existence avec éloquence. Tout est dit, ou presque...




Nous sommes bien à la lisière de  Pigalle la Rouge, à dix minutes à pied de la gare Saint Lazare.


Le cosmopolitisme des deux pôles de la rue Blanche, se retrouve ici intimement enlacé, visages avenants, silhouettes furtives, bourgeoisie du quartier chargée de sacs marqués du sceau du Monoprix du coin de la rue,


immeubles résidentiels de bon aloi, cabinet médical, et présence toute proche du théâtre Fontaine ouvert en 1951 par jean Richard : Raymond Souplex, Roger Pierre et Jean Marc Thibaut.
Aujourd'hui, la compagnie Colette Roumanoff (mère d'Anne Roumanoff) s'y produit : on y joue du Molière et des spectacles pour enfants


Mines préoccupés, clins d'oeil en coulisse, regards ébahis, ombres et lumières,


Sommes-nous ici ou bien ailleurs ? La rue Fontaine ajoute aux paillettes quelque chose de plus...


Breton, le père du Surréalisme habitait bien là. Y a-t-il trouvé "l'or du temps".
Toulouse Lautrec, Degas Camille Pissarro avaient apprécié en leur temps, le calme relatif offert par cette petite rue un peu en retrait des festivités pour y installer leurs pénates.

 


L'eau, le coeur, le sang, le feu...



Les transitions s'opèrent sans ménagement entre paillettes illusoires  et  simplicité presque rustique,



Nous revenons sur nos pas. A notre grande surprise, le Moulin Rouge est toujours là





Repost 0
1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 12:34





Nous ne sommes pas abonnés à Canal +.
 Nous sommes simplement revenus faire un tour à Pigalle, illuminée et multiple, pour échapper à la monotonie d'une soirée télé.


La nuit est ouverte : Pigalle s'est allumée et défile entre les lisères de Barbès et la Place de Clichy


onirique et réelle,


sensuelle et dangereuse.


Quelques visiteurs candides ont bien quelques idées préconçues, mais sont curieux de faire des découvertes




Les chats de la  fortune, bonne ou mauvaise, attendent au coin de la rue


Fêtards, simples touristes, hommes d'affaires, proxénètes, patrons de boites...Trafics, rivalités, règlements de compte, lutte de territoires : une atmosphère souterraine, parfois à feu et à sang.


 Pigalle occulte ses noirceurs sous les néons, les rêve et le rire. Aucun commerce ne pourrait survivre sous la lumière  crue d'une réalité trop abrupte. Alors, on modère ses pulsions...
A Pigalle, on trouve aussi la bonne chair, le vin, la fête, le rire. Au "Théâtre de Dix Heures", un représentation commence tous les soirs à vingt-deux heures.


Les vitrines animées du " Sexodrome" parviennent à rompre la monotonie bariolée et fluorescente des officines de colifichets érotiques et  celles des marchands de fantasmes. On se laisse dire qu'il est le plus grand palais du sexe en Europe



Des commerces comme les autres. Les produits sont présentés, soigneusement étiquetés.


L'esprit subsiste parmi les plaisirs de la chair. Des calembours fleurissent en lettres de couleurs


La solitude côtoie de près la convivialité, et la détresse l'aisance.La grande piété rachète les gros pêchés.


Théâtres des illusions, Dès les premiers abords, les sens se confondent



Discrètement, la réalité quotidienne, plus banale reprend ses droits. Elle marque  une limite discrète au pléthorique.



La Moulin Rouge semble un gentil château qu'un marchand de sable a édifié, en un clin d'oeil.





Repost 0
28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 01:25




Sans même le réaliser, nous venons d'arriver Place Pigalle. Nos regards flottent au gré de l'effervescence de la vie, sous toutes ses facettes. Une succession de bruits et d'éloquents silences ponctuent  autant  d'éléments disparates unis les uns aux autres par le hasard de la proximité


Le coeur de Pigalle !

 Et là, surprise, rien de bien particulier. Une abondante fontaine trône au centre de la place et signale un vaste sens giratoire parcouru par les bus, autos et vélos à moteur.
Tout autour, quelques restaurants plus ou moins exotiques, des boites de nuit qui ne dorment que d'un oeil. Les grands shows érotiques font relâche.
Parfois le spectacle d'une descente de police, ou la course poursuite d'une voiture volée apporte un semblant d'animation qui nous tient quelques minutes en haleine, comme au cinéma.

C'est ici que prend le départ le Montmartobus électrique : il  assure une desserte bien commode de la Place Pigalle à la Mairie du XVIII et retour.

 Mes amis américains l' ont préféré au "Petit Train  Touristique de  Montmartre" (dont les tarifs sont étudiés pour les touristes) :  en échange d'un simple ticket de métro, Le "Montmartrobus" nous emmène par le chemin des écoliers dans les ruelles bien connues de la butte qui grimpent à 45 degrés et dont les tracés, parfois fantaisistes et souvent surprenants, nous permettent de découvrir, parfois au prix d'émotions fortes,  le coeur du village.

 Mes amis ont déclaré qu'ils ignoraient complètement qu'il existait un "roller coaster" à Montmartre...




Le boulevard  de Clichy va devenir Boulevard Barbès. Le Sacré Coeur parait plus proche qu'il ne l'est  encore...


La rue des Martyrs s'annonce. Elle marque le début du village de Montmartre proprement dit et raconte son histoire. Nous y reviendrons...



Sur l'allée centrale du boulevard de Clichy, récemment transformée en promenade ombragée sous le patronyme de George Ulmer, des artistes de la rue exposent leurs ouvres pour une durée limitée.



La production est éloquente, les badauds s'interrogent  et marquent un arrêt.


Nul ne semble être parvenu à museler la porte d'un ancien bistrot toujours clameuse de nouvelles


Un charmant passage calme et  verdoyant, mais il est privé. Un panneau émaillé posté sur la grille d'entrée hermétiquement fermée informe discrètement le visiteur qu'il convient d'entrer par le boulevard Barbès.


Rien ne nous étonne plus. Une  maison à colombages qui ne compte qu'un étage et une sous pente, nous attire par l'hétéroclysme de son apparence. Nous espérons une bénédiction au passage.




Le Lycée Jacques Decour ouvre de jeunes esprits aux  secrets des sciences et du commerce. L'établissement scolaire a été rebaptisé à la Libération en hommage à Daniel Decourtemanche écrivain et résistant mort sous les balles nazis parmi ceux du Fort du Mont Valérien


L'Elysées Montmartre, construit en 1809,  est une salle de bal, la première à lancer le phénomène des "revues", avant les Folies Bergère, le Bataclan et...le Moulin Rouge L'établissement se compose à l'époque de trois bâtiments et d'un jardin. Les couches populaires s'y retrouvent et découvrent une nouvelle danse "la quadrille naturaliste" qui devient French Cancan.
La salle attire les danseurs célèbres de la Belle Epoque, tels La Goulue et Valentin le Désossé, et inspire Toulouse Lautrec. Elle accueille la centième représentation de "L'Assommoir " d'Emile Zola


En 1894, le jardin est réquisitionné pour permettre la construction du nouveau café concert "Le Trianon". L'architecte Edouard Niermans réutilise la charpente métallique récupérée du Pavillon Français, bâti pour l'Exposition Universelle de 1889 La salle de bal est divisée en deux : d'un côté, la chanson, les revues, les chansonniers, de l'autre, la danse et le patinage.

 La salle, très "modern style" parée de mezzanine de bois et ornementée d'angelots rococos accueille la centième de . Elle est classée "monument historique" depuis 1988

L'Elysées Montmartre abrite le club révolutionnaire de la Commune,  bien avant d'offrir refuge en mai 1968 à Jean-Louis Barreau qui montait sur une musique de Michel Polnareff  son spectacle "Rabelais"

Des matches de catch (commentés par Roger Couderc) s'y disputent dans les années 1950, tandis que  des soirées streep tease sont présentées.

Depuis les années 1990,  des groupes de musique, reggae et de rock, s'y succèdent.

Et tous les quinze jours, le Grand Orchestre de l'Elysée Montmartre organise un bal populaire, rendant ainsi à l'établissement sa vocation originelle.



 Verrière centrale, arcs en plein cintre, hautes fenêtres arrondies, balustrades élégantes, style néo romain
  "Le Trianon" qui battit son plein à la Belle Epoque présente aujourd'hui un visage...de lendemains de fête




Construit en 1895, à l'emplacement du jardin de l'Elysée Montmartre, le  Trianon Concert a vu les débuts de Mistinguett

 Ravagé en 1900 par le même incendie qui détruisit son voisin, l'Elysée Montmartre  changea successivement de noms.

Dans les années 1930, le Trianon se transforme en une salle de cinéma populaire avant de fermer ses portes en 1992.

La salle se prête aujourd'hui à des spectacles polyvalents : courts métrages, musique classique, chansons




Nous nous trouvons brutalement happés par un tourbillon de couleurs : les citoyens du monde débarquent à flots continus de la station de métro Anvers. Le Marché Saint Pierre est très proche. La rue de Steinkerque nous y mène tout droit. Flanquée de chaque côté d'une succession de  magasins de souvenirs, elle n' offre qu'un espace restreint où se massent  une population multiculturelle, bigarrée et fébrile. On est ébloui, on se sent un peu ivres

Nous sommes bel et bien au pied du sacré coeur, annoncé par un  manège, celui d'Amélie Poulain.







Repost 0
24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 01:35


"Je viens d'entendre une chanson
Entre Pigalle et Blanche
Mais il se peut qu'ce soit aussi
Entre Blanche et Clichy"

 (Patachou)



"White la peur qui vous rassure
White le boulevard sous la bavure
White la morale et le nombre
Pigalle devient blanche quand les bronzés sont à l'ombre
Back vers la lumière dorée
Back vers l'épaisseur des forêts
Back très loin de Babylone
Je veux repartir vers les tambours qui bastonnent"

 

(Bernard Lavilliers)




La proximité des gares du Nord et de l'Est propice aux affaires, l 'enfilade des théâtres et cabarets  concentrés le long des grands boulevards ont du favoriser la construction de ces immeubles cossus. L'une des première lignes de métro (la ligne n°2 en l'occurrence, qui relie l'Etoile à la Nation, desservait  en priorité ces  quartiers où on aimait se divertir).


Les ateliers d'artistes étaient toujours orientés au nord pour permettre aux  peintres de Montmartre de bénéficier d'une luminosité optimale.
On se prend à douter que ces lofts soient encore aujourd'hui habités par des artistes ; les spéculations immobilières les en ayant progressivement chassés au profit des tout nouveaux "Bobos".



Les riverains ont longtemps milité pour que l'allée centrale du boulevard de Clichy, longtemps affectée au parking de voitures et d'autocars touristiques soit réaménagée. Le maire de Paris a répondu favorablement à cette requête, et l'allée parée d'arbres, est devenue une aire de promenade très appréciée. Les boulistes disposent même d'espaces aménagés.


Les ateliers se suivent et sur le trottoir opposé, côté soleil, les immeubles 1880 leur font face.


avec parfois des échappées inattendues et bienvenues


Le "Passage sur Midi",


Villas et bains douches


La "villa des Platanes" construite en style néo-renaissance,




De but en blanc, le commerce du sexe, parmi d' autres...



Il existait déjà en 1890, sous l'aspect d'une modeste chaumières sous le nom de "Cabaret des Arts".


 En 1925 il est rebaptisé "Théâtre de Dix heures", à la suite d'une boutade de Georges Courteline (un personnage déclare : "je vous dis que l'homme qui fondera un théâtre de dix heures, confortable, élégant, et où on ne jouera que des pièce gaies - car les heures ont leurs exigences - gagnera une fortune par la force des choses - par le seul fait qu'il étanchera une soif" ("Les linottes")).
Ferréol le prend au mot et lui assure un succès programmé.


Jusque dans les années 1960, les chansonniers s'y produisent se moquant des personnalités de l'époque et profitent, pendant les hostilités des années 1940, de la connaissance limitée de la langue française par l'occupant, pour tourner l'ennemi en ridicule. Depuis lors, on y rit toujours beaucoup...Jean Amadou, Henri Tisot et Therry Le Huron s'y produisirent...

La tradition de la bonne humeur est entretenue aujourd'hui avec les passages d'Elie et Dieudonné, Franck Dubosc. Muriel Robin est la marraine de cet établissement qui ne compte que 140 fauteuils rouges,  où les comédiens et leur public se trouvent  étroitement rassemblés.

 En 2007, les droits du petit Théâtre sont rachetés par "Juste pour Rire" une "marque "issue du Festival du même nom crée en 1983 à Montréal, dans le Québec par Gilbert Rozon. impresario de Charles Trenet et producteur de nombreux comiques actuels Les Festival Juste Pour Rire, dont le démarrage a été difficile, a depuis lors pris son essor et atteint une renommée internationale. Il se tient annuellement à Montréal, Chicago, Toronto, Nantes et Paris.


En 1998, Gibert Rozon doit faire face à des démêlées avec la Justice pour agression sexuelle sur mineures ; il cède la place à Alain Cousineau à la tête de ce Festival, mais demeure à la tête du groupe.

 


Brel, Gainsbourg, Brassens, Vian y ont fait leurs débuts. Pendant plus de quarante ans le théâtre fut laissé à l'abandon.



Récemment, Charles Azenavour et Pierre Perret se sont adressés au maire du XVIIIè arrondissement et lui ont demandé de rouvrir cette salle (fermée en 1967 et rachetée par la Ville de Paris qui l'avait transformée en centre culturel).  Depuis 2001 "Les trois Baudets" dont la façade "Art Déco" a été rénovée, a retrouvé sa vocation première : la découverte de nouveaux talents de la chanson francophone et la présentation de spectacles d'avant garde.

 L'idée première qui a motivé sa remise en fonction consistait à favoriser l'éclosion de jeunes talents de la  la chanson française trop figée dans une image passéiste.



En face, bordant l'angle du trottoir opposé de la rue Coustou, le cabaret "Le Chat noir"

"Je cherche fortune
Autour du chat noir
Au clair de la lune
A Montmartre
Je cherche fortune
Autour du chat noir
Au clair de la lune
A Montmartre le soir
"
(Aristide Bruant)



Né à Courtnay  (dans le Loiret) en 1851 d'une famille bourgeoise, Aristide Bruant mène une scolarité studieuse. Malheureusement, son père alcoolique notoire ayant fait mauvaise fortune, la famille se réfugie à Paris et doit fréquemment déménager pour échapper aux créanciers. Aristide doit rapidement renoncer aux études et se fait engager comme franc tireur à la faveur de la guerre de 1870, avant de vaquer à différents petits boulots : employé chez un avoué, dans les arrières boutiques de bijoutiers, à la compagnie des chemins de fer du nord. Il se réfugie dans les cafés douteux où se rassemblent les malheureux et commence à se prendre de passion pour l'argot. Il compose des chansons reflétant la révolte des désespérés contre les fils à Papa et se produit dans des guinguettes où il est apprécie avant de finir  par obtenir ses entrées au Chat Noir où Salis, le fondateur de l'établissement, accepte ses tours de chants mais ne lui octroie que le droit d'y vendre ses "petits formats" (BD en noir et blanc de format poche).

Son franc parler, la brutalité de ses expressions, l'imagerie éloquente de ses chansons lui valent renommé. Toulouse Lautrec le "croque". Le succès de "Nini peau de chien" et autres "Totolaripette" lui valent bientôt une situation financière suffisamment confortable pour qu'il puisse racheter un château, à Courtnay, sa ville natale.



Le Chat noir fut institué par Rodolphe Salis.


Fils d'un limonadier de Chatellerault. Il monte à Paris, s'installe au quartier latin et où il peint en série des sujets de piété dont il vit péniblement. Convaincu qu'il peut allier Art de Débit de boisson, il ouvre en 1881son premier établissement au n° 84 de l'avenue de Clichy, à l'emplacement d'un ancien bureau de poste, qu'il nomme en souvenir d'un chat noir  trouvé sur le trottoir. Quelques années plus tard, gêné par la présence agitée de voyous dans les environs, il déménage  rue Victor Massé, une voie située dans un voisinage proche, dans le neuvième arrondissement.

Au lendemains des événements de 1870, de nombreux cercles littéraires  fleurissent au quartier latin. Les "Hydropathes" (ou "allergiques à l'eau) créé par Emile Goudeau déménage du 6è arrondissement pour prendre leur quartier général au "Chat Noir"

'Hydropathes, chantons en choeur,
La noble chanson des liqueurs"
(Charles Cros)



Pour s'opposer à un projet immobilier dans les années 1920, Francisque Poulbot et son amis architecte, Romain de Lahalle décident de créer en lieu et place, une aire de jeux pour enfants qu'ils baptisent "Square de la Liberté". L'idée fait son chemin et le lieu est retenu pour la plantation de deux milles plans de vignes.

 Les premières vendanges du "Clos de Montmartre" situé entre la rue des Saules, Saint Vincent et le "Lapin Agile", ont lieu en 1934 en présence d'Albert Lebrun président de la République et sous le parrainage de Mistinguette et de Fernandel. Les vendanges de Montmartre renouent avec une tradition initiée par les Romains présents en leur temps sur la colline de Montmartre, et reprise par les Dames de l'Abbaye de Montmartre qui n'acceptent de laisser leur terres en fermages qu'à condition qu'on y plante des vignes dont elles perçoivent des droits de pressoirs.

Les vins s'appelaient "Goutte d'Or, la "Sacalie" et la "Sauvageonne" avant d'être regroupés sous le label " Le Picolo" de Montmartre.

Le raisin est pressé dans les caves de la mairie du XVIII. Mais la qualité du breuvage s'est considérablement dégradé depuis le XVIII è siècle. Concurrence d'autres vignobles, poussée démographique, exploitation des carrières ont nui gravement à la qualité de la production vinicole montmartoise qui ne se résume plus qu'à un prétexte pour se souvenir et  se réjouir.




Aujourd'hui, la fête des vendanges, inconnue des touristes, célèbre les retrouvailles des habitants d'un village, celui du Montmartre Libre, des Compagnons de Montmartre et des confréries vineuses.  Les artisans de bouche de toutes les régions de France sont invités à participer à cette grande fête annuelle.


Mais déjà la nuit s'annonce et va éclairer les parties visiblement évidentes de Pigalle








Repost 0
22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 20:06


Un message nous est tombé du ciel :





Un grand merci pour ce témoignage d'amitié à


Voyellelink et
Mamounette link

Ces deux blogonautes nous ont seulement chargés de transmettre cette distinction à sept  blogs parmi nos préférés. Faire un choix ? Voilà une gageure, impossible à relever..

Alors, nous avons décidé de vous l'offrir, à  vous, qui passez nous rendre visite



La deuxième tâche liée à l'obtention de cette distinction consiste à  consigner soigneusement sept citations, répliques, ou pensées qui nous tiennent à coeur. Les voici, les voilou :

1 - "Un chien, un chat, c'est un coeur avec du poil autour"
(Brigitte Bardot)

2 -  "Le chien fut créé juste pour les enfants : c'est le dieu de la fête"
(Henri Ward beecher)

3 - "Je voudrais connaître la musique dont la queue de mon chien bat la mesure"
(
Yvan Audouard)

4 - " La ville est l'aliment préféré des chiens" (Daniel Pennac : "Le fée Carabine")

5 - " L'homme ne promène pas son chien, c'est lui qui est promené par son chien" (Michel Tournier)

6 - "Paris est la ville où les caniveaux sont les plus propres du monde parce que les chiens les respectent" (Alain Schiffres : "Les parisiens")

7 - "Hier j'étais un chien. Aujourd'hui, je suis un chien. Demain, je serai probablement un chien. Bon sang ! Il est vraiment difficile d'obtenir de l'avancement" (Charles Monroe Schultz - B.D. "Snoopy")






Repost 0
Published by Armide - dans Evénements
commenter cet article
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 16:11





  Une longue journée se termine dans l'harmonie et le confort partagé.

Nous sommes maintenant trois (plus Elle et les autres ...)
 Il en sera ainsi, chaque soir désormais

La veillée commence...


Il y a Zelda, Princesse de Saba : "j'occupe mon poste sans nulle intention de céder quoi que ce soit de mes prérogatives".



Pistol, le Maître de Céans ; il est entier concentré sur la résolution d' une affaire d'importance, un peu récalcitrante, et n'est pas disponible actuellement.



Et voici devant : Tino .
Le voyageur sans bagage a estimé que le gîte était moelleux, l'ordinaire très acceptable (un petit goût de peu, sans doute ...)
Il a décidé de se poser sur le fauteuil de plus confortable de la maison et d' y prendre racine.

 Celui-ci ayant démontré des dons artistiques hors pair pour le chant, un parfait savoir-vivre, d'étonnantes dispositions pour la dégustation de repas,  une stricte obéissance aux règles simples et concises du Sieur Pistol et une égale acceptation du protocole de bienséance à observer en présence de la Princesse Zelda de Saba, le Conseil Supérieur des Pistoliens, après  délibérations en assemblée extraordinaire, a donné un avis favorable à l'installation de Tino du Pont de Bondy (alias "Tino-Tout-Court") au sein de la Tribu.



La décision ayant été prise en délibéré, et la motion  adoptée,
 rentrons nous coucher !








Repost 0
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 20:13





De jour comme de nuit, certains palais gardent leurs phares grand-allumés



Tout feu tout flamme. Les rideaux occultent à peine des antres mystérieuses où miroirs aux alouettes vous confondent sous les lueurs tamisées


La rue Lepic où flottent  des odeurs de marché,  grimpe, et touche du coude le rue des Abbesses avant de terminer sa course place du Tertre.


Pour le moment, nous nous cantonnons dans "le bas-Montmartre" et arpentons le boulevard de Clichy, dans un sens, puis dans l'autre. "Paris-by-night" prépare dans la discrétion son grand show quotidien à la lueur du crépuscule.


De jour, le cabaret des "Deux Anes"  parait, dans l'enfilade du Moulin Rouge, presque occulté. Et pourtant, ils cohabitent en bonne compagnie et se complètent... L'un comble  les sens visuels et auditifs, l'autre  chatouille l'esprit.



L'auberge du "Sanglier bleu" offre les attraits de la cuisine traditionnelle à proximité immédiate.

"Pigalle la Blanche" : Un lieu bien troublé dans les années 1940 : proxénètes,  artistes, malfrats et  flics de "la Carlingue" (dont le siège se trouvait au 93 rue Lauriston dans le 16è arrondissement) étaient intimement mêlés ; ces derniers étaient symboliquement représentés par un célèbre duo constitué par l'inspecteur Pierre Bonny et le truand Henri Lafont. A l' époque, le gentil Tino Rossi, chef de bande, connu sous le nom de Tonio exécutait des tours de chants pour les troupes occupantes. Et "Pierrot Le Fou" prit la tête du "gang des Tractions-avant" qui aux lendemains de la guerre pratiquaient braquages et sales coups.

Aujourd'hui encore, gare aux pick-pockets et aux repères de drogue.


Par coïncidence, nous avons levé nos regards vers le ciel : une enseigne émaillée blanc sur bleu, suspendue entre deux pans d'immeubles d'apparence anodine, nous a stoppés net. Nous nous sommes redressés tels deux points d'interrogation avant de déterminer si notre présence serait bien tolérée dans cette voie provinciale, enfouie sous les feuillages. Tolérés, nous le sommes, bien sûr... et même invités à franchir les limites supposées qui laissent  libre accès la Cité des Poètes.



Nous nous prenons à souhaiter que la promenade dure aussi longtemps que possible...Le temps s'arrête ici.



Un  "Jardin d'Hiver" abrite l'Académie des Arts chorégraphiques (où des cours de salsa cubaine sont dispensés tous les jeudis), mais aussi le "Théâtre Ouvert".

Créé en 1971 au Festival d'Avignon par Jean Vilar, le "Théâtre Ouvert", à l'origine une petite troupe itinérante, s'installe en 1976 dans le Jardin d'hiver,  et devient officiellement un  théâtre d'Art et Essai, où comédiens résidents et auteurs  contemporains se découvrent  et se promeuvent mutuellement .

Le Théâtre Ouvert a survécu quelques aléas : exclu en 1979 du Festival d'Avignon, il y reprend sa place grâce au protestations ulcérées de ses adeptes.

Faute de moyen financiers, il manque fermer ses portes en 1987. Mais la Fondation des Amis du Théâtre Ouvert" créée au cours de cette même année, agit et lui permet heureusement d'éviter ce naufrage


Cité Véron : une enfilade de jardins privés mitoyens les uns aux autres. On en oublierait la présence de Paris




 ou presque...


 Le Moulin Rouge nous tourne le dos, tandis que ses ailes viennent de reprendre leur ronde. La nuit arrive imperceptiblement.

 Dans les années 1950 au n° 6 bis de la Cité Véron, Boris Vian s'installait dans un appartement exigü qu'il aménagea lui même, dans les loges du Moulin Rouge. Ses activités de bricoleur lui permirent de surmonter son amertume à la suite des échecs de ses romans "L'Ecume des Jours" et "L' Automne à Pékin".

 En compagnie d'Ursula, épousée en deuxièmes noces,  il y recevait ses amis du jazz et des lettres : Miles Davis, Raymond Queneau, Henri Savador, Ionesco, Siné, sans compter



son voisin, Jacques Prévert.


Le 23 juin 1959, alors qu'il visionnait les premières images de l'adaptation cinématographique de "J'irai cracher sur vos tombes", Boris Vian s'écroule  dans son appartement de la Cité Véron, terrassé par une crise cardiaque.
Les pompes funèbres se sont mis en grève... Ce sont ses amis qui le transportent et l' inhument au cimetière de sa ville natale de Ville d'Avray.


Son épouse Ursula, aujourd'hui âgée de quatre-vingt trois ans, veille plus que jamais au respect de sa mémoire, particulièrement en cette année 2009, au cours de laquelle des commémorations festives, ont été organisées par le Fédération Boris Vian,  à l'occasion du  cinquantenaire de cet incident malheureux, qui nous privera encore longtemps de sa présence. Nous garderons inévitablement en nous son amour de la vie exprimé et retrouvé sous des domaines artistiques aussi multiples que variés.


"Une sortie, c'est une entrée
que l'on prend dans l'autre sens
"

(Boris Vian)






Repost 0

Présentation

  • : Balades avec mon chien
  • Balades avec mon chien
  • : Mes promenades avec Pistol, bouledogue français ; sa vie, ses amis chats, chiens, vaches et chevaux. Balades insolites dans Paris et ses environs. Nos voyages, nos lectures, nos loisirs.
  • Contact

Un éloge !

Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

Rechercher

Récompenses



Archives