Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 01:17




"C'est une Allée des Cygnes
D'où les Cygnes sont absents
Semée d'autres oiseaux
Plantée dans la cité
Livrée à ses échos
Sillonnée de passants
Bordée d'arbres, de péniches
Et de mouettes des vents
C'est une Allée des Cygnes
D'où les cygnes sont absents




Passant plus que fugace
Je songe pas à pas
Au long de l'Allée des Cygnes
D'où les cygnes sont absents
Au Pont Mirabeau si proche
Qu'Apollinaire perpétua"


(Andrée Chédid - "Rythmes" (Gallimard 2003)




L'Allée des Cygnes (ou "Ile des Cygnes") nous mène sur une distance de quelques huit-cents mètres à découvrir trois pont de Paris, tout en goûtant au calme, et à la  fraîcheur offerte par ses deux rangées d'arbres.






Les "Forgerons Rivéteurs" de Gustave Michel, en aval du Pont de Bir-Hakeim donnent la Réplique au "Nautes" dont nous avons fait connaissance en amont ; ils veillent inlassablement à la sauvegarde de ce chef d'oeuvre d'architecture métallique.




Le calme ! Et pourtant, tout autour, Paris s'agite en tous sens ...


L'Allée des Cygnes, anciennement "Digue de Grenelle" à pris le nom d'une île qui se situait dans le VII arrondissement de Paris et a été rattachée au XVIII siècle au Champ de Mars. La digue construite en 1827 était un élément d'un vaste complexe fluvial qui comprenait le port de Grenelle, une gare de marchandise, et l'ancien pont de Grenelle (construit en bois à la même époque)




La Pont  Rouelle : je n'oserais me risquer à expliquer de façon certaine l'origine de son nom. Les rouelles étaient de petites roues pourvues de rayons, (ou rondelles) connues depuis la plus haute antiquité, et par extension, des pendentifs de forme circulaire. On portait une rouelle en signe d'attachement au Dieu Jupiter qui devait nous assurer sa protection...

Ce bel ouvrage "Art Nouveau" ne figure pas toujours sur les plans. Il a porté tour à tour plusieurs noms, "Passerelle de Grenelle", "Pont Rouelle", "Pont SNCF Passy-Grenelle".



Cet entre-deux en maçonnerie relie les deux parties du Pont Rouelle. Le "Grand Bras",  traverse la partie nord de la Seine en un seul arc, tandis que le "Petit Bras"  franchit la partie sud du fleuve en sautillant sur ses trois travées pour s'enfouir ensuite dans les fleurs et les herbes folles sur un bas-côté.



Le pont avait été crée à l'occasion de l'Exposition Universelle, pour permettre la circulation d'une ligne de chemin de fer dont le terminus se situait en Gare du Champ de Mars. Il marquait le ralliement de cette nouvelle ligne à la Petite Ceinture. Aux lendemains de l'Exposition Universelle,  faute de rentabilité, la desserte  fut désormais destinée aux seuls convois de marchandises avant d'être fermée dans les années trente. Déserté des décennies durant, le Pont Rouelle reprit ses activités en 1988 en permettant au RER C la passage de la Seine.




Ces tours groupées plantées sur une esplanade ont grandi dans les années soixante-dix  malgré les cris de protestation qui les ont accueillies. Le "Front de Seine" qui ressemble à un puzzle 3D, abrite immeubles de bureaux et d'habitations.

Le Concept du nouveau quartier de Beaugrenelle consistait à l'époque à offrir aux piétons la possibilité de déambuler à leur guise sur une dalle "promenade" recouverte de céramique, tandis que les sous-sols étaient destinés à la circulation automobile.

L'édifice rouge, était l'Hôtel Nikko avant d'être transformé en Novotel. Son bar panoramique était un lieu de rassemblement des icones des années soixante-dix. La tour de verre et d'acier octogonale aurait été dessinée par l'illustre Salvador Dali.


 

  Et voici "la petite dernière"...



L'ilot flottant entouré de péniches qui nous fait face, n'est autre que la Maison de la Radio. Rêvé par le Général de Gaulle, cet édifice en colimaçon, planté d'une tour de 70 mètres en son milieu,  conçu par l'architecte Henry Bernard vit le jour en 1963. Siège des grandes radios françaises, elle héberge outre des bureaux et des studios d'enregistrement, un musée de la Communication et un auditorium ...où des concerts sont offerts par radio-France le dimanche.
 On dit aussi que cette grande Maison dispose de son propre abri atomique




Au bout du chemin, une rencontre ; silhouette familière : réelle ou effet d'un mirage ?


Pour s'en assurer, afin de constater cette présence, il conviendrait de s'en approcher. Inutile de s'élancer pour traverser le Pont de Grenelle, qui reliant la Maison de la Radio au "Front de Seine", est  sillonné de véhicules "vitesse grand v".




A bien des égards, il est préférable d' emprunter une voie discrétement déviée,  dans le prolongement immédiat de l'Allée des Cygnes et d'admirer les dessous du Pont de Grenelle construit en 1968 à la place d'une ancien pont de bois ouvert au public en 1827 (et dont les arcs de bois avaient déjà été remplacés en 1875 par une charpente métallique en fonte)



 Protégée par deux saules aux branches généreuses, saluée par les touristes à bord de péniches, à moins que ce soit Elle qui voyage à-travers le monde ...



  La voilà pourtant  : sur le pont d'une très discrète allée appréciée des amoureux et des solitaires.

La Statue de la Liberté, oeuvre du scupteur Frédéric-Auguste Bartholdi (né à Colmar) fut offerte en 1886 par la France aux Etats-Unis d'Amérique pour commémorer le Centenaire de la naissance de cette nation et symboliser l'amitié entre les deux pays. La structure intérieure du monument fut conçue par Gustave Eiffel.

Le modèle réduit original nous avait été donné par Les Etats-Unis en 1885.
Erigée en 1898 pour l'Exposition Universelle, elle se tourne vers l'ouest en directement de sa jumelle.


Sur le Pont de l'Ile des Cygnes, "nous sommes les rois du monde !"






Repost 0
24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 13:54






Fichier:Van Buren Street station entrance.jpg




http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Van_Buren_Street_station_entrance.jpg

Station  Van Buren Street, à Chicago

2005 : La France envoie  un morceau de métro parisien en Amérique




Station Bir Hakeim à Paris :  L'Amérique vient de nous rendre la pareille. D'origine Brésilienne, mais vivant à Chicago, July Edgerwood a déposé "la lune" et "le soleil" sur les pignons des verrières de cette station de la ligne 6 qui en 2008, vient de se refaire une beauté.







Août tire à sa fin ; chaleur et sécheresse ont été accablants cet été ; les abords de la Seine se prêtent à la promenade. Le pont de Bir Hakeim assure la liaison d'une rive à l'autre en enjambant le fleuve sur plus de deux cents mètres.


Ce pont métallique à deux étages , était à l'origine la "Passerelle de Passy". Construite en 1978 pour l'Exposition Universelle de 1900, elle ne permettait que la traversée piétonne du fleuve.

En 1902, la ville de Paris  juge cette desserte insuffisante pour relier les deux quartiers très peuplés de Grenelle et de Passy. Et il s'agissait aussi d'assurer la circulation de la toute nouvelle ligne de métro qui devait relier l'Etoile à la Place de la Nation...

1905 : la passerelle est déviée pour permettre la construction d'un viaduc (conçu par Louis Biette,  réalisé par Daydé et Pillé, et décoré par Camille Jean Formigé, celui même qui a laissé son empreinte sur le Viaduc d'Austerlitz : http://pistol-boule-bringe.over-blog.com/article-31114158.html) pour répondre davantage aux exigences de la vie moderne



Le métro va et vient sur la passerelle supérieure, construite en porte à faux. Voitures et promeneurs se partagent la partie inférieure de l'édifice. Et au milieu, roulent les vélos.



"La ligne (de métro) passe en tunnel sous les rues Franklin et Alboni pour sortir à l'air libre en haut des escaliers (...) et franchir ensuite la Seine"


Cet immeuble en arrondi coiffé d'un dôme, encastré en aplomb des rails du métro,  a un charme et une originalité  d'autant plus marquants que depuis les années soixante-dix, il est entré dans le souvenir collectif d'un certain tango : le dernier du genre à Paris






Depuis la station Bir Hakeim dans le XV arrondissement, nous venons de rejoindre le quartier de Passy (XVIè)



L'existence de cette source qui favorisa la naissance du village de Passy est mentionnée en 1650. D'autres sources d'eaux claires se trouvaient à Auteuil. Passy et Auteuil se prêtèrent en leur temps à la pratique du thermalisme. Les eaux se tarirent, même si les sources d'Auteil, bien que moins importantes durèrent jusqu'en 1925



Les rails  poursuivent leur course à l'horizontale de Grenelle à Passy, mais certains dispositifs ont du être imaginés pour permettre à la voie routière d'amorcer sa descente en direction de la rive droite

En ce point précie de la très élégante Avenue du Président Kennedy, les ferrailles se juxtaposent



tandis qu'une passerelle assure aux cyclistes comme aux piétons une jonction entre le Pont de Bir-Hakeim et Passy





Au centre du viaduc, deux corniches se font face. D'un côté, le "Front de Seine" derrière un îlot de verdure émergeant du fleuve

 


De l'autre, " La France Renaissante" réalisée  par le sculpteur danois Wendekinch et
offerte en 1930 par la communauté danoise à Paris



et une vue imprenable sur la Dame d'Acier, sur les  la Seine et ses bateaux



L'arc en maçonnerie  signale le milieu  du Viaduc qui prendra en 1948 le nom de Bir Hakeim, pour honorer la victoire menée par le général français Koening contre l'armée Romel, dans le désert de Lybie.

Des statues monumentales en bas relief ornent le Viaduc de Passy,  figurant de ce côté "La Science" et "Le travail" (façonnées par Jules Coutan), tandis que de l'autre, "L'Electricité" et "le Commerce" ont été représentés par Antoine Injalbert

L'allée de verdure qui s'étire au milieu de l'eau m'attire inexorablement.
  Il me suffit de descendre quelques marches ...





Repost 0
Published by Armide - dans Paris-16) Passy
commenter cet article
21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 14:39



Nous sommes presque partis à la mer...


Gare Montparnasse : départs quotidiens vers nos destinations préférées.


Les va et viens habituels se sont étrangement apaisés ces temps-ci. Nous allons et venons à notre guise, sans stress ni  bousculade.


Des cordages, un mat, une tour octogonale qui contient un ascenseur en vacances. il est censé nous élever à hauteur de cette passerelle qui mène ...


dans un jardin qu'on a fait pousser au dessus des rails du TGV Atlantique. Les grilles évoquent déjà les flots bleus


Il y a toujours moyen de se faufiler par  une porte dérobée, toujours plus amène et plus riche en découvertes que l'entrée solennelle, laquelle débouche du Musée Jean Moulin.



Malgré l'imposante présence de la ville, l' évasion  reprend ses droits.



 

  Sur le pont promenade,  en avant toutes.



Le labyrinthe n'est pas bien méchant. On s'y perd pour rire et on se retrouve bien vite





Calme volé, arraché à l'enclavement des immeubles de verre et d'acier qui s'effacent derrière le rideau vert





Labyrinthe de granit en trompe l'oeil


Couleurs, fraîcheur et senteurs




Montparnasse -Vaugirard. L'allée centrale qui relie les deux terminaux de la gare sépare les deux faces du jardin : côté romantique se prêtant au repos à l'est, aire de jeux à l'ouest.




Cours de tennis, aires de ping-pong, jardins d'enfants, solarium...



Retour . La marée a laissé traces ondulées de ses vagues sur le sol couleur sable. Les mats suggèrent le mouvement des vagues.





Nous abordons l' Ile des Hespérides  sur la grande allée centrale Nord-Sud qui relie les deux parties de la Gare Montparnasse 
Un ensemble de mesures météorologiques : pluviomètre, girouette, anémomètre (qui mesure la vitesse du vent) et un thermomètre géant.



Ce grand miroir orientable capte les rayons du soleil et les reflète dans la fontaine.


Calme et détente sur les rails du TGV : on sent déjà la mer.

Conçu en 1994 par les paysagistes François Brun et Michel Péna, le Jardin de l'Atlantique a été posé, avec mille précautions sur une énorme dalle de béton soutenue par quatorze piliers au dessus du réseau ferré de la Gare Montparnasse.




Dans le hall de la gare, nous attend "La Grande Voile", réalisée en 1991 par le sculpture Manoli (1927-2001)




Repost 0
Published by Armide - dans Montparnasse
commenter cet article
19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 13:12



Discrets, attentifs, amicaux, en alerte ...



Nous avons héroïquement survécu aux rigueurs glacés  de l'hiver de longs mois durant, nous avons scruté avec impatience l'ouverture de chaque bourgeon, surveillé la croissance des premières touffes d'herbe, prié notre maîtresse de tirer sur le cordon du store pour faire descendre le soleil. Et puis l'été est arrivé...

Les rues se sont animées de mille couleurs chaudes ; il y avait de la vie, il y avait de la joie, des sacs, des paquets partout... les terrasses des cafés présentaient leur convivialité expansive, les paroles s'entrecroisaient, coupées de rires, les portes étaient grandes ouvertes, des projets les plus aventureux, les plus improbables fusaient comme autant de feux d'artifice.

Et la fête s'est terminée. On n'a pas su comment. Des cliquetis en cascades ont sécurisé les fermetures de portes tout autour de nous. En bas, coffres et portières ont impérieusement signalé des départs ; les moteurs ont vrombi avec une détermination et un enthousiasme que nous ne leur connaissions pas.

Nous sommes restés avec la Maîtresse. L'immeuble entier est à nous  pour quelques semaines. Nous montons la garde, nous n'en démordons pas et les cambrioleurs s'arrachent les cheveux....

Les rues sont absolument désertes. Nous pénétrons en Quatrième Dimension





Repost 0
15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 17:08




  Cet été encore, "les jardins éphémères" ont repris leurs marques sur le parvis de l'Hôtel de Ville

 

 

 

20080727_173909-copie-1.jpg


Juillet : les sujets des sous-préfets partent aux champs


Les touristes qui  prennent d'assaut la capitale, apprécient ce petit intermède bucolique qui ne figuraient pas dans leurs guides.


Pour les Parisiens restés en souffrance, une pousse de verdure, quelques jaillissements colorés



autant de cadeaux et une échappée modeste, mais précieuse vers la nature


Quelques compositions murales,


de didactiques  échantillonnages.




L'ancienne Place de Grève, (terrain plat composé de graviers ou de sable, en bordure d'un fleuve, la Seine en l'occurrence), retrouve spontanément ses fonctions premières :
Pendant l'été  l'eau jaillit en abondance,  appel traditionnel au voyage.


Les origines de notre Hôtel de Ville remontent à 1357. Une "maison des piliers" se trouvait à son emplacement actuel.

Etienne Marcel, représente les intérêts d'une nouvelle classe de commerçants et d'artisans face à une  crise qui atteint  la féodalité. Il voit  la nécessité de centraliser et d'organiser les affaires administratives dans les villes, en particulier à Paris, qui devient au XIV siècle, la ville la plus peuplée d'Europe.
Il rachète la "maison des Piliers" pour y héberger  les services administratifs.

Au cours du XVI siècle, la maison des Piliers est détruite, et l'architecte Boccador entreprend  sur son emplacement la construction d'un véritable palais.

La Palais entièrement brûlé lors des émeutes de 1870-71 est reconstruit à la fin du XIX siècle  par les architectes Théodore Ballu et Edouard Deperthes
La façade de style renaissance reproduit presqu'à l'identique la façade originale. Elle   rassemble une collection impressionnante de sculptures à l'effigie d' hommes illustres, scientifiques, politiciens, artistes, industriels ayant marqué la ville de Paris


Rue de Rivoli, en face de l'Hôtel de Ville, vient prendre place le  "B.H.V". symbole de la montée en puissance d'une  classe sociale émergeante : la bourgeoisie issue du commerce et de l'industrie.

Repost 0
7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 23:52





 Rue Philippe de Girard une longue voie à cheval sur les dixième et  dix-huitième arrondissements et mène au quartier de "La Chapelle" en suivant le courant de méandres de fer.

 


Philippe de Girard (1775-1845) est un ingénieur-mécanicien français, issu d'une famille de bourgeoisie protestante aisée originaire du Vaucluse.  Collégien enthousiaste, il s'inscrit à l'Université de Montpellier pour y suivre des cours de chimie, tout en ressentant de l'attrait pour des activités artistiques (il réalise le buste de son père). Mais éclate la Révolution : la famille est contrainte de s'expatrier en Suisse, tandis que Philippe et son frère Charles se réfugient à Livourne (Toscane) avant que l'Empire ne permette à  Philippe de regagner Paris et de laisser libre cours à sa créativité scientifique : il commence à  à tirer partie des ressources de la vapeur). Son nom reste associé  à l'invention de la machine à filer le lin.



Les mouvements artistiques du début du vingtième siècle ont imprimé leur sceaux sur ce bâtiment désaffecté, ancien entrepôt SNCF.



Au coin de la rue où ne se risque aucun commerce, et où seules quelques silhouettes se profilent, une caserne de pompiers apparaît sans vie ou presque...





Soleil couchant ou feux follets apparaissent à travers  les lucarnes





Sur la rive opposée, la blancheur d'un salut  qui entoure ce havre insolite au milieu de la ferraille ne rassure pas tout à fait.




Nous avons rebroussé chemin et laissons derrière nous ce paysage fantomatique  pour gagner l'embouchure du flux ferroviaire, un lieu plus palpable que nous abordons avec soulagement



 



Traversé de cette place récemment honorée d'une plaque à la mémoire de Dulcie September, militante anti apartheid en Afrique du Sud, tombée à Paris sous une rafale de coups de fusil.

 

 

 





Dans le hall des attentes, la Gare de l'Est, est coiffée d'une verrière métallique. L'amalgame inextricable de fer confond ciel et terre




Simples  passagers parmi les voyageurs au long cours, nous voici libres de nous  épancher à notre guise sur les passages en arcs "Art Nouveau"

 



de découvrir les moindres recoins,


 


...et d'admirer longuement la rosace du hall Est
et celle du hall Ouest...

La Gare de l'Est, conçue par l'architecte François-Alexandre Duquesney et par l'ingénieur Pierre Cabanel de Sermet est ouverte en 1847 par la Compagnie ferroviaire Paris-Strasbourg. Elle ne comprend alors-que deux quais abritées sous un hall.
Elle est inaugurée en 1850  par Napoléon III sous le nom "d'embarcadère de Strasbourg".
La compagnie de chemin de fer obtient la concession de la ligne Paris-Mulhouse et prend le nom de Compagnie des Chemins de Fer de l'Est : Deux voies supplémentaires, destinées à desservir cette destination prennent place à l'extérieur du hall. "L'Embarcadère de Strasbourg" prend alors le nom de Gare de l'Est en 1854



La gare ne cesse dès lors de s'agrandir et connaît d'importantes transformations. Elle compte bientôt une trentaine de voies dont la plupart s'arrêtent à l'extérieur, en deçà du hall. Des travaux d'agrandissement sont envisagés.

  Dans les années 1920, elle est dédoublée par  un fronton Est  construit à l'identique par l'ingénieur Bertaud.  Elle se présente alors sous les apparences que nous lui connaissons aujourd'hui.


Le jour du  4 octobre 1883 est marqué par le premier départ du  mythique "Orient Express" pour Constantinople...




Entre les deux corps de bâtiments Est et Ouest, s'étire la "salle des correspondances" : trois lignes de métro se rencontrent sous cette dalle animée, colorée et illuminée. La Gare a subi un déclin de fréquentation avant que ne s'annonce la création de nouvelles dessertes TGV vers l'Est. Ce rebond de vitalité lui a valu de récentes rénovations, dont la transformation de cet espace autrefois réservé aux traitement des bagages. 
Pour faciliter le trafic des voyageurs des destinations plus lointaines,
 les banlieusards sont désormais invités à emprunter la  toute nouvelle gare de RER "Magenta"




La Station de Métro porte le nom de "Gare de l'Est - Verdun", un rappel discret des jours héroïques de nos "Poilus".
Rénovée récemment, elle a troqué son décor "Motte"(orange et jaune), contre le carrelage  traditionnel de faïence blanche et




Dans le hall Est, un tableau monumental signé Herter  (et récemment restauré) rappelle que de cette gare a été à deux reprises, en 1914 et 1939, le théâtre
de départs sans certitude aucune de retour des troupes françaises vers l'Est.







Attentes fébriles, bonheur de retrouvailles .
Parfois l'époux, l'enfant, le père ne paraissait pas...
n'arriverait plus jamais !






Douceur des lueurs, passages anonymes et silencieux, reflets de pas sur le sol, silhouettes fugitives, bribes de conversations, arrêts sur images, clair-obscurs,  un bal  perpétuel ...



Vivacité des couleurs, fraîcheur toute neuve des bâtiments, portes ouvertes sur la passé ou sur l'avenir, mémoire des lieux,  émotions partagées,




 fleurs d'acier, rouge voluptueux, coeur perdus, sourires retrouvés...



Le fronton Ouest est coiffé d'une sculpture symbolisant la ville de Strasbourg qui a été réalisée par Henri Lemaire, (1798 - 1880 -natif de Valenciennes, il fut reçu aux Beaux-Arts et réalisa également la fresque "Le jugement Dernier" qui orne le fronton de l'église de la Madeleine.






Sur le fronton Est, en vis à vis, une  autre sculpture réalisée par  Henri Varenne sculpteur tourangeau , représentant la ville de Strasbourg lui fait pendant.

 

 

 















Repost 0
5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 14:10





Nous venons de traverser rapidement  l' ancien "enclos Saint-Laurent" pour gagner le Gare de l'Est,  toute proche de la Gare du Nord. Leur irruption a bouleversé le quartier  et lui a conféré cette  vocation de  transit  que nous lui connaissons aujourd'hui : rencontre fortuite de milliers d'individus d'origines et de destinations diverses,  déploiement d'activités commerciales... brassage  cosmopolite, passages perpétuels...



Un escalier monumental qui jouxte les quais de la gare, permet à la rue d'Alsace   située en quinconce entre ici et là bas, d'échapper aux flux migratoires.




Petite rue calme et modeste, tel un mirador suspendu au-dessus du réseau ferré de la Gare de l'Est ...



Les riverains poursuivent leur petit bonhomme de chemin,  tout en observant,  du haut de leur " terrasse", les tribulations du Chemin de Fer


 Quais et voies ferrées rectilignes tels des vagues  sur une mer tranquille... au loin, on peut imaginer les toits en créneaux d'étranges forteresses



Cette ancienne maison désaffectée, perdue au milieu d'immeubles bien plus élevés qu'elle, m'attendrie un instant.
Sa présence marque  un  Y : à gauche commence la rue de l'Aqueduc, tandis que la rue Lafayette poursuit sa course vers la droite.


Les artistes de la rue se saisissent de ce qui passe et rendent hommage à la précarité de l'existence.



pour mieux clamer un hymne à la ville et à la vie


La rue appartient à tout le monde, cette porte reste entrouverte au possible : rencontres, découvertes,  révélations, transfigurations...



Le travail de ferronnerie offre aux regard un tableau harmonieux sur fond gris et blanc




Le rue Lafayette, célèbre "parce qu'elle mène aux Galeries Lafayette", est une longue voie de plus de deux kilomètres, aux activité commerciales denses et variées, qui relie le Boulevard Haussmann et enjambe un  inextricable réseau de voies ferrées enlaçant Gare du Nord et Gare de l'Est voisines l'une de l'autre pour rejoindre le quartier de "la Chapelle".




Nous posons nos pas en pointillés sur le tablier de ce pont de béton armé, construit en 1928 par Albert Caquot, pour découvrir la face cachée de notre "forteresse"   ces bâtiments de bureaux et d'entrepôts fraîchement repeints se révèlent à nous éblouissants sous le soleil.



Passage en sens inverse. Le  Pont Caquot apparaît maintenant encadré par les treillis métalliques et boulonnés du pont de la rue de L'Aqueduc



La rue de L'Aqueduc a été construite à l'emplacement  d'un ancien aqueduc qui tirait ses eaux du Canal de l'Ourcq. Elle survole d'inextricables lacis des voies ferrées,  toile d'une géante araignée spatiale.
Repost 0
4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 11:46






Quel bonheur de trouver sur notre chemin quotidien,  des surprises qui tombent du ciel, comme celle- ci ! Elles délivrent au passant préoccupé, chagriné ou tout simplement  pressé, un message d'espoir par temps gris, ou célèbrent par beau temps,  une célébration de la vie inscrite  sur fond bleu immaculé !



Des fleurs et bien plus encore ...



Je chérisSAIS ce petit commerce blotti au milieu de l' îlot d' immeubles bétonnés de la ville de Paris qui s'est emparé du quartier. Une dame venue d'ailleurs y avait apporté ses fleurs, produits biologiques, objets colorées venus d'ailleurs, sa magie, mais surtout son sourire. Elle ne manquait jamais de répondre aux saluts que nous lui adressions spontanément. Parfois, nous ne pouvions résister à l'attraction de découvertes lointaines... et franchissions la porte qui donnait accès à des découvertes colorées, parfumées et lointaines.

 Seulement, voilà qu'un jour




La consternation s'est emparée de moi, en réalisant la fermeture prochaine de ce havre de paix. La mort dans l'âme j'ai en effet  appris que ce petit morceau de paradis allait  fermer ses portes.
J'apprends qu' au cours l'hiver, la chaleureuse tenancière a été victime d'une effraction musclée de la part de petits caïds du quartier et que,  souffrant de traumatismes craniens et d'un nombre impressionnant de points de suture, la dame a abandonné toute foi à poursuivre ses activités dans des contrées résolument hostiles

Les  caîds des quartiers HLM pourront ils encore longtemps  se plaindre de ne pouvoir échapper aux ghettos ...




Repost 0
2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 21:07


Aujourd'hui,  nous avons renoncé à la balade...Nous sommes tombés en panne, figés dans une torpeur indicible, pétrifiés comme par l'effet d'un sortilège



Trop éprouvé, trop mal en point, quelques chose ne va pas,  pas du tout...Qu'avons-nous fait ? Que va-t-il se passer ? Avons nous commis quelque fait répréhensible... allons nous mourir ?


Zelda qui ne se plaint pas pour des broutilles rentrerait bien sous terre. Pour l'instant elle a trouvé le sac à main de la maitresse...la  cachette la plus accessible...


Nous la  sentons venir : c'est la crise.  Voilà ce qui se passe ! Elle vient des Etats-Unis d'Amérique comme toujours : ne me le demandez pas ! Elle nous colle les poils à la peau, une poisse épaisse


Je ne puis combattre l'esprit du mal, il est trop énorme, inaccessible, et il se cache partout ; je le sens implacablement s'abattre sur moi et sur toute notre maisonnée, sur notre ville, sur notre beau pays aussi. Je sombre dans l'abandon


Zelda a pris les grands moyens, du jamais vu de mémoire de Chat


Ma tour de contrôle vient nous apporter des nouvelles rassurantes. Il semble que le vent tourne



Zelda, telle Nausicaa à sa fontaine ...
Repost 0
1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 23:32



Nous venons à regret de nous éloigner de la maison Boulenger et poursuivons une petite portion de la rue de Paradis qui mène rue du Faubourg Saint-Denis popularisée par Mistinguett .

Qui pourrait encore imaginer que la longue rue du Faubourg Saint-Denis qui coupe le dixième arrondissement de Paris dans sa hauteur, était avant la Révolution une très huppée voie royale menant à la Basilique Saint Denis ?




Cette vue en perspective de la rue du faubourg Saint-Denis, est captée à partir d'un carré de verdure qui pousse sur les ruines de l' ancienne léproserie Saint-Lazare de Paris ; au fond, on devine la Porte Saint Denis.


 

 

La rue du faubourg Saint Denis au temps de ses splendeurs, abritait des échoppes de bijoux et des commerces de draps.

  Pierre Antoine Hannong fonda la manufacture de porcelaine du Faubourg Saint Denis qui resta en activité jusqu'au début du XIX

 



 

Ce petit coin de verdure est bienvenu dans l'effervescence d'un  quartier cosmopolite, et populeux 

où pour beaucoup  la question des lendemains se pose quotidiennement.


 

 

Les habitués du square rassemblent autour d'eaux des nuées de pigeons, bravant les interdits municipaux.
Mais peut-on leur en vouloir ...

 

 

 

Le quartier a depuis longtemps eu vocation charitable

 

 

 

 

 

 

Vers les années 1120, une léproserie fut fondée en cet endroit pour prodiguer des soins aux lépreux tout en assurant leur isolement : le prieuré Saint-Lazare fut fondé grâce aux cessions de terres et aux dons financiers de l'aristocratie de la région dont un des leurs avait été pris en charge


Le domaine  englobait la prison Saint-Lazare, l'église Saint-Vincent de Paul, la gare du Nord et l'hôpital Lariboisière
 On y récoltait récoltait du blé, de l'orge et de la luzerne

Dans les années 1180 Philippe Auguste accorde l'autorisation d'installer la Foire Saint-Laurent dans l'enceinte de l'Abbaye, occupant l'espace compris entre la rue du Faubourg Saint-Denis et la basilique Saint-Laurent.

 La foire durait alors trois mois, de juillet à septembre. Elle fut supprimée en 1789.





Plus tard, en 1532, Vicent Depaul (canonisé saint-Vincent de Paul en 1637) qui venait de créer la Congrégation de la Mission qui avait pour objet d'évangéliser les pauvres dans les campagnes, puis les "infidèles" à  l'étranger (Madagascar,  Tunisie, l'Empire Ottoman), installa sa maison mère dans l'ancienne léproserie Saint-Lazare: on donna naturellement à ces frères missionnaires le nom de "Lazaristes"

 

 


Les "Lazaristes" occupèrent et gérèrent le prieuré jusqu'à la Révolution. Le domaine fut mis à sac
et une prison pour femmes "ennemies de la Révolution", la fameuse prison Saint-Lazare fut construite sur une portion de l'ancien domaine.




Il ne reste de la prison Saint-Lazare détruite en 1940 que l'infirmerie et la chapelle construits par Louis-Pierre Baltard

qui se distinguait par ses qualités de graveur . Cet architecte représenta le courant néo classique et se spécialisa dans la construction des prisons. Son fils, Victor Baltard fut le célèbre concepteur des Halles de Paris

 

Apparition discrète d'une muraille qui n'est autre qu'un fragment du mur d'enceinte de Paris

   

La rue du Faubourg Saint-Denis prolongeait la rue Saint-Denis,  au delà du mur qui entourait la ville, d'où son nom "faux bourg"

 

 

 

on retrouve encore quelques segments de l'enceinte au pied du bureau de poste

 

 

En face de la poste, le café, comme il se doit...

 

Derrière ce traditionnel bistrot ouvert nuit et jour apparaît, à l'angle de la rue de Chabrol et du Boulevard Magenta, le marché couvert de Saint-Quentin.

 

Construit en 1866, il a été destiné à remplacer un autre marché couvert détruit à l'occasion de la percée du Boulevard de Strasbourg : le marché Saint-Laurent

 

 

 

 

Le marché de Saint-Quentin,  de brique rose et de fonte, bouillonne toujours d'activité et  ne ferme ses portes que pour le repos dominical.







Repost 0

Présentation

  • : Balades avec mon chien
  • Balades avec mon chien
  • : Mes promenades avec Pistol, bouledogue français ; sa vie, ses amis chats, chiens, vaches et chevaux. Balades insolites dans Paris et ses environs. Nos voyages, nos lectures, nos loisirs.
  • Contact

Un éloge !

Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Balades avec mon chien, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Armide mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Balades avec mon chien et je suis loin d être seule !

       

Rechercher

Récompenses



Archives