Discrets, attentifs, amicaux, en alerte ...

Nous avons héroïquement survécu aux rigueurs glacés de l'hiver de longs mois durant, nous avons scruté avec impatience l'ouverture de chaque bourgeon, surveillé la croissance des premières touffes d'herbe, prié notre maîtresse de tirer sur le cordon du store pour faire descendre le soleil. Et puis l'été est arrivé... Les rues se sont animées de mille couleurs chaudes ; il y avait de la vie, il y avait de la joie, des sacs, des paquets partout... les terrasses des cafés présentaient leur convivialité expansive, les paroles s'entrecroisaient, coupées de rires, les portes étaient grandes ouvertes, des projets les plus aventureux, les plus improbables fusaient comme autant de feux d'artifice. Et la fête s'est terminée. On n'a pas su comment. Des cliquetis en cascades ont sécurisé les fermetures de portes tout autour de nous. En bas, coffres et portières ont impérieusement signalé des départs ; les moteurs ont vrombi avec une détermination et un enthousiasme que nous ne leur connaissions pas. Nous sommes restés avec la Maîtresse. L'immeuble entier est à nous pour quelques semaines. Nous montons la garde, nous n'en démordons pas et les cambrioleurs s'arrachent les cheveux.... Les rues sont absolument désertes. Nous pénétrons en Quatrième Dimension
